L’Union européenne annonce des sanctions, les manifestations se poursuivent

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L’Union européenne a donné le feu vert vendredi pour sanctionner les responsables de la répression des manifestants en Biélorussie, après la réélection contestée du président Alexandre Loukachenko. Dans la soirée, plusieurs milliers de manifestants se sont à nouveau rassemblés dans la capitale.

Les 27 sont finalement parvenus à un accord. L’Union européenne a donné, vendredi 14 août, son feu vert pour sanctionner les responsables de la répression menée au Bélarus après la réélection contestée du président Alexandre Loukachenko.

“L’UE va maintenant lancer un processus de sanctions contre les responsables des violences, arrestations et fraudes liées aux élections”, a annoncé la ministre suédoise des Affaires étrangères Ann Linde après une vidéoconférence avec ses homologues européens.

“Tout le monde a accepté de lancer la procédure de nouvelles sanctions”, a déclaré à l’AFP le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn.

La France est “pleinement attachée au principe de sanctions individuelles ciblées et de soutien aux droits et libertés du peuple biélorusse”, a confirmé le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, dans un message sur son compte Twitter.

Une liste des personnes accusées d’avoir organisé et exercé la répression sera établie et soumise aux États membres pour approbation.

Le Bélarus est toujours sous embargo sur la vente d’armes et d’équipements pouvant être utilisés à des fins de répression. Quatre personnes sont déjà interdites de séjour dans l’UE et leurs avoirs sont gelés depuis 2016. Les nouveaux noms seront ajoutés à cette liste.

L’UE veut forcer le président Loukachenko à s’engager dans un plan de médiation en trois points proposé par la Lettonie, la Lituanie et la Pologne, voisins de la Biélorussie.

Plus tôt dans la journée, Minsk s’est dit prêt pour un “dialogue constructif” avec l’étranger et a commencé à libérer des centaines de personnes arrêtées depuis lundi. De nombreux manifestants ont dénoncé l’extrême brutalité utilisée par les autorités.

Les manifestants dans la rue à nouveau

Vendredi soir, plusieurs milliers de manifestants étaient rassemblés près du siège du gouvernement à Minsk, face à une faible présence policière. D’autres circulaient dans les rues adjacentes, soutenues par les klaxons des automobilistes.

L’opposante Svetlana Tikhanovskaya, qui a fui en Lituanie plus tôt cette semaine, a pris la parole pour la première fois depuis mardi pour appeler à des rassemblements pacifiques dans son pays les 15 et 16 août. Les manifestants ont également appelé à une réunion samedi à l’occasion des funérailles d’un manifestant tué à Minsk. .

Jugeant la situation “critique”, Svetlana Tikhanovskaïa a accusé le pouvoir de “massacre” et a de nouveau revendiqué la victoire à l’élection présidentielle du 9 août.

Dans un communiqué, elle a annoncé la création d’un comité pour organiser le transfert de pouvoir et a demandé à la communauté internationale de “faciliter un dialogue” avec les autorités. De son côté, Alexander Loukachenko a appelé les forces de sécurité à “faire preuve d’une certaine retenue”.

Lors d’une réunion gouvernementale, le chef de l’Etat autoritaire a accusé la Pologne, les Pays-Bas et l’Ukraine d’être derrière les manifestations, tout comme l’opposant russe Alexei Navalny et l’organisation de l’ex-oligarque en exil Mikhail Khodorkovsky. “Une agression est en cours contre notre pays!”, A fait valoir Alexandre Loukachenko.

La Pologne et la Lituanie au secours des opposants

Le gouvernement polonais a alloué une enveloppe de 11 millions d’euros pour aider les Biélorusses à obtenir des visas et financer leur installation en Pologne et pour soutenir les médias indépendants et les organisations non gouvernementales en Biélorussie, a annoncé vendredi devant le Parlement, le Premier ministre Mateusz Morawiecki.

Des bourses sont également accordées aux Bélarussiens poursuivant leurs études dans les universités polonaises.

La Lituanie, pour sa part, a proposé de soigner les manifestants biélorusses blessés lors des manifestations et a suggéré de créer un fonds de l’Union européenne pour venir en aide aux «victimes de la répression». Le pays a accueilli l’opposante biélorusse Svetlana Tikhanovskaya, contrainte à l’exil après avoir contesté la victoire d’Alexandre Loukachenko. Elle a appelé vendredi à des “manifestations pacifiques” dans son pays.

Avec l’AFP





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