“Malgré les progrès réalisés, le Niger doit redoubler d’efforts pour promouvoir et protéger les droits de l’enfant”, a déclaré Elback Zeinabou Tari Bako – Le Sahel

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Comme tous les pays de l’Union africaine, le Niger a célébré hier l’édition 2020 de la Journée de l’enfant africain (JEA) sous le thème «Accès à une justice adaptée aux enfants en Afrique». C’est dans ce contexte que la Ministre de la promotion de la femme et de la protection des enfants, Mme Elback Zeinabou Tari Bako et la Représentante résidente de l’UNICEF au Niger Félicité Tchibindat, accompagnés de plusieurs cadres concernés par la question de l’enfant, étaient à la Maison d’Arrêt à Niamey avant de présider la cérémonie officielle de célébration qui s’est tenue dans l’enceinte de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) Djado Sekou.

La Ministre de la promotion de la femme et de la protection des enfants a rappelé, dans son discours, l’engagement des plus hautes autorités de la 7e République à protéger les enfants et leurs priorités. Elle a estimé que la journée de l’enfant africain est d’une importance capitale car il s’agit de “porter une attention particulière à l’avenir des enfants, ces êtres innocents et immatures, dont nous sommes tous responsables et assurons leur bien-être”.

Pour Mme Elback Zeinabou Tari Bako, le thème de l’édition 2020 de la célébration de la journée de l’enfant africain «vise à sensibiliser et mobiliser l’opinion nationale et internationale autour des problèmes qui affectent la promotion et la protection des droits de l’enfant» . Elle s’est félicitée des progrès accomplis par le Niger dans le domaine de la justice. Il s’agit notamment de l’adoption de la loi portant création, organisation, attribution et fonctionnement des tribunaux pour mineurs, d’une loi conforme à l’esprit de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) et aux droits et au bien-être de l’enfant inscrits dans la Charte africaine, ainsi qu’à la création de cellules pour la protection des femmes et des mineurs au sein de la police et de la gendarmerie, principaux ponts de défense et de traitement des délits.

Malgré ces avancées, estime Elback Zeinabou Tari Bako, le Niger doit redoubler d’efforts dans ce domaine. En ce sens, le ministre propose des actions telles que la mise en place et le renforcement de mesures pour les mineurs en conflit avec la loi, la lutte contre la récidive, une collaboration efficace entre les acteurs de la protection de l’enfance et la protection de l’enfant, dont la composition et la mission ont récemment été renforcée, l’élaboration et la mise en œuvre de mesures alternatives à la détention comme axe d’intervention, et enfin une meilleure prise en charge des enfants délinquants.

Pour sa part, le Représentant résident de l’UNICEF au Niger, le Dr Félicité Tchibindat a appelé les acteurs «à ne pas perdre de vue l’importance d’un soutien plus global comprenant l’éducation, la réintégration et mieux encore les alternatives à la détention et aux poursuites». Les mesures alternatives, réparatrices et alternatives, dit-elle, sont à la fois une pédagogie de la responsabilité et une prise de conscience du préjudice subi par les victimes, ainsi qu’une confrontation avec les règles de la société et la nécessité de les respecter. Le Dr Félicité Tchibindat a également indiqué que la protection de tous les enfants et adolescents doit être une priorité qui relève de l’éducation, de la santé, de la formation, de la protection et de la justice. “La vie de chaque enfant est précieuse, quelle que soit la voie qu’elle emprunte. Chaque intervention, quelle que soit son ampleur, a le pouvoir de faire la différence”, a-t-elle déclaré. Le représentant de l’UNICEF au Niger a précisé qu’il existe d’autres mécanismes beaucoup plus efficaces que la détention, telles que le développement et l’utilisation de mesures alternatives, l’implication des communautés pour contribuer à la prévention et à la réinsertion des enfants, ainsi que la synergie entre les différents secteurs de la fonction publique et de la société civile pour la prévention et le soutien des enfants et des adolescents.

La commémoration de la journée de l’enfant africain est célébrée depuis le 16 juin 1991 par l’Organisation de l’unité africaine (OUA), devenue l’Union africaine (UA) pour rendre hommage aux centaines d’enfants massacrés le 16 juin 1976 à Soweto par le pouvoir de l’apartheid lors d’une marche pour leurs droits. Depuis lors, cet événement régional est célébré à une date choisie par un comité d’experts africains sur le droit et le bien-être de l’enfant africain.

Souleymane Yahaya (onep)



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