Le chef de l’OMC démissionne pendant la crise de Covid-19

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Le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, le Brésilien Roberto Azevedo, a annoncé jeudi sa démission fin août pour “raisons familiales” un an avant la fin de son mandat. Un départ qui se produit en pleine récession économique du fait de la pandémie de nouveau coronavirus.

C’est “une décision familiale” qui a motivé son départ de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). “Je suis convaincu que cette décision sert au mieux les intérêts de cette organisation”, a déclaré Roberto Azevêdo, jeudi 14 mai, pour justifier son départ. Il s’adressait aux chefs de délégation à l’OMC lors d’une vidéoconférence.

“Je n’ai aucun plan politique”, a-t-il déclaré alors que certains attribuaient les ambitions présidentielles en 2022 au chef de l’Etat brésilien sortant Jair Bolsonaro.

“Pilier essentiel de la gouvernance économique mondiale”

Roberto Azevêdo a également assuré qu’il pensait avoir “pu aider à maintenir l’OMC en tant que pilier essentiel de la gouvernance économique mondiale dans une période difficile de coopération multilatérale”.

Le départ prématuré du Brésil intervient à un moment où l’économie mondiale enregistre son frein le plus sévère depuis la Grande Dépression des années 1930. Le commerce international est durement touché par la pandémie de nouveau coronavirus.

L’OMC traverse une crise profonde depuis des mois, le tribunal réglant les différends commerciaux entre ses membres ne pouvant plus compter sur son instance d’appel, le fléau de Washington. L’organe d’appel de l’Organe de règlement des différends (ORD) de l’OMC, dont la nomination des juges est bloquée par Washington, n’est en effet plus opérationnel depuis le 11 décembre, faute de magistrats en nombre suffisant.

Cette démission “arrive à un très mauvais moment pour l’institution”, a déclaré Sébastien Jean, directeur du Centre d’études prospectives et d’information internationale (CEPII).

Un bon négociateur

Diplomate de carrière, Roberto Azevedo a pris la tête du policier du commerce mondial en 2013 en succédant au Français Pascal Lamy. Il a entamé son deuxième mandat de quatre ans en septembre 2017. Son mandat devait se terminer fin août 2021.

Avant d’être le patron de l’OMC, il était depuis 2008 le représentant permanent du Brésil auprès de cette organisation où il s’était forgé une réputation de fin négociateur. Il avait ainsi été chef de délégation dans des différends clés remportés par le Brésil à l’OMC: dans le cas des subventions au coton contre les États-Unis et des subventions à l’exportation de sucre contre l’Union européenne.

Lors de sa première candidature, il a également souligné que son élection débloquerait des négociations commerciales bloquées depuis des années.

Mais malgré certains succès, les négociations sont au point mort, les pays ne parvenant même pas à un accord pour interdire les subventions qui encouragent la surpêche. Et la 12e conférence ministérielle, qui devait se tenir début juin au Kazakhstan et sur laquelle l’OMC avait fondé tous ses espoirs, a dû être reportée à 2021 en raison de la pandémie de Covid-19.

Il reste à voir qui pourrait prendre le relais de l’OMC. A Genève, les yeux sont tournés vers l’Afrique, selon plusieurs sources diplomatiques.

Avec AFP



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