les sauveteurs poursuivent leurs recherches, les responsables arrêtés

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A la recherche de survivants sous le regard angoissé des familles des victimes, des sauveteurs internationaux ont fouillé vendredi les décombres du port de Beyrouth, dont plusieurs responsables ont été arrêtés après la gigantesque explosion qui a fait plus de 150 morts.

Trois jours après les explosions dans le port de Beyrouth qui ont tué au moins 154 personnes selon le dernier rapport du ministère de la Santé, les sauveteurs internationaux continuent de fouiller les décombres vendredi 7 août, à la recherche de survivants.

L’explosion d’une puissance incroyable, la plus dévastatrice qu’a connue le Liban, a alimenté la colère de la population, qui en octobre 2019 avait déclenché un vaste mouvement de contestation contre la classe dirigeante.

L’indignation est d’autant plus grande que le gouvernement s’est révélé incapable de justifier la présence de nitrate d’ammonium dans le port “sans mesures de précaution”, selon le Premier ministre lui-même.

Près de l’épicentre de l’explosion, près des silos à grains géants détruits, des sauveteurs français, italiens, allemands et autres coordonnent leurs efforts.

«J’attends d’apprendre que tu as été enlevée vivante des décombres, habibi (ma chérie)», a écrit sur Twitter Emilie Hasrouty, sœur d’un fonctionnaire portuaire de 38 ans, portée disparue dans les silos.

Vendredi matin, quatre corps ont été retrouvés mardi par des sauveteurs dans le port presque entièrement détruit. L’explosion a également fait plus de 5 000 blessés, des dizaines de disparus et des centaines de milliers de sans-abri dans les quartiers dévastés voisins, alimentant la colère du public contre la classe politique, accusée d’incompétence et de corruption.

Aide internationale pour une région où “tout a été pulvérisé”

L’aide internationale est acheminée vers Beyrouth, où le président français Emmanuel Macron s’est rendu jeudi, appelant à une enquête internationale sur l’explosion, qui, selon les autorités, a été déclenchée par un incendie dans un entrepôt où 2700 tonnes de nitrate avaient été stockées pendant six ans. l’ammonium, un produit chimique hautement inflammable.

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Le président du Conseil européen, Charles Michel, se rendra à son tour samedi à Beyrouth pour «montrer la solidarité de l’Europe avec le peuple libanais» et rencontrer les dirigeants de ce pays meurtri. De leur côté, les donateurs du Liban se réuniront dimanche, selon la Commission européenne.

Depuis l’explosion de mardi soir, les familles des disparus se sont précipitées vers le port pour entendre leurs proches.

La «particularité» du drame de Beyrouth? “L’épicentre est à quelques mètres de nous, alors qu’en cas de tremblement de terre, il se trouve souvent à plusieurs centaines de mètres sous terre”, a déclaré le colonel Vincent Tissier, qui dirige une équipe de 55 membres de la sécurité civile française.

“Les choses s’effondrent généralement en couches, en couches. Tout a été pulvérisé ici.” Les sauveteurs russes, pataugeant dans le maïs, mènent leurs recherches pendant que les excavateurs retirent les conteneurs écrasés.

Hôpital de campagne russe

Les équipes de la défense civile libanaise observent avec anxiété un chien renifleur encerclant un cratère creusé sous une grue échouée. Un calme angoissant règne dans le port, brisé seulement par le bruit des machines déblayant l’immense étendue de décombres, interminables monticules de fer tordus et décousus.

Dans une capitale qui ressemble à une apocalypse, alors que les autorités n’ont mis en place aucun dispositif d’aide aux citoyens, des centaines de Libanais se sont mobilisés, dans un vaste élan de solidarité, pour poursuivre les opérations de dépollution ou d’accueil des sans-abri.

>> À lire: “Pénurie alimentaire, risques sanitaires … Une aide humanitaire cruciale pour l’avenir du Liban”

Plusieurs pays dont la France, pour leur part, ont expédié du matériel médical et sanitaire ainsi que des hôpitaux de campagne. L’Union européenne a débloqué 33 millions d’euros en cas d’urgence et l’armée américaine a envoyé trois envois d’eau, de nourriture et de médicaments.

Une aide de l’Iran, des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite était attendue vendredi. Dans l’immense ville sportive de Beyrouth, la Russie a installé un hôpital de campagne, érigeant une vingtaine de tentes médicales là où les premiers patients ont commencé à arriver, les hôpitaux de la capitale étant saturés.

Seize fonctionnaires arrêtés et détenus

Jeudi soir, la police a utilisé des gaz lacrymogènes dans le centre-ville pour disperser des dizaines de manifestants enragés par l’incompétence et la corruption des autorités. Des appels circulent sur les réseaux sociaux pour une manifestation anti-gouvernementale samedi, sous le thème «Accrochez-les».

Les autorités libanaises affirment que l’entrepôt a explosé après un incendie. Les autorités portuaires, les services douaniers et certains services de sécurité savaient tous que des produits chimiques dangereux y étaient stockés, mais ils se blâmaient mutuellement.

Outre le nitrate d’ammonium, le procureur militaire a évoqué la présence de “matériaux hautement inflammables et de mèches lentes” selon un communiqué.

Seize fonctionnaires des autorités portuaires et douanières ont été arrêtés et détenus dans le cadre de l’enquête.

Avec l’AFP



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