L’armée confirme la mort en détention d’un journaliste accusé de terrorisme

0
72



Publié le: Modifié:

L’armée camerounaise a confirmé vendredi la mort en détention du journaliste camerounais anglophone Samuel Wazizi, réfutant les actes de torture. Il a été accusé de “renseignement avec les terroristes”.

Annoncée par des associations mercredi, la mort du journaliste camerounais Samuel Wazizi a été confirmée vendredi 5 juin par l’armée, qui a réfuté les actes de torture.

Plusieurs syndicats de journalistes camerounais ont cependant dit le contraire. Mais pour l’armée, Samuel Wazizi, accusé “d’intelligence avec les terroristes”, “est décédé d’une septicémie (septicémie grave)” le 17 août 2019 à l’hôpital militaire de Yaoundé, moins de deux semaines après son arrestation.

L’armée affirme également que sa famille a été informée de sa mort, ce que réfute l’avocat du journaliste. “Nous sommes en contact étroit avec sa famille qui dit qu’il n’a pas été contacté: nous le représentions déjà au moment de sa mort, nous étions les gens à prévenir”, a expliqué à l’AFP Edward Ewule, qui a dit l’avoir appris. . confirmation de la mort de son client à la lecture du communiqué de presse de l’armée à la radio nationale. “Je suis dévasté, je suis le dernier civil à l’avoir vu vivant il y a dix mois”, a-t-il ajouté.

“Logisticien de divers groupes terroristes”

Selon l’armée, Samuel Wazizi “prétendait être animateur d’une chaîne de télévision locale” mais “était en réalité un logisticien de divers groupes terroristes” des séparatistes anglophones.

Depuis près de trois ans, les régions anglophones du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun sont secouées par de violents affrontements entre l’armée et les groupes séparatistes.

Les combats, mais aussi les atrocités et les meurtres commis contre des civils par les deux camps, ont fait plus de 3 000 morts et forcé plus de 700 000 personnes à fuir leurs foyers.

“Zones grises”

Alors que les syndicats camerounais de journalistes, mais aussi l’ONG internationale Reporters sans frontières, ont dénoncé la mort de Samuel Wazizi, l’armée rétorque qu’il s’agit d’un “nouvel épisode de diabolisation” des forces armées camerounaises.

“Seule une commission d’enquête indépendante peut faire la lumière sur cette affaire”, a déclaré Jude Viban, président de l’Association camerounaise des journalistes anglophones. Evoquant les “zones grises”, il se demande notamment “pourquoi le gouvernement n’a pas informé le juge de la mort de [son] collègue”.

Son avocat demande également une enquête indépendante, dans le sens de celle qui a conduit à l’arrestation de sept soldats après la diffusion en 2015 d’une vidéo montrant l’exécution sommaire de deux femmes et de leurs enfants dans le nord du Cameroun.

134e sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse

Des cas de torture et de mauvais traitements infligés à des détenus sont régulièrement signalés par des organisations de défense des droits de l’homme, également préoccupées par le nombre élevé d’arrestations en Occident anglophone.

Cette crise, ainsi que les attaques du groupe djihadiste Boko Haram dans l’Extrême-Nord, ont terni l’image du Cameroun, un pays dirigé depuis 37 ans par le président Paul Biya, longtemps considéré comme un havre de stabilité en Afrique centrale.

Jeudi, l’ONU et l’ONG Human Rights Watch ont dénoncé une augmentation de la violence contre les travailleurs humanitaires qui opèrent dans ces deux régions, et ont accusé en particulier les groupes armés d’augmenter les enlèvements contre les travailleurs humanitaires. Les forces camerounaises sont également accusées d’entraver le flux de l’aide sur place.

La confirmation de la mort de Samuel Wazizi contribue également à relancer le débat autour de la liberté de la presse au Cameroun. Le pays occupe la 134e position sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse établi en 2020 par Reporters sans frontières.

Avec AFP



Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici