L’affaire George Floyd, symbole de la violence policière dans le monde

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Les États-Unis vivent au rythme des manifestations depuis la mort de George Floyd, tué le 25 mai à Minneapolis lors d’une arrestation par la police. Mais l’indignation a franchi les frontières américaines. L’Afro-américain est devenu un symbole international des victimes de violences policières et d’autres violations des droits humains.

Depuis la mort de George Floyd, un Afro-américain tué à l’âge de 46 ans lors d’une arrestation par la police à Minneapolis, une vague de protestations a déferlé sur les États-Unis. Des milliers de personnes ont défilé à travers le pays, de New York à Washington, en passant par Seattle et Los Angeles, pour exiger la fin de la discrimination raciale et de la violence policière.

Tous unis sous le hashtag #BlackLivesMatter, des manifestants américains pacifiques ont été émulés. L’indignation a traversé les frontières et George Floyd est devenu un symbole international des victimes de violences policières. Des expressions de soutien sont apparues au Canada, au Brésil, aux Pays-Bas, en France, au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande, en Suisse et en Autriche.

#BlackLivesMatter: la mémoire des victimes noires

La mort de George Floyd a éveillé la mémoire de ceux qui, comme lui, ont été victimes de violences policières. A commencer par la France où plus de 20000 personnes se sont rassemblées le 3 juin devant le tribunal de grande instance de Paris, ainsi que dans plusieurs villes de province, pour demander justice à Adama Traoré, le jeune homme décédé par suffocation lors d’une “ arrestation policière ” à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise) en juillet 2016.

Au Canada, c’est le nom de Regis Korchinski-Paquet qui a émergé aux côtés de celui de George Floyd. Une femme noire de 29 ans est décédée le 27 mai après être tombée par la fenêtre le 24 maie étage de son appartement à Toronto, lors d’une intervention policière. Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Toronto pour protester contre la mort de Noirs non armés aux mains de la police.

En Suisse, des manifestations ont dénoncé la technique policière du placage ventral. Les internautes ont notamment rappelé le souvenir de Mike Ben Peter, un Nigérian de 40 ans, arrêté par la police pour contrôle des drogues en février 2018 à Lausanne. Transporté inconscient à l’hôpital, l’homme, marié et père de deux enfants, est décédé le lendemain du placage de la police.

#PalestinianLivesMatter: Floyd ou la bannière des minorités discriminées

La figure de George Floyd n’est pas seulement brandie pour dénoncer la violence contre la communauté noire, mais a été récupérée par différentes communautés pour en faire le symbole des minorités opprimées, en Israël, en Turquie ou en Australie.

Le hashtag #PalestinianLivesMatter est apparu sur les réseaux sociaux après la mort d’Iyad Hallak. L’autiste palestinien a été tué le 29 mai par la police israélienne alors qu’il tentait de se rendre dans la vieille ville de Jérusalem, comme chaque jour, pour rejoindre son école.

La mort de Floyd réveille également la colère de la communauté kurde qui évoque pour sa part le sort de Baris Cakan en Turquie. Le garçon kurde de 20 ans a été tué le 30 mai à Ankara après une dispute avec trois hommes au sujet d’une sombre histoire de musique et de volume sonore. La communauté kurde a immédiatement dénoncé les mauvais traitements infligés à la minorité en Turquie.

Plusieurs manifestations ont également eu lieu en Australie, dans la capitale Canberra et dans le reste du pays, pour dénoncer la discrimination à l’égard de la minorité autochtone aborigène. Leur cri de ralliement: #AboriginalLivesMatter.

#AllLivesMatter: Violations des droits de l’homme dans le monde

Enfin, George Floyd est devenu un symbole des violations des droits de l’homme en général. En Syrie, deux artistes ont saisi la figure de Floyd pour évoquer la mémoire des victimes de la guerre, et plus particulièrement celle des hommes, des femmes et des enfants de l’est de la Ghouta, tués par des attaques chimiques attribuées au régime de Bachar al-Assad.

Aziz Asmar et Anis Hamdoun ont peint le portrait de Floyd sur un mur en ruine à Idleb, une ville partiellement détruite par les frappes aériennes du régime de Damas et de son allié russe. À côté de son visage, ils ont inscrit le slogan “Je ne peux pas respirer” [je ne peux pas respirer] cria George Floyd au moment de son arrestation. “George Floyd ne pouvait pas respirer comme nos enfants morts d’étouffement”, ont-ils déclaré à Amnesty International.

Les deux hommes expliquent qu’ils souhaitaient envoyer un message de solidarité à toutes les “causes des droits de l’homme”. Comme eux, beaucoup insistent sur l’importance de ne pas «communautariser» les victimes, rappelant que chaque vie humaine compte, quelles que soient les couleurs de peau, les origines ethniques ou religieuses. Un autre hashtag est né: #AllLivesMatter.





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