L’affaire qui mettra PNDS Tareyya à genoux

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Publié dans Politique

L’audit du ministère de la Défense nationale a sans aucun doute un impact sérieux sur Pnds Tareyya. Un impact, certes, retardé par un système judiciaire que les Nigériens reprochent d’être, sinon laxiste, du moins, tolérant envers une catégorie de délinquants pour lesquels, traditionnellement et dans tous les pays du monde, la justice n’existe pas. n’a aucune indulgence. Le rapport, qui n’a pas encore été rendu public, n’en demeure pas moins un secret de polichinelle depuis que le ministre de la Défense Issoufou Katambé s’est cogné la langue en présence d’un public probablement composé de proches. Les crimes sont ignobles. Des particuliers, des commerçants transformés en fournisseurs d’armes, des décideurs au niveau dudit ministère, des civils et des militaires, mais aussi ailleurs, dans d’autres postes de la chaîne des dépenses publiques, ont institué, en réunion, un système de détournement de fonds dédiés aux défense nationale. Au fil des ans, des milliards de chiffres inconnus – nous parlons de centaines de milliards, voire de mille milliards – ont été systématiquement retirés des coffres de l’État. Avec une facilité extraordinaire rendue possible grâce au label de priorité absolue attribué à la lutte contre le terrorisme et l’insécurité. Au lieu de cela, l’armée nigériane a obtenu des armes et des munitions défectueuses, entraînant des morts sans fin. Des centaines de morts!

Le procureur Samna, qui a informé de la réception du dossier en promettant que l’Etat reviendrait pleinement à ses droits, n’a pas encore plaidé pour la nomination d’un juge d’instruction pour le dossier.

Les Nigériens attendent. Ils attendent de voir ce dossier faire l’objet d’une enquête judiciaire qui tarde, malgré en plus l’assurance que le procureur près le tribunal de grande classe de Niamey, Cheibou Samna, a donnée quant à l’issue de l’affaire. Dans un communiqué de presse rendu public le … 2020, il a déclaré avoir reçu le dossier et que l’Etat exercerait pleinement ses droits. Mais il n’a pas parlé de sanctions judiciaires. Et les faits qui suivent vont encore semer le doute dans l’esprit des Nigériens. La police judiciaire convoquera des commerçants, fournisseurs du ministère de la Défense, dit-on, pour les écouter et les libérer. Nous n’en savons pas plus. Et puis, rien. Le procureur Samna qui a informé de la réception du dossier en promettant que l’Etat reviendrait pleinement à ses droits, n’a pas encore plaidé pour la nomination d’un juge d’instruction.

À l’exception des militaires, qui peuvent bénéficier de l’interdiction de leur engagement politique, tous sont des militants ou des sympathisants de Pnds Tareyya.

La population n’a pas été officiellement et officiellement au courant de tous les auteurs, coauteurs et complices de cette grave affaire, qui a fait des centaines de morts dans les rangs des forces de défense et de sécurité. Cependant, les rumeurs publiques parlent de certains individus. Principalement au nom de la station et des fonctions exercées, pendant un certain temps, au ministère de la Défense. Ainsi, systématiquement, nous plaçons et mettons dans le même sac ministres, hauts responsables, civils et militaires, commerçants proches du régime, intermédiaires, etc. S’ils ne sont pas formellement identifiés comme les auteurs, coauteurs ou complices de ce scandale, ils ont une chose en commun. À l’exception des militaires, qui peuvent bénéficier de l’interdiction de leur engagement politique, tous sont des militants ou des sympathisants de Pnds Tareyya. Parmi tous ceux dont les noms sont en lice, il n’y a pratiquement aucun autre militant du parti, grand manitou du pouvoir actuel. Aucun militant d’un parti allié n’est concerné à ce stade.

Qui sacrifier alors, faire croire à un semblant d’épilogue judiciaire?

Le procès, dit procès sur cette affaire, sera donc le procès d’un parti politique qui a fait de l’État une vache laitière pour ses militants, barons et donateurs. Et, à coup sûr, il dépouillera les Pnds qui, vous pourriez dire, mettent tous ses œufs dans le même panier. Il y a tellement de personnes impliquées dans cette affaire qu’une source policière indique qu’il ne restera pas grand-chose de ce parti, si le procès devait voir le jour. Certains barons des Pnd, impliqués jusqu’au cou dans ce scandale et aujourd’hui, riches comme des escrocs, sont très inquiets. S’ils n’ont pas été convoqués par la police judiciaire et n’ont même pas été épinglés par le rapport, ils savent cependant qu’ils ne s’en tireraient pas. Qui sacrifier alors, faire croire à un semblant d’épilogue judiciaire? Les marchands-fournisseurs? Ils ne se laisseront pas faire comme des brebis de sacrifice. S’ils plongent, ils font tomber ceux qui les ont utilisés.

Qui fera confiance à un parti politique qui soutient de tels paquets et qui n’hésite pas à le dire dans un communiqué officiel?

Au-delà des sanctions judiciaires qui feront une hécatombe dans les rangs des Pnds, notamment au sommet, il y a la sanction politique et sociale. Qui ferait désormais confiance à un parti dont les dirigeants ont dépassé toutes les limites au point de détourner des ressources destinées à la défense et à la sécurité du pays? Qui va faire confiance à des hommes qui n’ont fourni à l’armée de leur pays aucun scrupule, des armes et des munitions défectueuses, qui davantage en temps de guerre? Qui fera confiance à un parti politique qui soutient de tels paquets et qui n’hésite pas à le dire dans un communiqué officiel? Le Pnds, dit un collègue, est certainement de l’histoire en quelques mois.

Couette Amadou

16 mai 2020
La source: Le canard en furie

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