Les manifestations anti-Kremlin secouent l’Extrême-Orient russe

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Des manifestations contre le gouvernement ont lieu quotidiennement dans la région russe de Khabarovsk en Extrême-Orient à la suite de l’arrestation d’un gouverneur populaire et de son remplacement cette semaine par un homme nommé par le Kremlin qui n’y a jamais vécu. Région.

Depuis plus de trois semaines, de grandes manifestations ont secoué la ville de Khabarovsk, en Extrême-Orient, à 6 000 kilomètres à l’est de Moscou, sur les rives du fleuve Amour. Samedi 1euh En août, de nombreux Russes sont à nouveau descendus dans les rues de cette capitale régionale de plus de 600 000 habitants, pour le quatrième week-end consécutif.

A l’origine de ce mouvement historique: l’arrestation le 9 juillet du gouverneur de la région, Sergueï Fourgal, 50 ans, un ancien entrepreneur accusé de meurtres commis 15 ans plus tôt, puis envoyé à Moscou pour y être jugé.

Pour beaucoup, cet emprisonnement vise à se débarrasser d’un homme politique trop indépendant, élu en 2018 contre un candidat du parti de Vladimir Poutine.

“Il crache au visage. Nous avions choisi Fourgal!”, Lance Marina Beletskaya, une retraitée de 72 ans.


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Membre du parti ultranationaliste LDPR, généralement fidèle au Kremlin, Sergei Fourgal s’est révélé être un gouverneur actif et attentif. De quoi lui assurer une popularité rivalisant avec celle de Vladimir Poutine.

“Dès que nous avons élu Fourgal, la capitale de l’Extrême-Orient russe a été transférée d’ici à Vladivostok. C’est clairement parce que nous avions choisi un opposant”, souligne Viktoria Sakharova, 22 ans, une vendeuse participant à des manifestations.

Dans cette région reculée, aussi grande que la Turquie mais peuplée de 1,3 million d’habitants seulement, la mobilisation repose en effet sur un ressentiment tenace envers les autorités fédérales, jugées méprisantes envers les provinces lointaines.

A cela s’ajoutent les difficultés économiques de ce territoire au climat très rude, frontalier de la Chine et spécialisé dans les industries métallurgique, minière et forestière.

Événements quotidiens

Le 25 juillet, ils étaient des dizaines de milliers de manifestants selon les médias et les militants, alors que la police n’en dénombrait que 6 500. Au cours de la semaine, des centaines de purs et durs manifestent chaque soir.

La durée et l’ampleur de la mobilisation sont exceptionnelles, d’autant plus que nous sommes très loin de Moscou, bastion traditionnel des critiques de pouvoir.

Si les chaînes de télévision publiques ignorent largement les manifestations, les médias les plus indépendants ne cachent pas un certain enthousiasme.

Dans un éditorial récent, le journal Védomosti a qualifié Khabarovsk de “nouveau symbole” de l’opposition “des régions au centre”.

Le mécontentement s’est également accompagné de slogans visant directement Vladimir Poutine.

Lors du vote constitutionnel qui a renforcé les pouvoirs du président russe fin juin, la région s’était également distinguée en affichant un taux d’abstention élevé et un «oui» 15% inférieur à la moyenne nationale.

Un nouveau gouverneur parachuté et rejeté

Pour calmer les manifestants, Moscou comptait sur la nomination le 20 juillet d’un gouverneur par intérim, Mikhail Degtiarev, du même parti que Sergueï Fourgal.

Cependant, l’accueil de ce député de 39 ans connu auparavant pour ses factures farfelues a été très froid. Et pour cause, l’intéressé a longtemps affirmé ne pas avoir “eu le temps” de rencontrer les manifestants et les a accusés d’être soutenus par des “provocateurs” étrangers.

“Nous aurions dû choisir nous-mêmes un remplaçant local. Mais à la place, on nous envoie quelqu’un qui ne connaît pour Khabarovsk que l’image dessinée sur les 5 000 billets de rouble”, se moque Viktoria Sakharova.

Dans ce contexte, et signe d’une certaine nervosité, les autorités ont fait preuve d’une retenue inhabituelle, permettant aux manifestants de le faire et ne procédant qu’à une poignée d’arrestations.

Cette semaine, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a même salué le laissez-faire de la police, car les manifestations non autorisées sont généralement sévèrement réprimées en Russie.

«Nous avons toujours peur qu’ils nous arrêtent», nuance Yuri Petrov, un manifestant de 47 ans. “Nous vivons dans un moment démocratique, mais ce sera sans aucun doute éphémère”.

Avec l’AFP



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