malgré le déconfinement, les migrants restent enfermés dans un camp surpeuplé

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La rédaction d’Observateurs de France 24 a pu s’entretenir avec Emmanuel (son prénom a été changé pour préserver son identité), un Nigérian de 28 ans vivant dans le camp depuis début mai. Arrivé à Chypre en mars 2019, il a d’abord été emmené au camp de Pournara pendant 72 heures, avant de vivre dans un appartement de la capitale, Nicosie. Il a ensuite vécu dans un appartement partagé à Ayia Napa afin de trouver un emploi saisonnier. C’est dans cet appartement qu’il a été visité par la police et les services sociaux le 4 mai.

Ils nous ont dit que nous avions deux options: aller au camp de Pournara, où nous serions mis en quarantaine pendant deux semaines, ou rentrer chez nous. Ceux qui choisissent de rentrer chez eux bénéficieront de 750 euros. Certains d’entre nous ont choisi cette option. Quant à moi, j’ai décidé d’obéir au gouvernement et d’aller au camp.

Ils nous ont fait signer un document précisant que nous avions donné notre autorisation pour venir dans ce camp. Aujourd’hui, ils utilisent cette autorisation contre nous. Plus nous obéissons, plus ils utilisent cela contre nous. Et si nous refusons, ils disent que nous sommes des migrants violents.

Nous ne recevons plus nos indemnités, je ne peux donc pas payer l’appartement que j’avais à Nicosie. Je me sens prisonnier. Nous sommes séparés en différentes sections, comme si nous étions des criminels.

Le pain envoyé à notre Observateur comme petit déjeuner.

Une seule bouteille d’eau est donnée par jour aux personnes du camp.

Le seul endroit avec une connexion internet wifi est dans la cour commune, mais nous devons rester en plein soleil pour parler avec notre famille. Nous essayons de nous abriter au maximum à l’ombre des arbres, mais il n’y en a pas assez pour tout le monde. Il y a des mouches partout, et même des serpents dans des tentes. Certains sont là depuis bien plus longtemps que nous: jusqu’à trois ou quatre mois.

Les résidents du camp ont trouvé un serpent dans une tente et l’ont tué. Ils l’ont ensuite apporté au service des demandes d’asile comme symbole de l’insécurité dans le camp. Photo prise par notre Observateur.


Une foule de personnes à l’extérieur du service de demande d’asile du camp de Pournara. Une personne parle dans la vidéo et explique qu’elle ne peut pas partir et qu’elle a peur de dormir dans les tentes.

Je veux savoir pourquoi le gouvernement nous garde enfermés ici. Je vis à Chypre depuis plus d’un an, j’ai tous mes documents en règle. Sur quelle base juridique font-ils cela? Nous sommes allés au bureau des demandeurs d’asile pour leur demander de nous laisser partir, mais ils nous ont dit que nous étions là de notre propre gré, puisque nous avions signé un document.



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