mort d’un deuxième manifestant, le centre de Minsk bouclé

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Les autorités bélarussiennes ont annoncé mercredi la mort d’un manifestant, qui avait été arrêté pour avoir manifesté contre la réélection du président Alexandre Loukachenko. Le centre-ville de Minsk a également été bouclé.

La répression se poursuit au Bélarus. Les autorités ont annoncé, mercredi 12 août, la mort d’un manifestant arrêté lors d’un rassemblement contre la réélection du président Alexandre Loukachenko. Il s’agit du deuxième décès enregistré depuis le début de ce mouvement de protestation violemment réprimé.

Le comité d’enquête, un organe d’enquête puissant, a déclaré qu’un homme de 25 ans est décédé dans un hôpital de Gomel (sud), après avoir été arrêté dimanche, lors d’une “manifestation non autorisée”. Selon cette source, qui ne précise pas la date exacte du décès, sa santé «s’est soudainement détériorée» pendant sa détention.

Les affrontements ont également fait un mort à Minsk et la police a déclaré avoir ouvert le feu à balles réelles à Brest (sud-ouest), faisant un blessé.

La capitale bouclée

Dans l’hyper-centre de la capitale, les stations de métro ont été fermées mercredi soir et la circulation totalement interdite. De nombreux policiers ont également été déployés dans plusieurs rues principales.

Près de la gare de l’Ouroutché, au nord-est de Minsk, des manifestants qui formaient une chaîne humaine ont été dispersés et battus par la police, au milieu de cris, selon un journaliste de l’AFP.

Des dizaines de femmes ont également formé des chaînes humaines dans d’autres parties de la capitale pour dénoncer la répression policière visant les manifestations contre la réélection, le 9 août, du président Alexander Lukashenko, au pouvoir depuis 26 ans.

>> Lire aussi: “S’il y a un changement en Biélorussie, c’est parce que le Kremlin aura débranché Loukachenko”

“Tu es aussi le fils de quelqu’un!” Des pancartes proclamées portées par une cinquantaine de manifestants, vêtus de blanc, dans la rue Surganov, une artère généralement très fréquentée de la capitale, ce soir presque vide.

Près de 6000 arrestations

Au cours des trois nuits de manifestations précédentes, les forces de sécurité ont arrêté quelque 6 000 personnes à travers le pays, sans que l’on sache combien sont toujours détenues.

Depuis dimanche soir, la police utilise des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc contre les manifestants et au moins 250 blessés ont été admis à l’hôpital. L’accès à Internet a également été gravement perturbé.

De nombreuses scènes de passages à tabac de manifestants ont été diffusées sur les réseaux sociaux, tandis que le président Loukachenko a qualifié les manifestants de “chômeurs avec un passé criminel”.

La télévision d’Etat biélorusse a publié mercredi un rapport montrant six jeunes manifestants présumés, menottés et aux visages enflés, disant à la caméra qu’ils “ne voulaient pas révolutionner”.

Macron préoccupé par la situation

Les voisins de la Biélorussie, de la Lettonie, de la Lituanie et de la Pologne, ont présenté mercredi un plan prévoyant la création d’un “conseil national” réunissant des représentants du gouvernement biélorusse et de la société civile, sous peine de sanctions de Bruxelles.

Le président français Emmanuel Macron a exprimé sa “très grande inquiétude”. Le ministre américain des Affaires étrangères Mike Pompeo, la chancellerie allemande Angela Merkel et le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme ont également dénoncé la répression.

Le ministère bélarussien de l’Intérieur, pour sa part, a estimé que la mobilisation des manifestants était désormais en baisse.

La rivale du président Loukachenko, l’opposante Svetlana Tikhanovskaya, a remporté la victoire, avant de quitter la Biélorussie pour la Lituanie, dans la nuit de lundi à mardi. Un départ sous la menace des autorités, selon ses partisans.

Selon le Comité d’Helsinki au Bélarus, une ONG de défense des droits de l’homme, il n’y a jamais eu de répression contre “une telle violence” dans le pays.

Plus de 80% des voix

Selon les résultats officiels de l’élection présidentielle, Alexandre Loukachenko a obtenu plus de 80% des voix, un score fantaisiste, affirment ses détracteurs, qui estiment au contraire que Svetlana Tikhanovskaya, crédité de 10% des voix, a gagné.

Cette dernière ne s’est pas exprimée depuis sa vidéo de mardi annonçant son départ précipité pour la Lituanie. Selon ses partisans, elle a subi des menaces lorsqu’elle a été détenue pendant des heures par les forces de sécurité lundi.

Alexander Lukashenko, 65 ans, n’a jamais laissé aucune opposition s’imposer. La précédente grande vague de protestation, en 2010, avait également été sévèrement réprimée.

Svetlana Tikhanovskaïa, une novice politique de 37 ans, a mobilisé des dizaines de milliers de personnes en quelques semaines, une ferveur politique que la Biélorussie n’avait jamais connue.

La mère au foyer a remplacé son mari Sergei, un blogueur vidéo de premier plan, après son arrestation en mai alors qu’il gagnait en popularité.



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