L’état du processus d’intégration économique et monétaire de l’Afrique?

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Le processus d’intégration africaine tant souhaité par les pères de l’indépendance malgré les obstacles, progresse lentement mais sûrement. Le Traité d’Abuja a jeté les véritables bases de la réalisation de la communauté économique africaine qui contribuera à progresser vers l’intégration économique mondiale du continent africain.

L’objectif de la communauté économique africaine est de transformer les économies africaines en une union économique et monétaire unique, avec une monnaie commune africaine, la libre circulation des capitaux et des travailleurs.

La déclaration de système en Libye signée en 1999 est l’acte constitutif de l’Union africaine.

L’objectif est d’accélérer le processus d’intégration économique de l’Afrique à travers la création d’institutions clés, telles que la Banque centrale africaine, le Fonds monétaire africain, la Banque africaine d’investissement, la Cour africaine de justice et le Parlement africain.

Les principaux organes architecturaux des processus d’intégration économique en Afrique sont les communautés économiques régionales.
Les huit principales communautés économiques régionales qui devraient travailler en synergie avec l’Union africaine sont confrontées à des difficultés de financement, à des capacités en ressources humaines, à des adhésions qui se chevauchent et à la faiblesse du système de mise en œuvre des programmes et projets. l’intégration régionale, les conflits alimentés par des puissances extérieures au continent, l’insécurité et les manœuvres sournoises de certaines anciennes puissances colonisatrices, qui ne vivent que des ressources du continent grâce à la grande complicité de leurs valets locaux.

Malgré les réelles faiblesses des communautés économiques régionales, le continent a de grandes forces, évoluant lentement et sûrement vers l’intégration économique mondiale.

I / Les forces et les faiblesses des Communautés économiques régionales africaines:

Près de deux cents organisations s’intéressent à l’intégration économique africaine, nous nous contenterons très succinctement des huit communautés économiques régionales.

1 / L’Union du Maghreb (UMA) malgré son dynamisme, sa coopération avec la Commission de l’Union africaine est très limitée
Pays membres: Algérie, Libye, Maroc, Tunisie, Mauritanie. (5).

2 / La Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) a fait des progrès significatifs.

Il a une charte pour la paix. Elle est derrière le projet de la Grande Muraille Verte approuvé par l’Union Africaine. Depuis la mort du Guide de la Jamahiriya arabe libyenne, Mouammar Kadhafi, la CEN-SAD a connu des difficultés, elle est même relocalisée, son siège est temporairement transféré à N’djamena, au Tchad.

Pays membres: Bénin, Burkina Faso, République centrafricaine, Tchad, Côte d’Ivoire, Djibouti, Égypte, Érythrée, Gambie, Ghana, Guinée Bissau, Libéria, Libye, Mali, Maroc, Niger, Nigéria, Sénégal, Siéra León, Somalie, Soudan et Togo. (22).

3 / Le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) a réussi à créer une zone de libre-échange, un tarif extérieur commun.
Les difficultés de financement restent un handicap.

Pays membres: Burundi, Djibouti, Égypte, Érythrée, Eswatini, Éthiopie, Kenya, Libye, Madagascar, Malawi, Maurice, Ouganda, République démocratique du Congo, Rwanda, Seychelles, Somalie, Soudan, Tunisie, Union des Comores, Zambie et Zimbabwe. (21).

4 / La communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) a réalisé un marché commun qui vise l’union monétaire et la confédération politique.
Pays membres: Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda, Soudan du Sud et Tanzanie. (6).

5 / La Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) a des procédures douanières et d’immigration restrictives. La coordination des politiques reste un grand défi. La persistance des conflits armés reste un handicap majeur.

Pays membres: Angola, Burundi, Cameroun, République centrafricaine, Congo, République démocratique du Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad, Sao Tomé-et-Principe, Rwanda (1 2).

6 / La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), grâce à la libre circulation des personnes et du protocole de marchandises, les échanges intra-régionaux ont augmenté. Cependant, depuis la fermeture des frontières du Nigeria avec ses voisins, une baisse des échanges dits très importants a été constatée, ce qui constitue un grand handicap pour les progrès de l’intégration économique de la communauté.
La création de la monnaie unique africaine unique, la CEDEAO, Eco, est un grand atout, grâce à son “effet tache de pétrole”, toute l’Afrique pourrait évoluer vers la monnaie unique commune et l’intégration économique mondiale.

Le grand handicap reste la position prise par certains pays membres de l’Union économique monétaire ouest-africaine, l’UEMOA, sous l’influence de la France de vouloir renommer le franc CFA, Eco, monnaie déjà créée à Abuja en 2019 par quatorze pays membres de la CEDEAO tout en tous les pays membres de l’UEMOA en font partie, sans parvenir à un accord acceptable par tous les pays membres de la CEDEAO.

Le président de la République fédérale du Nigéria, le général Muhammad Buhari est allé jusqu’à parler avec grande colère, d’une éventuelle perturbation de la CEDEAO, si jamais les pays membres de l’UEMOA mettaient en œuvre le projet de renommer le franc CFA, en ECO, sans l’accord de la CEDEAO, ce qui n’est pas souhaitable et acceptable par toute l’Afrique progressiste.

Les pays membres: Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Libéria, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Siéra Léon, Togo. (14).

7 / L’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), c’est un groupement régional créé le 21 mars 1996, il regroupe sept pays d’Afrique de l’Est: Djibouti, Ethiopie, Kenya, Somalie, Soudan, Soudan du Sud et Ouganda. L’Érythrée est partie en 2007. (7).

Une architecture de paix et de sécurité efficace a été mise en place pour la résolution des conflits. Des progrès ont été accomplis dans le domaine de l’environnement et de la sécurité alimentaire. Cependant, certains pays sont confrontés à des crises alimentaires.

8 / La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) regroupe seize pays d’Afrique australe et de l’océan Indien: Afrique du Sud, Angola, Botswana, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, République démocratique du Congo, Seychelles, Swaziland , Tanzanie, Zambie, Zimbabwe et Comores. (16).

Il a obtenu des résultats significatifs dans la promotion de l’intégration commerciale, du développement des infrastructures et des programmes agricoles, environnementaux et sociaux. Il fait face à un problème de financement.

II / Le contenu avance sûrement vers une intégration globale:

Malgré les difficultés et les obstacles qui se posent, conformément à la vision de l’Agenda africain 2063, 54 pays africains ont adopté la convention de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) à Niamey, Niger, le 8 juillet 2019. L’Afrique continentale la zone de libre-échange s’étendra à un marché de 1, 2 milliards de personnes, pour un PIB de 2,5 billions de dollars dans les 55 États membres de l’Union africaine.

L’intégration du continent dans une zone commerciale unique offre de grandes opportunités aux entreprises industrielles et aux consommateurs africains et assure un grand décollage économique du continent.

La ZLECAF pourrait augmenter le commerce intra-africain de 60% au lieu de 15% actuellement, grâce à la suppression des droits de douane à l’importation, la réduction des barrières non tarifaires et l’augmentation de la production de biens et services.

La mise en place de ce domaine était prévue pour juillet 2020, malheureusement l’avènement de la pandémie COVID 19 a perturbé le calendrier et celui de la mise en place de la monnaie unique commune CEDEAO, ECO, monnaie pilote africaine.

L’intégration économique africaine, pour être efficace, doit nécessairement passer par l’intégration économique régionale par le biais des communautés économiques régionales. D’où la grande nécessité de réexaminer attentivement la restructuration de ces multitudes de communautés économiques régionales en vue de réaliser quatre grands blocs d’intégration régionale plus efficace, qui contribueront à progresser vers l’intégration économique globale du continent.

Les nombreux chevauchements dans l’appartenance des pays à plusieurs communautés économiques régionales entravent la bonne prise de décision en matière d’intégration régionale, le cas de la création de la monnaie unique commune, l’OCE de la CEDEAO qui crée actuellement la polémique entre la CEDEAO et l’UEMOA doit nourrir en vue de prendre des mesures utiles pour rationaliser les communautés économiques régionales.

L’Afrique doit rester unie, unie, forte, droite, vaillante, digne et unie ou périr!

Par Issoufou BOUBACAR KADO MAGAGI



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