Le chanteur Idir, légende de la musique kabyle, est mort

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Le chanteur algérien Idir, l’un des principaux ambassadeurs de la chanson kabyle dans le monde et l’interprète du célèbre “A Vava Inouva”, est décédé à l’âge de 70 ans. Il est décédé d’une maladie pulmonaire.

L’Algérie vient de perdre l’un de ses artistes majeurs. Le chanteur algérien Idir, l’un des principaux ambassadeurs de la chanson kabyle à travers le monde et l’interprète du célèbre “A Vava Inouva”, est décédé samedi 2 mai à Paris, à l’âge de 70 ans, d’une maladie pulmonaire.

“Nous avons le regret d’annoncer la mort de notre père (à tous), Idir, le samedi 2 mai à 21h30. Repose en paix papa”, a annoncé un message publié sur la page Facebook officielle du chanteur, basé en France.

Nous avons le regret d’annoncer la mort de notre père (à tous), Idir le samedi 2 mai à 21h30. Repose en paix papa.

Publié par Idir le samedi 2 mai 2020

“J’ai appris avec une immense tristesse la nouvelle de la mort” d’Idir, “icône de l’art algérien”, a salué dans un tweet le président algérien Abdelmadjid Tebboune. “Avec sa disparition, l’Algérie perd l’un de ses monuments”.

Un monument musical

De son vrai nom Hamid Cheriet, Idir est né le 25 octobre 1949 à Aït Lahcène, près de Tizi-Ouzou, capitale de la Grande-Kabylie. Alors qu’il se proposait d’être géologue, un passage en 1973 sur Radio Alger a changé le cours de sa vie: il a remplacé à bref délai la chanteuse Nouara, et sa chanson en langue berbère “A Vava Inouva”, qui évoque les soirées dans les villages kabyle , fait le tour du monde à son insu pendant qu’il fait son service militaire.

“Je suis arrivé au bon moment, avec les bonnes chansons”, a-t-il déclaré en 2013, imprégné dès son enfance des chansons qui rythment tous les moments de la vie quotidienne.

Il rejoint Paris en 1975 pour produire son premier album, également intitulé “A Vava Inouva”. Il a disparu de la scène pendant dix ans, de 1981 à 1991, mais sa carrière a ensuite été relancée.

A l’automne 1999, profitant de l’élan donné par ses compatriotes Cheb Mami et Khaled, il signe son retour discographique avec l’album “Identités”, où il propose un mélange de “Chââbi”, de la musique algérienne et des rythmes empruntés à l’ouest genres.

Comme son envie de mélanger les cultures, il y chante avec des musiciens d’horizons culturels, musicaux ou géographiques différents, tels que Manu Chao, Dan Ar Braz, Zebda, Maxime Le Forestier ou Gnawa Diffusion, Gilles Servat, Geoffrey Oryema et l’Orchestre National de Barbès .

Activiste kabyle

En 2007, il avait publié l’album “La France des couleurs”, en pleine campagne pour l’élection présidentielle française marquée par des débats sur l’immigration et l’identité. En janvier 2018, la chanteuse, qui avait fait campagne pour la reconnaissance de l’identité culturelle de la Kabylie, est revenue chanter à Alger pour le nouvel an berbère “Yennayer” après une absence de 38 ans.

Dans une interview au Sunday Journal, en avril 2019, il a évoqué les manifestations populaires en Algérie et le départ d’Abdelaziz Bouteflika. “J’ai tout aimé de ces événements: l’intelligence de cette jeunesse, son humour, sa détermination à rester pacifique (…) J’avoue avoir vécu ces moments de grâce depuis le 22 février comme des bouffées d’oxygène. J’ai une fibrose pulmonaire, j’ai sais de quoi je parle “, at-il dit. “En tout cas, nous sommes voués à réussir. Alors continuons de penser en termes de nation algérienne vers le progrès. Si nous restons unis, rien ni personne ne pourra nous vaincre”.

Avec AFP





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