Les principales conclusions du Sommet, présentées par le Président Issoufou Mahamadou, Président en exercice de la CEDEAO

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<< Excellences, chefs d'État et de gouvernement,

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes à la fin de notre Sommet extraordinaire consacré à la situation au Mali. Nous avons soigneusement examiné la situation dans ce pays frère et nous avons accepté d’appeler solennellement tous les Maliens, dans leur diversité, à faire un saut pour protéger leur pays des graves périls auxquels il se trouve aujourd’hui exposé. En particulier, nous les avons exhortés à éviter la violence et à favoriser le dialogue. Nous avons en outre décidé de soutenir toutes les propositions faites par la médiation de la CEDEAO dirigée par le président Goodluck Jonathan. Nous avons demandé instamment que les mesures suivantes soient prises sur les questions institutionnelles suivantes:

– La démission immédiate des 31 députés dont l’élection est contestée, dont le président du Parlement. La majorité présidentielle devra tout faire pour obtenir cette démission qui ouvrira la voie à des élections partielles. En attendant ces élections partielles, le Parlement pourra fonctionner avec les 116 députés restants.

– Une recomposition rapide de la Cour constitutionnelle, conformément aux dispositions constitutionnelles du Mali. Le Parlement désignera ses représentants après la démission des 31 membres dont l’élection est contestée. En cas de difficulté à désigner les membres de la Cour constitutionnelle par les différents organes, le Président de la République utilisera l’article 50 de la Constitution pour désigner les 9 membres.

– La mise en place rapide d’un gouvernement d’unité nationale avec la participation de l’opposition et de la société civile. L’opposition, en particulier le M5-RFP, est encouragée à participer à ce gouvernement d’unité nationale afin de contribuer à résoudre les problèmes de gouvernance affectant le Mali dans un esprit de patriotisme. La tâche prioritaire de ce gouvernement d’unité nationale sera de mettre en œuvre toutes les réformes, recommandations et décisions résultant du Dialogue national inclusif et de traiter les questions de gouvernance. En particulier, la mise en œuvre des accords d’Alger devrait être accélérée. Compte tenu des nombreux défis auxquels le pays est confronté, certains membres du gouvernement peuvent être nommés avant la formation du gouvernement d’unité nationale. Ce sont les responsables de la défense, de la justice, des affaires étrangères, de la sécurité intérieure et des finances.

– La mise en place rapide d’une commission d’enquête pour déterminer et localiser la responsabilité des violences qui ont fait des morts et des blessés les 10, 11 et 12 juillet 2020 ainsi que la destruction de biens publics et privés.

– La mise en place d’un Comité de Suivi de toutes les mesures prises ci-dessus qui comprendra des représentants du Gouvernement, du Parlement, de la société civile, de la justice, du M5-RFP, des femmes et des jeunes, avec la participation de l’Union Africaine et des Nations Unies , sous la présidence de la CEDEAO.

– La mise en place par la CEDEAO d’un régime de sanctions contre ceux qui prendront des actes contraires au processus de normalisation de cette crise, étant entendu que toutes les décisions et mesures ci-dessus doivent être mises en œuvre au plus tard le 31 juillet 2020.

Nous avons également réitéré notre solidarité avec l’honorable Soumaila CISSE, chef de l’opposition kidnappée depuis le 25 mars 2020. Nous demandons aux autorités maliennes de redoubler d’efforts déjà engagés, en vue de sa libération. Notre souhait est de voir ces différentes propositions rencontrer l’approbation des différents acteurs de la situation au Mali.

Enfin, Excellences, Chefs d’État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs, je voudrais réitérer l’engagement sans faille des chefs d’État et de gouvernement et des peuples de la CEDEAO à n’épargner aucun effort pour promouvoir la stabilité et la paix au Mali. En tout état de cause, la CEDEAO sera toujours présente aux côtés du Mali, acteur important de la dynamique communautaire en cours pour l’approfondissement de l’intégration de notre sous-région ouest-africaine.

Je vous remercie”



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