La Turquie remet en question l’impartialité de la mission européenne

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La Turquie a déclaré vendredi que la mission européenne Irini pour contrôler l’embargo sur les armes en Libye était “partiale” en faveur de l’homme fort de l’est, le général Khalifa Haftar.

Le diplomate turc a critiqué la mission européenne Irini pour surveiller l’embargo sur les armes imposé à la Libye vendredi 19 juin après une enquête de l’OTAN sur un incident présumé de la France et impliquant des navires turcs.

Lors d’une conférence de presse à Ankara avec son homologue italien Luigi Di Maio, le ministre turc, Mevlut Cavusoglu, a estimé que l’opération Irini était “biaisée” et “n’a pas pris en compte les demandes et les préoccupations du GNA”, le gouvernement de Tripoli soutenu par Ankara.

Il a critiqué cette mission pour avoir cherché à empêcher les livraisons d’armes par mer destinées au GNA tout en ignorant celles fournies à l’homme fort de l’Est, Khalifa Haftar par ses alliés par voie aérienne et terrestre.

>> Lire: Le sort des Libyens entre les mains de Moscou et d’Ankara

“Dit-elle quelque chose au sujet des avions (russes) arrivant en Libye depuis la Syrie? Est-elle intéressée par les armes fournies pour Abou Dhabi? Des rapports sur les livraisons d’armes à Haftar par la France?”, A demandé la ministre. “La mission Irini n’est pas objective et ne contribue pas à un règlement du problème libyen ni au respect de l’embargo”, a-t-il ajouté.

“Nous pensons que cette mission peut contribuer, même si ce n’est pas une panacée, mais elle peut contribuer à ralentir l’entrée (des armes) et le respect de l’embargo des Nations Unies”, a déclaré Luigi Di Maio.

Comportement jugé “extrêmement agressif”

La France a dénoncé cette semaine le comportement “extrêmement agressif” de la Turquie, membre de l’OTAN, contre une frégate française engagée dans la mission Irini en Méditerranée lors d’une tentative de contrôle d’un cargo soupçonné de transporter des armes en Libye. L’OTAN a annoncé jeudi l’ouverture d’une enquête sur l’incident.

Le soutien armé d’Ankara au GNA, y compris le déploiement de conseillers militaires et de drones, lui a permis d’inverser l’équilibre des pouvoirs et d’accroître le succès militaire ces dernières semaines contre les forces du maréchal Haftar.

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Quant à l’Italie, elle se considère comme un acteur important face à la situation en Libye en raison de ses liens historiques avec ce pays en tant qu’ancienne puissance coloniale.

La Libye est en proie au chaos depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011. Depuis avril 2019, le conflit a fait des centaines de morts, dont de nombreux civils, et contraint plus de 200 000 personnes à fuir leurs foyers.

Avec AFP



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