Le nouveau procès de l’Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe s’est tenu à Téhéran

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Accusée de propagande contre l’État iranien, l’Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe a comparu dimanche devant la 15e chambre du Tribunal révolutionnaire de Téhéran, qui a théoriquement jusqu’au 30 mars pour faire connaître son verdict.

Nazanin Zaghari-Ratcliffe, au cœur de vives tensions diplomatiques entre Londres et Téhéran, a comparu dimanche 14 mars pour un nouveau procès, a annoncé son avocat, Hojjat Kermani. Accusée de propagande contre l’État iranien, l’Irano-Britannique attend désormais le verdict, quelques jours après avoir fini de purger une peine de cinq ans de prison.

“Le procès s’est déroulé dans une atmosphère calme. (…) D’un point de vue légal, le tribunal devrait prononcer le verdict dans une semaine mais cela dépend du juge. J’ai bon espoir qu’elle soit acquittée”, a déclaré Hojjat Kermani.

Le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab, a jugé “inacceptable” ce procès, qu’il a qualifié de “complètement arbitraire”. Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 42 ans, “doit être autorisée à rentrer dans sa famille au Royaume-Uni sans délai”, a-t-il ajouté. “Nous continuerons à faire tout ce que nous pouvons pour la soutenir.”

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Un verdict attendu d’ici le 30 mars

Selon Hojjat Kermani, Nazanin Zaghari-Ratcliffe est poursuivie pour “propagande contre le système (politique de la République islamique, NDLR) pour avoir participé à un rassemblement devant l’ambassade d’Iran à Londres en 2009”.

L’audience de dimanche s’est déroulée “en présence de ma cliente, devant la 15e chambre du Tribunal révolutionnaire de Téhéran”, a déclaré Me Kermani. “La plaidoirie a eu lieu et le procès s’est achevé.”

Il s’agit de la reprise d’une seconde procédure judiciaire entamée en octobre 2017 et ajournée en novembre 2020. Conformément à la loi, le tribunal a sept jours ouvrés pour faire connaître sa décision.

Compte tenu de nombreux jours fériés à venir autour du Nouvel An iranien (le 21 mars), cela laisse théoriquement au tribunal jusqu’au 30 mars pour faire connaître sa décision mais le dépassement des délais est fréquent dans le système judiciaire iranien.

“Avenir incertain”

Selon son comité de soutien, la quadragénaire a été autorisée à faire une déclaration à l’audience. Elle “a dit clairement qu’elle n’acceptait pas les charges (retenues contre elle) et a fait remarquer que toutes les accusations et preuves présentées (par le ministère public) l’avaient déjà été lors de son (premier) procès en 2016”, et qu’elle avait “déjà été jugée et condamnée” pour ces chefs d’accusation, écrit la campagne Free Nazanin (“Libérez Nazanin”) dans un communiqué.

“Compte tenu des éléments présentés par la défense et de la procédure juridique, et du fait que ma cliente a également purgé sa peine précédente, j’espère qu’elle sera acquittée”, a déclaré Me Kermani.

Mais le comité de soutien se montre moins optimiste, jugeant que “l’avenir de Nazanin reste incertain et qu’elle est en réalité en détention illimitée”.

Cheffe de projet pour la Fondation Thomson Reuters, branche philanthropique de l’agence de presse du même nom, Nazanin Zaghari-Ratcliffe a été arrêtée en 2016 à l’aéroport de Téhéran après une visite à sa famille.

Accusée d’avoir comploté pour renverser la République islamique, ce qu’elle nie farouchement, cette binationale a été condamnée en septembre de la même année à cinq ans d’emprisonnement. D’espoirs de libération en déconvenues, elle a été contrainte de purger sa peine jusqu’au bout.

Privée de passeport

Assignée à résidence chez ses parents à Téhéran après avoir été autorisée à sortir de prison en raison de la pandémie de Covid-19 en mars 2020, elle ne porte plus de bracelet électronique depuis le 7 mars. Privée de passeport, elle est interdite de quitter l’Iran jusqu’à nouvel ordre.

Pour son époux, Nazanin Zaghari-Ratcliffe est l'”otage” d’un sinistre jeu politique portant sur une vieille dette contractée par le Royaume-Uni dans le cadre d’un contrat d’armement avec l’Iran d’avant la révolution islamique de 1979, et jamais honoré par Londres.

Dans un rapport remis vendredi au chef de la diplomatie britannique Dominic Raab, l’ONG Redress a relevé que Nazanin Zaghari-Ratcliffe souffrait d’un stress post-traumatique grave après avoir subi des “mauvais traitements” durant sa privation de liberté en Iran et qu’elle devait donc être reconnue par Londres comme “victime de torture”. Les autorités iraniennes ont toujours nié qu’elle ait été maltraitée.

Selon un communiqué de Downing Street, le Premier ministre britannique Boris Johnson a demandé mercredi lors d’un appel téléphonique avec le président iranien Hassan Rohani la “libération immédiate” de tous les binationaux irano-britanniques détenus en Iran et le retour de Nazanin Zaghari-Ratcliffe au Royaume-Uni.

L’Iran, qui ne reconnaît pas la double nationalité, a toujours refusé au Royaume-Uni un accès consulaire à Nazanin Zaghari-Ratcliffe pendant qu’elle était en prison et a constamment critiqué les appels de Londres à sa libération, qu’il considère comme des ingérences dans ses affaires intérieures.

Avec AFP et Reuters



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