le diagnostic sévère du Pr Raoult sur la gestion de la crise en France

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Les députés, qui ont l’intention de “tirer les leçons” de la crise sanitaire en France, ont interrogé le professeur Didier Raoult mercredi pour connaître son point de vue sur la crise sanitaire liée au coronavirus. Le chercheur marseillais n’a pas mâché ses mots pour freiner la gestion des autorités.

Ses interlocuteurs attendaient des sorties prometteuses, ils n’étaient pas déçus. Entendu mercredi 24 juin devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion de la crise des coronavirus, le controversé professeur Didier Raoult a sévèrement critiqué l’organisation, selon lui “complètement archaïque”, les tests de Covid-19 en France, centralisés autour de l’Institut Pasteur.

“Je ne suis pas un prophète, même si je suis barbu.” Didier Raoult a également déçu les députés qui voulaient connaître le “sentiment” sur l’avenir de l’épidémie Covid-19 du chercheur marseillais, qui en revanche avait étranglé la gestion de la crise par les autorités et les conflits d’intérêts dans le recherche.


FR NW SOT 2 RAOULT ET CHLOROQUINE 19H

Tests possibles à effectuer, selon l’intéressé

“L’idée que nous ne pouvions pas faire les tests n’était pas vraie”, a déclaré le microbiologiste spécialisé dans les maladies infectieuses, qui a entrepris de tester massivement dans son institut, y compris les personnes sans symptômes, à l’inverse de la stratégie officielle de l’époque.

Multipliant des assertions difficiles à vérifier, des digressions historiques et des citations philosophiques, Didier Raoult a maintes fois répété au cours des trois heures d’audition des “conflits d’intérêts” mis en cause au sein des organismes de recherche médicale et le Conseil scientifique créé le 11 mars pour éclairer les décisions gouvernementales.

Membre éphémère de ce conseil, il a expliqué qu’il l’avait quitté car les questions abordées, comme l’accouchement, “ne le concernaient pas”, regrettant que les choix de recommandations thérapeutiques aient été faits en dehors de cette instance.

Conflit d’intérêt

Le chercheur a également remis en question l’utilisation excessive de la modélisation mathématique, une “croyance (…) qui finit par être une religion”.

Le professeur Raoult a également renouvelé devant la commission d’enquête l’affirmation selon laquelle certains détracteurs de l’hydroxychloroquine sont liés financièrement au laboratoire Gilead, fabricant du remdesivir, une autre molécule dont l’efficacité est testée dans le traitement du Covid-19.

“Je ne dis pas qu’ils ont été achetés pour cela”, a-t-il tempéré, évoquant “un écosystème”, “des relations de familiarité” “susceptibles de changer le jugement des choses”.

Il a dit qu’il avait lui-même été menacé par “celui qui avait reçu le plus d’argent de Gilead en six ans”, sans le nommer.

Face aux demandes d’éclaircissements des députés, le microbiologiste les a notamment référés à la consultation de la base de données Transparency Health, qui recense les liens d’intérêt entre les entreprises et les acteurs du secteur de la santé.

>> Voir: Actualité du dessin: hydroxychloroquine, Donald Trump et le professeur Raoult

“Accusations extrêmement graves”

“Vous avez porté des accusations extrêmement graves”, résume Eric Ciotti (LR), rapporteur de la commission, assurant que ses membres “exploreront cette voie” et “tireront toutes les conséquences”. Inconnu du grand public il y a quelques mois, ce scientifique qui se présente volontiers comme un “anti-système” est devenu omniprésent dans les médias et sur les réseaux sociaux depuis qu’il a proclamé, le 25 février, que la chloroquine antipaludique était “probablement la moins chère”. et le traitement le plus simple pour traiter le coronavirus. “

Un optimisme loin d’être partagé par les autorités sanitaires et une grande majorité de scientifiques, qui soulignent que cette molécule n’a pas fait ses preuves dans le traitement de Covid-19 et mettent en garde contre ses effets indésirables.

“Décisions médicales” (…) “devancées par la politique”

Lors de son audition, le chercheur marseillais, qui avait pour l’occasion troqué son éternel chemisier blanc contre une veste grise et une chemise à carreaux, a regretté que dans cette crise sanitaire, les “décisions médicales” aient été “préemptées par la politique”, référence au interdiction de la prescription d’hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19 pour les médecins de ville, interdiction puis prolongée le 27 mai à l’hôpital, sauf dans le cadre d’essais cliniques.

“Celui qui a dit que nous ne pouvions pas l’utiliser, il a fait une erreur. (…) Que l’État saisit des tâches qui sont des soins habituels à la place des médecins et leur interdit des choses banales, je ne suis pas d’accord”, at-il dit. argumenté.

Didier Raoult est peu pressé sur ce point, alors que plusieurs membres de la commission d’enquête soutiennent publiquement son “protocole” associant l’hydroxychloroquine, un dérivé de la chloroquine habituellement utilisé pour traiter les maladies auto-immunes, et l’antibiotique azithromycine.

Dernier député à l’interroger, le généticien Philippe Berta (MoDem) a presque réussi à le sortir de ses gonds en l’interrogeant sur ses «essais pseudo thérapeutiques interdits à personne». “Je suis un grand scientifique, je sais ce qu’est un essai”, s’est exclamé le chercheur.

Avec AFP



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