L’ambassadeur des États-Unis au Liban convoqué après des propos controversés sur le Hezbollah

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La diplomatie libanaise convoquera lundi l’ambassadeur américain à Beyrouth après des propos virulents contre le mouvement chiite qui ont fait l’objet d’une injonction controversée d’un juge local.

Accusée par un juge du sud du Liban de vouloir promouvoir la sédition après des propos controversés sur le Hezbollah, l’ambassadrice américaine à Beyrouth, Dorothy Shea, a été convoquée au ministère libanais des Affaires étrangères le lundi 29 juin. Elle devrait rencontrer le ministre Nassif Hitti “à à la lumière de ses récentes déclarations “, a indiqué dimanche l’agence de presse ANI.

Vendredi, dans une interview accordée à la chaîne de télévision saoudienne Al-Hadath, Dorothy Shea a exprimé ses “graves préoccupations” de Washington “concernant le rôle du Hezbollah, une organisation terroriste”. Le mouvement chiite a “siphonné des milliards de dollars qui auraient dû aller dans les coffres du gouvernement (…) et entravé certaines réformes économiques dont le Liban a désespérément besoin”, a-t-elle accusé, alors que le pays est en proie à sa pire crise économique depuis environ 30 ans. .

>> Lire: Le chef du Hezbollah accuse Washington d’avoir “affamé” la Syrie et le Liban

Tollé

Samedi, un juge par intérim de la ville de Tyr (sud), Mohamad Mazeh, a décidé d’interdire, sous peine de sanctions, aux médias libanais et étrangers travaillant au Liban d’interroger Dorothy Shea pendant un an, décision immédiatement saluée par le Hezbollah.

Les autorités libanaises doivent “prendre des mesures immédiates pour contraindre cet ambassadeur à respecter le droit international”, a exhorté dimanche Hassan Fadlallah, député du puissant parti chiite, se référant à la convention de Genève sur les relations diplomatiques.

Plusieurs médias se sont indignés de la décision du juge. La chaîne locale LBC a ainsi estimé qu’elle était “non contraignante et impossible à mettre en œuvre”, et qu’elle violait la liberté de la presse. Une source judiciaire a indiqué à l’AFP que le juge Mazeh avait “dépassé ses prérogatives”.

Pays de 18 communautés religieuses, le Liban est régi par un système complexe de partage du pouvoir où la justice fait souvent l’objet de tensions politiques et communautaires.

Tentative de “censure”

Pour le Département d’État américain, il s’agit d’une tentative «pathétique» de «censure» de la part du Hezbollah. Le ministre libanais de l’Information, Manal Abdel Samad, a pour sa part souligné la nécessité de garantir la liberté de la presse.

>> Lire: Allemagne: le Hezbollah libanais désigné comme organisation terroriste

Le juge Mazeh a menacé dimanche de démissionner s’il devait être traduit devant l’inspection judiciaire, après des informations en ce sens relayées par les médias locaux.

L’incident survient au milieu des tensions croissantes entre Washington et le parti chiite, qui a récemment accusé les États-Unis de chercher à provoquer la famine au Liban et à interdire l’afflux de dollars, la monnaie sur laquelle la livre est indexée. Libanais.

Avec AFP





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