Malgré l’hommage qui leur a été rendu, les soignants ont appelé à manifester à Paris

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Au lendemain de la signature du “Ségur de la santé”, qui promet 8 milliards d’euros, et tandis que la Nation rend hommage aux soignants engagés dans la lutte contre Covid-19 à l’occasion de la fête nationale, les syndicats soignants à nouveau appelé à manifester mardi après les cérémonies du matin.

“Merci et bravo”. C’est sur ces mots qu’Emmanuel Macron a conclu son discours aux armées à l’Hôtel de Brienne le 13 juillet. Le président français a adressé ses remerciements au personnel médical militaire. Le 14 juillet, à l’occasion de la fête nationale, l’hommage est rendu à tous ceux engagés dans la lutte contre les Covid-19, militaires et civils. Mais cela suffira-t-il à calmer la colère des professionnels hospitaliers qui redoutent déjà une deuxième vague de Covid-19 et déplore un manque de moyens?

“Nous apprécions les remerciements, mais nous espérons que les actions suivront”, réagit France 24 Thomas Laurent, infirmier à l’hôpital Édouard Herriot de Lyon et membre du collectif Inter Urgences. “Le seul inconvénient est que le président parle de cette crise comme si elle était terminée, ce qui n’est pas le cas”.

Les proches aidants seront donc dans les rues, à Paris et à Lyon, ce mardi 14 juillet. Une manifestation du personnel hospitalier est prévue entre République et Bastille en milieu de journée à l’appel de six organisations, dont la CGT et le Sud. Lors du défilé militaire, une bannière a survolé la place de la Concorde, annonçant la couleur: on pouvait lire d’une part “l’économie nous coûte la vie” et de l’autre “derrière les hommages, Macron étouffe l’hôpital”.

Le “Ségur de la Santé” ne suffit pas

Un accord sur le “Ségur de la Santé” a cependant été signé le 13 juillet, prévoyant une enveloppe de 7,5 milliards de dollars pour le personnel paramédical (infirmières, infirmières auxiliaires) et autres personnels non médicaux (techniciens, agents administratifs, etc.). Cette somme servira principalement à financer une augmentation de salaire dite “de base” de 183 euros nets mensuels pour l’ensemble du personnel infirmier hospitalier et public, mais également de nouvelles augmentations pour les heures supplémentaires et le travail de nuit.

“Mais ces augmentations de salaire ne correspondent pas à nos revendications”, poursuit Thomas Laurent, qui estime que les 7,5 milliards d’euros ne suffiront pas. “Le budget de la santé en France représente plus de 200 milliards, donc c’est quelques pour cent de plus. Et nous sommes très nombreux, donc cela ne nous suffit pas de remonter dans les salaires moyens des pays riches”.

De plus, les soignants restent préoccupés par une deuxième vague. “Nous savons que nous avons tenu le choc, car tout le pays a cessé de fonctionner, ce qui est peu probable dans la deuxième vague. Et nous avons peur de ne pas réussir à fonctionner aussi”, ajoute cette infirmière. “Nous nous battons pour l’hôpital public depuis plus d’un an. Il a fallu une pandémie pour établir une relation de pouvoir avec les autorités. Nous voudrions éviter d’avoir à recourir à une deuxième vague pour continuer à améliorer l’hôpital public”.



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