L’opposant Lazarus Chakwera remporte l’élection présidentielle au Malawi

0
45



Publié le:

Le chef de l’opposition du Malawi, Lazarus Chakwera, a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle contre le chef de l’Etat sortant Peter Mutharika, qui a contesté les résultats avant même leur publication.

La Commission électorale (MEC) a annoncé samedi 27 juin que le chef de l’opposition malawite Lazarus Chakwera avait remporté l’élection présidentielle contestée mardi contre le sortant Peter Mutharika, dont la réélection en 2019 avait été annulée pour fraude. Ce dernier a dénoncé des irrégularités avant même les résultats.

Après quatre longues journées de dépouillement, le président du MEC Chifundo Kachale a confirmé la grande victoire de Lazarus Chakwera, ancien pasteur évangélique de 65 ans. “La Commission déclare que Lazarus Chakwera, qui a obtenu 58,57% (BIEN 58,57) des suffrages, a atteint la majorité requise et est élu président du Malawi”, a déclaré son président Chifundo Kachale, aux cris des partisans du vainqueur.

“Je suis si heureux, j’ai pu danser toute la nuit”, a immédiatement réagi Lazarus Chakwera à la presse. “Mon cœur bouillonne de joie et de gratitude pour le Seigneur”. “C’est une victoire pour les Malawites, une victoire pour la démocratie, une victoire pour la justice”, a déclaré le président élu, qui a fait campagne contre l’échec économique et la corruption du régime. “C’est une victoire qui remettra la nation sur la bonne voie, pour construire un nouveau Malawi dans lequel tout le monde sera impliqué”, a-t-il promis.

Un scrutin contesté

Le président sortant Peter Mutharika, 79 ans, a mordu la poussière à plus de 800 000 voix derrière le vainqueur.

Quelques heures plus tôt, sans attendre la confirmation de sa défaite, le président sortant a semé le trouble en dénonçant des irrégularités dans le scrutin. “Nous espérions une élection sans irrégularités (…) tous les Malawiens ont vu que cette élection était la pire de l’histoire”, a-t-il déclaré dans un bref communiqué à la presse. “Nous pensons que la plupart des résultats transmis à la MEC (Commission électorale) ne reflètent pas la volonté du peuple”, a-t-il ajouté.

Le chef de l’Etat sortant a déclaré que les scrutateurs de son parti avaient été “battus, battus, kidnappés et intimidés afin qu’ils ne puissent pas participer au contrôle du vote”. “De nombreuses feuilles de signature n’ont pas leur signature”, a-t-il déclaré.

Son Parti démocratique progressiste (DPP) avait demandé l’annulation pure et simple des résultats, suggérant une nouvelle bataille devant les tribunaux. Lors de l’élection contestée de mai 2019, le MEC a proclamé la victoire de Peter Mutharika, au pouvoir depuis 2014, avec 38,57% des voix contre 35,41% dans Lazarus Chakwera.

Mais le chef de l’opposition a contesté les résultats et ses partisans sont descendus dans la rue pendant plusieurs mois pour faire annuler le scrutin. Leurs manifestations ont été le théâtre de violences fréquentes avec la police. En février, la Cour constitutionnelle a finalement statué dans l’opposition, annulant les résultats pour “irrégularités généralisées et systématiques” et ordonnant un nouveau scrutin.

Le Malawi est ainsi devenu le deuxième pays d’Afrique subsaharienne à avoir annulé une élection présidentielle, après le Kenya en 2017.

Au lendemain du scrutin de mardi, les ONG locales, qui avaient envoyé des observateurs à travers le pays, ont fait une première évaluation concluant que “le processus électoral s’est bien déroulé jusqu’à présent”. La déclaration du président sortant, avant même la publication des résultats, a suscité de vives critiques au Malawi, en particulier dans la société civile.

Le Malawi est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Selon la Banque mondiale, plus de la moitié de ses 17 millions d’habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Avec AFP



Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici