les parlementaires adoptent la loi autorisant l’augmentation de 139,38 milliards du budget initial pour lutter contre le Covid-19 au Niger – L’innovation au service de l’information pour mieux informer.

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Les travaux en séance plénière dans le cadre de la 1ère session ordinaire de l’Assemblée nationale pour l’année 2020, dite session des lois, se poursuivent dans l’hémicycle. Après l’adoption par le gouvernement en conseil des ministres du vendredi 08 mai 2020 du collectif budgétaire avec une première rectification du budget 2020 qui, passé de 2.266,15 milliards FCFA à 2405,53 milliards FCFA est une augmentation de 139,38 milliards, correspondant à 6,15% du budget initial, l’Assemblée nationale a procédé, lors de sa séance plénière d’hier, à l’examen et au vote du projet de loi relatif aux réajustements apportés au budget. Le vote a eu lieu dans l’après-midi sous la présidence de SE. Ousseini Tinni, président de l’Assemblée nationale en présence des commissaires du gouvernement, M. Mamadou Diop, ministre des finances; M. Ahmat Jidoud, ministre délégué au budget et M. Barkaï Issouf, ministre chargé des relations avec les institutions.

Ce projet de loi, voté avec 118 voix pour, 34 voix contre et zéro (0) abstention après un débat long et houleux de parlementaires qui intervient dans le cadre de la pandémie de coronavirus remplit certainement toutes les conditions. Selon le président de la Commission des finances et du budget, M. Adamou Namata, la solidarité nationale étant l’un des principes fondamentaux de la République du Niger inscrits dans la constitution dans son article 3, “c’est donc un devoir pour nous, citoyens, de individuellement ou collectivement, pour soutenir le plan de réponse du gouvernement à cette crise, qui vient s’ajouter à d’autres défis liés aux chocs exogènes qui influencent les performances économiques de notre pays », a-t-il déclaré.

Pour sa part, le ministre des Finances a répondu à plusieurs questions des députés concernant le réajustement des budgets de certains départements et l’investissement au profit de la Garde présidentielle, qui a augmenté de deux milliards. M. Mamadou Diop a ensuite expliqué le contexte dans lequel le budget 2020 a été établi, les évolutions économiques récentes et les modifications apportées à la loi de finances initiale 2020. Le ministre Mamadou Diop a également expliqué qu’au niveau des finances publiques, la crise a eu un impact, une aggravation du déficit budgétaire par des pertes de recettes fiscales et une augmentation des dépenses publiques. Selon lui, les recettes fiscales seront affectées par la baisse des droits de douane, liée à celle du commerce international, puis par celle des taxes et impositions intérieures à mesure que l’impact de la crise se propage à l’économie nationale. . «Au Niger, plus de 80% des recettes fiscales intérieures proviennent du secteur formel. En conséquence, toute interruption ou cessation d’activités entraînerait un tarissement des prélèvements fiscaux correspondants », a expliqué M. Mamadou Diop.

La perte de recettes s’est poursuivie est estimée à 199 milliards dont 78,4 milliards pour la direction générale des douanes, 117,6 milliards pour la direction générale des impôts et 3 milliards pour les recettes non fiscales. Pour faire face à la crise, le gouvernement a élaboré un plan de réponse d’une valeur de 1 438,40 milliards de FCFA. Ce plan comporte cinq volets. Ce sont entre autres, la gestion sanitaire de la pandémie au coût de 167,3 milliards; le soutien à la résilience du secteur de l’éducation avec 19,5 milliards; le soutien aux personnes vulnérables qui est de 434 milliards et le renforcement de la résilience du secteur agro-pastoral avec un montant de 330,8 milliards. La mise en œuvre de ce plan est prévue sur deux ans. “Je voudrais rassurer les honorables députés que des actions de mobilisation sont en cours au niveau des partenaires grâce à un soutien budgétaire supplémentaire, mais aussi à travers la réorientation des ressources du projet”, a-t-il souligné.

Ainsi dans les lignes de mobilisation, les députés ont relevé des zones grises dans le plan d’intervention auquel le ministre a également donné des explications. Ainsi, sur la base des ressources mobilisables, un montant de 58,49 milliards FCFA (dont 25,75 milliards FCFA pour l’axe 1 de gestion sanitaire de la pandémie et 32,73 milliards FCFA pour l’axe) est destiné à soutenir les personnes vulnérables. Tout est inscrit dans ce projet de loi. “Les actions se poursuivent pour mobiliser l’ensemble des financements avec l’aide de partenaires techniques et financiers”, a rassuré le ministre des Finances.

Il est à noter que dans ce réajustement du budget national, certains ministères ont vu leur budget baisser tandis que d’autres ont bénéficié d’une augmentation. Le ministre a donné quelques réponses aux préoccupations des parlementaires, tout en déduisant que les effets de covid19 sur notre économie sont, entre autres, la perte de revenus et l’augmentation des dépenses qui nécessitent une modification des prévisions budgétaires initiales. C’est pourquoi, conclut-il, les ajustements opérés dans le cadre de ce collectif concernent certaines mesures fiscales, annulations et ouvertures de revenus supplémentaires, ainsi que les annulations et ouvertures de crédits.

Par Seini Seydou Zakaria (ONEP)



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