L’impact de COVID 19 sur l’économie du continent au centre des échanges

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Publié dans Politique

Le Président de la République, Chef de l’Etat, SEM Issoufou Mahamadou, a participé hier depuis son cabinet par visioconférence, à une réunion entre les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine. Cette deuxième réunion convoquée par le Président en exercice de l’Union africaine, SEM Cyril Ramaphosa d’Afrique du Sud, a été exclusivement consacrée à la crise sanitaire du COVID-19.

Dans son discours, le président Issoufou Mahamadou n’a pas manqué d’honorer la mémoire de George Floyd, en invitant la conférence à condamner sans réserve son assassinat le 25 mai 2020 aux États-Unis. En effet, pour le chef de l’État, cet acte odieux est le symbole de l’ancien monde qui doit être changé et qui viole constamment les valeurs de solidarité, d’égalité, de justice et de dignité. (Lire en page 2 l’intégralité du discours du chef de l’Etat).

Auparavant, après un briefing sur l’ordre du jour de la réunion, le Président en exercice de l’Union Africaine, SE Cyril Ramaphosa, a donné la parole à SEM Moussa Faki Mahamat qui a fait le point sur la stratégie de l’Afrique contre la pandémie COVID-19 , ainsi que son développement au niveau continental. SE Moussa Faki a d’abord rappelé que l’Afrique n’a pas encore éradiqué le coronavirus et que, par endroits, il a même tendance à se propager. Il a également informé les chefs d’État de la situation des coronavirus. Au mercredi 10 juin, a-t-il dit, 202 782 cas avaient été enregistrés et 5507 décès dans 54 pays de notre continent avec un taux de mortalité de 2,7%.

Selon SE Moussa Faki, les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) ont distribué 2 813 164 tests de dépistage aux États membres. Tous les chefs d’État qui ont participé à cette réunion ont salué la gestion remarquable de la pandémie de COVID-19 en Afrique.

De leur côté, le Président du Sénégal, Son Excellence M. Macky Sall, le représentant du Président Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire, M. Tidjane Thiam et le représentant du Président Mahamadou Bouhari de la République fédérale du Nigéria, Mme Ngozi Okongo -Iweala, s’est associée à celle du président Issoufou Mahamadou pour condamner l’assassinat de George Floyd.

Aïchatou Hamma Wakasso (onep)


Lire aussi >>> Discours du Président de la République, Chef de l’Etat lors du Sommet virtuel de l’UA sur COVID-19 :

“Il est impératif de mettre en place un nouveau paradigme, une nouvelle gouvernance politique et économique mondiale”, déclare SEM. Issoufou Mahamadou

“SEM Cyril Ramaphosa, Président de la République d’Afrique du Sud, Président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement,

Messieurs les chefs d’État et de gouvernement,

Monsieur le Président de la Commission de l’UA,

Mesdames et Messieurs,

J’exprime mes sincères condoléances au peuple burundais à la suite du décès du Président du Burundi, Pierre N’Kurunziza. Je salue et félicite le Président Cyril Ramaphosa pour son leadership, notamment pour la convocation de cette deuxième vidéoconférence exclusivement consacrée à la crise sanitaire du COVID 19, après celle du 29 avril 2020.

Je salue tous les chefs d’État qui participent à cette vidéoconférence. Je me félicite de la nomination des cinq envoyés spéciaux chargés de mobiliser des ressources pour faire face à l’impact du COVID. Je les remercie pour notre interview du 9 juin.

La pandémie de Covid-19 aura de graves conséquences socio-économiques sur notre continent. Au niveau de la CEDEAO, le taux de croissance initialement prévu à 3,3% tombera à 2% si la pandémie se terminait en juin 2020 et à -2,1% si elle persistait au-delà du second semestre 2020, induisant notamment une baisse des recettes fiscales et une hausse du chômage et la pauvreté.

Pour faire face à la situation, les chefs d’État de la CEDEAO ont adopté les mesures que j’ai dû mentionner lors de la précédente visioconférence.

Au niveau de l’UEMOA, nous avons notamment pris les mesures suivantes: la mise en place, dans le cadre communautaire, d’une plus grande coordination dans la prise des mesures sanitaires relatives à la gestion des frontières intérieures et extérieures de l’Union; l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan régional de renforcement des capacités des systèmes de santé pour la gestion des épidémies; la suspension temporaire de l’application du pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité.

Mesdames et Messieurs,

Nous saluons les annonces du G20 et du Secrétaire général des Nations Unies, en particulier, d’un moratoire sur les dettes des États les plus fragiles. Le ratio du service de la dette aux exportations dans les pays de la CEDEAO sera fortement impacté en 2019 par COVID-19, notamment en raison de la baisse des recettes d’exportation (pétrole, cacao, coton, fer), Avec la baisse des revenus du tourisme et des transferts privés , le service de la dette devrait augmenter fortement, ce qui pourrait devenir insoutenable pour la plupart des pays.

En outre, la baisse de l’activité économique dans les pays de la CEDEAO aura un impact sur la mobilisation des ressources intérieures, dans un contexte d’augmentation des dépenses de santé pour faire face au COVID-19 et de soutien à l’économie, ce qui devrait encore compliquer la gestion de la dette. Les pays membres de la CEDEAO ont donc des besoins financiers pressants.

L’ampleur de la crise économique qu’ils vont vivre nécessite un soutien financier qui va au-delà d’un simple moratoire. Un moratoire, c’est-à-dire une simple suspension des remboursements jusqu’à la fin de l’année me semble insuffisant. Nous devons totalement désendetter nos pays et leur fournir en outre de nouvelles ressources. Étant donné que le désendettement par l’inflation, un processus utilisé par les pays riches pour se débarrasser de leurs dettes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ne peut être envisagé, l’annulation de la dette doit être effectuée malgré les inégalités qu’elle générera entre les pays bénéficiaires. Ainsi, pour citer des exemples, l’annulation de la dette correspond à une réduction de 59 $ par habitant pour la République démocratique du Congo, 981 $ par habitant pour la République du Congo, 53 $ par habitant pour le Burundi, 439 $ par habitant pour le Rwanda, 145 $ par habitant pour le Niger et 1 185 $ par habitant pour la Mauritanie. Cela signifie que les pays touchés par la pandémie et qui ne sont pas endettés subiront une double peine.

L’annulation de la dette elle-même ne suffit pas. En effet, l’Afrique a l’ambition d’atteindre les objectifs de développement durable et ceux de l’agenda 2063. L’Afrique a donc besoin de nouvelles ressources non seulement pour faire face à la pandémie mais aussi pour relancer l’économie à travers la mise en œuvre des projets structurants de l’agenda 2063, notamment la Zone de libre-échange continentale africaine, le plan de développement des infrastructures, le plan de développement industriel et le secteur agricole. plan de développement. Concernant le ZLECAf, je voudrais saisir cette occasion pour suggérer la tenue d’un sommet virtuel, dans le but d’accélérer sa mise en œuvre. J’ai posé toutes ces questions au Groupe de travail par vidéoconférence le 9 juin 2020.

J’apprécie la pertinence des propositions que ses membres ont faites:

  • un moratoire d’un à deux ans pour le remboursement du principal et des intérêts de la dette des États les plus fragiles
  • l’utilisation des droits de tirage spéciaux du DTS du Fonds monétaire international
  • renforcement du soutien de la Banque mondiale à travers l’IDA
  • la refonte de la dette privée des États via des mécanismes appropriés sans dégrader leur notation.

J’ai dit à la Task Force que pour financer les investissements dont l’Afrique a besoin, il sera certainement nécessaire de concevoir des financements publics et privés innovants. Nous avons besoin d’un plan Marshall ambitieux pour l’Afrique. Je vous rappelle que le plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe a coûté 4% du RNB américain pendant cinq ans. C’est une opportunité pour la communauté internationale d’atteindre l’objectif de 0,7% du PIB à consacrer à l’aide publique au développement. Nos pays doivent bien sûr mobiliser davantage de ressources internes. Il faut également créer des conditions leur permettant de recevoir davantage d’investissements étrangers directs.

Pour ce faire, il est impératif de mettre en place un nouveau paradigme, une nouvelle gouvernance politique et économique mondiale, gouvernance qui s’appuiera davantage sur la solidarité, l’égalité, la justice et la dignité. Le symbole du vieux monde qui doit être changé et qui viole constamment ces valeurs est l’assassinat, le 25 mai 2020 aux États-Unis, de George Floyd. Notre conférence doit condamner sans réserve cet acte odieux.

Je vous remercie. “

UN P

12 juin 2020
Source: http://www.lesahel.org/

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