l’Arménie demande l’aide de la Russie

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Le dirigeant arménien a indiqué vendredi que les pourparlers avec Bakou, qu’il accuse d’infiltration militaire sur son sol, devaient reprendre samedi après une première journée peu fructueuse. Il a ajouté avoir réclamé une assistance à Moscou.

L’Arménie et l’Azerbaïdjan ont mené vendredi 14 mai sans succès des pourparlers pour tenter d’apaiser de récentes tensions qui inquiètent la communauté internationale, Erevan affirmant avoir réclamé l’aide militaire de la Russie quelques mois après une guerre sanglante.

S’adressant en fin de journée aux parlementaires, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a affirmé que les négociations commencées dans la journée avaient été suspendues et reprendraient samedi. “Notre position est claire : les forces azerbaïdjanaises doivent quitter le territoire de l’Arménie”, a-t-il ajouté, accusant Bakou de vouloir “inciter à un affrontement militaire” et assurant avoir demandé au président russe Vladimir Poutine “l’assistance de la Fédération de Russie, y compris une assistance militaire”.

La Russie et l’Arménie sont liées par une alliance militaire au sein de l’Organisation du traité de la sécurité collective (OTSC), qui regroupe quatre autres ex-républiques soviétiques. L’article 2 du traité fondateur de l’OTSC stipule que les signataires s’engagent à discuter d’une réponse collective en cas de menaces pesant sur l’intégrité territoriale d’un État membre.

Accusations “ahurissantes”

Jeudi, l’Arménie a accusé les forces azerbaïdjanaises d’avoir violé la frontière pour prendre le contrôle de territoires au bord du Lac Sev que se partagent les deux pays. Ce petit lac est situé en haute montagne en lisière d’un territoire que l’Azerbaïdjan a reconquis l’automne dernier lors du conflit au Haut-Karabakh. Bakou a rejeté ces accusations qualifiées d'”ahurissantes”, affirmant avoir déployé des gardes-frontières sur son propre territoire.

Ce regain de tensions, quelques mois après la guerre, inquiète les pays occidentaux, notamment Washington et Paris qui a réclamé un “retrait immédiat des troupes azerbaïdjanaises du territoire arménien”, signifiant son soutien à Nikol Pachinian.

Ce dernier s’est entretenu jeudi soir avec Emmanuel Macron. Le président français “étudie la possibilité d’inscrire la question à l’ordre du jour du Conseil de sécurité de l’ONU”, a d’ailleurs ajouté Nikol Pachinian vendredi.

Prudence du Kremlin

De leur côté, les États-Unis, qui maintiennent de bonnes relations avec les deux rivaux, ont déclaré vendredi avoir pris connaissance de rapports évoquant un retrait des troupes azerbaïdjanaises, les appelant une nouvelle fois à quitter le territoire arménien.

“Les mouvements militaires dans des territoires au centre d’un contentieux sont irresponsables et inutilement provocateurs”, a déclaré une porte-parole du département d’État américain, Jalina Porter. “Nous attendons de l’Azerbaïdjan qu’il retire immédiatement ses troupes et cesse toute nouvelle provocation”, a-t-elle déclaré.

Le Premier ministre arménien, qui s’est également entretenu avec Vladimir Poutine, avait indiqué dans un communiqué à cette occasion qu’il saisirait l’OTSC pour obtenir un soutien militaire.

Le Kremlin est toutefois resté prudent, indiquant seulement que Vladimir Poutine avait insisté sur la nécessité pour l’Arménie et l’Azerbaïdjan de respecter l’accord de cessation des hostilités, signé sous son égide en novembre, après six semaines de guerre meurtrière pour le contrôle du Nagorny Karabakh. Selon le porte-parole de la présidence russe, le dirigeant arménien “a communiqué sa préoccupation au président Poutine” durant une conversation téléphonique, mais “Pachinian n’a pas demandé de l’aide”.

Bakou veut “une normalisation de la situation”

“Nous devons être prêts au pire, à défendre notre territoire souverain”, a affirmé de son côté le vice-Premier ministre arménien Tigran Avinian.

Le chef de la diplomatie azerbaïdjanaise, Djeyhoun Baïramov s’est lui entretenu avec un haut responsable du département d’État américain et a affirmé vouloir “une normalisation de la situation” et confirmé que des pourparlers étaient en cours, selon le ministère azerbaïdjanais.

Dans un communiqué, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a de son côté affirmé que l’UE suivait avec “inquiétude” ces événements, ajoutant que “la délimitation et la démarcation des frontières doivent être résolues par des négociations”.

Avec AFP



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