manifestations massives contre le racisme à travers la planète

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Des manifestations ont eu lieu samedi dans plusieurs villes du monde pour dénoncer la violence policière et les inégalités raciales, dix jours après la mort de George Floyd aux États-Unis.

Sydney, Londres, Montréal, Paris … Bravant la pandémie de Covid-19, des milliers de manifestants indignés se sont réunis le samedi 6 juin, à travers la planète, pour dénoncer les inégalités raciales et les violences policières qui ont conduit à la mort de George Floyd, en les États Unis.

Plusieurs rassemblements sont prévus ce week-end en hommage à cet homme noir américain dont la mort a provoqué un mouvement de protestation historique qui a débordé les frontières de son pays et ravivé les aspirations à un véritable changement.


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L’une des plus grandes manifestations jamais organisées à Washington

Épicentre de la colère, alimenté par de nouveaux exemples de brutalités policières, les États-Unis s’attendaient également à des rassemblements massifs samedi, une journée qui sera également marquée par une nouvelle cérémonie à la mémoire de George Floyd.

Washington, Philadelphie, New York … Des milliers d’Américains ont manifesté sous un soleil de plomb, s’arrêtant parfois pour mettre un genou au sol. Une foule dense s’est rassemblée dans la capitale fédérale américaine, dans les rues menant à la Maison Blanche mais aussi près du Capitole et du Lincoln Memorial.

C’est devant cet imposant monument que le pasteur d’Atlanta Martin Luther King avait, le 28 août 1963, devant près de 250 000 personnes, lancé “J’ai un rêve” dans un discours devenu une référence dans la lutte pour les droits civiques .

“Nous sommes de retour ici avec un nouveau message d’espoir”, a expliqué à l’AFP Deniece Laurent-Mantey, 31 ans, afro-américain.

Contrairement à ce mouvement emblématique des années 1960, ou aux autres rassemblements que la capitale avait l’habitude d’accueillir, les manifestations de samedi n’étaient pas centrées sur un événement ou un discours.

Au total, plus d’une dizaine de collectifs, dont plusieurs se sont formés spontanément sur les réseaux sociaux après la mort de George Floyd, appelés à envahir les rues de la capitale.

Sur l’imposante clôture érigée devant la résidence de Donald Trump étaient affichées les têtes de George Floyd, Michael Brown, Trayvon Martin, Breonna Taylor, des Afro-Américains tous morts aux mains de la police américaine ces dernières années.

De la Maison Blanche, où il passe le week-end, Donald Trump a poursuivi son intense activité sur Twitter sans mentionner les manifestations.

Rassemblements interdits à Paris

A Paris, deux appels à manifester samedi contre les violences policières, pour “amplifier le mouvement international de solidarité contre l’impunité des policiers”, ont été interdits en raison de la crise sanitaire.

Malgré cette interdiction préfectorale, quelque 5 500 personnes se sont rassemblées, samedi après-midi, près de l’ambassade américaine à Paris, puis devant la Tour Eiffel, en hommage à George Floyd et pour dénoncer les violences policières en France.

Objet de polémiques récurrentes ces dernières années, les accusations de violences policières couplées à celles de racisme ont rebondi dans le sillage de l’indignation mondiale suscitée par la mort de George Floyd.

Familles de victimes de violences policières réunies en un groupe invité à “se promener sur le Champ-de-Mars, en respectant les gestes barrières, à prendre une photo devant la Tour Eiffel” avec les hashtags #LaisseNousRespirer, #JusticePourToutesLesVictimes et # Pas de justice pas de paix.

Ces appels à manifester “ont été lancés sur les réseaux sociaux (…) sans aucune déclaration préalable à la préfecture de police”, a indiqué le préfet de Paris dans un communiqué, rappelant que l’état d’urgence sanitaire qui prévaut actuellement en France interdit tout rassemblement de plus de dix personnes dans l’espace public.

Un total de 23300 personnes ont manifesté samedi en France, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Mardi déjà, une manifestation interdite avait réuni à Paris au moins 20000 personnes à l’appel du comité de soutien familial d’Adama Traoré, un jeune noir décédé en 2016 après son arrestation par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Vald-d «Oise).

Des appels à l’assemblée ont également été lancés dans d’autres villes de France.

Taux d’incarcération aborigène élevé en Australie

L’Australie a été la première à ouvrir le bal de l’indignation mondiale samedi. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à travers le pays, brandissant des banderoles «Je ne peux pas respirer», faisant référence à la phrase prononcée par George Floyd, dont le cou a été obstrué pendant près de neuf minutes par son genou. un policier blanc qui l’a arrêté pour un délit mineur.

Les organisateurs australiens déclarent que l’affaire n’a pas trouvé d’échos dans leur pays, sans se laisser décourager par l’appel du gouvernement à rester chez lui en raison de la crise sanitaire.

Ils ont dit qu’ils voulaient dénoncer le taux d’emprisonnement très élevé chez les aborigènes et la mort – plus de 400 au cours des trente dernières années – de membres de cette communauté alors qu’ils étaient détenus par la police.

À Sydney, le défilé a été autorisé quelques minutes avant le début, par une décision de justice révoquant une précédente interdiction. “Le fait qu’ils aient essayé de nous empêcher de parader donne envie aux gens de le faire encore plus”, a expliqué Jumikah Donovan, parmi la foule.

Au Royaume-Uni, la colère contre le “racisme camouflé”

A Londres (Royaume-Uni), un rassemblement de midi devait avoir lieu devant le Parlement, puis devant l’ambassade américaine dimanche, lorsque le gouvernement a demandé aux Britanniques de s’abstenir de manifester.

“Je comprends pourquoi les gens sont profondément bouleversés, mais nous sommes toujours confrontés à une crise sanitaire et le coronavirus reste une menace réelle”, a déclaré vendredi le ministre de la Santé, Matt Hancock. “Alors s’il vous plait, pour la sécurité de vos proches, ne participez pas aux grands rassemblements, y compris les manifestations, de plus de six personnes”, limite fixée pour les rassemblements à l’extérieur pendant l’isolement.

Plusieurs rassemblements ont eu lieu dans la capitale britannique au cours de la semaine écoulée, parfois marqués par des incidents avec la police. Des incidents qui ont ravivé la colère des personnes de couleur envers le “racisme camouflé” et les “abus” de la police qui, selon eux, sévissent dans leur pays.

Tunisie, Belgique, Allemagne

Un rassemblement a également eu lieu à Tunis où près de 200 personnes ont réclamé «la justice» et pouvoir «respirer» face au racisme, qui «étouffe».

“Ce fléau existe également en Tunisie”, a expliqué un responsable de l’association tunisienne de soutien aux minorités, alors que les migrants d’Afrique subsaharienne se disent souvent victimes d’agressions verbales et physiques dans le pays.

À Liège, dans l’est de la Belgique, 700 personnes ont défié l’interdiction et participé à une marche contre le racisme, selon la police.

Les joueurs du Bayern Munich, leader du championnat, ont également montré leur solidarité en s’échauffant samedi avec un t-shirt marqué “Carton rouge contre le racisme – BlackLiveMatters”, avant le match de Bundesliga contre Leverkusen.

Avec AFP





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