Négociations diplomatiques intenses autour d’un conflit libyen de plus en plus internationalisé

0
93



Publié le: Modifié:

La guerre en Libye est au centre d’une hyperactivité diplomatique due aux tensions internationales, notamment entre la France et la Turquie, et régionales, tandis que l’Egypte a menacé d’intervenir directement dans le conflit.

Le conflit en Libye est au cœur d’intenses négociations diplomatiques, alors que la tension a augmenté crescendo ces derniers jours entre la France et la Turquie. Les deux pays s’accusent mutuellement d’avoir contribué à la détérioration d’une situation déjà très compliquée.

C’est dans ce contexte que le président Emmanuel Macron et son homologue russe Vladimir Poutine, qui doivent se réunir vendredi après-midi par visioconférence, aborderont, entre autres, le conflit en Libye.

Une guerre dans laquelle Moscou est l’un des principaux acteurs étrangers, par son soutien aux forces du maréchal Haftar, également soutenu par l’Égypte et les Émirats arabes unis, contre les forces du gouvernement de l’Union nationale libyenne (GNA), reconnues par le ONU et soutenu par Ankara.

Escalade verbale franco-turque

Le président Emmanuel Macron a grimpé d’un cran plus tôt cette semaine dans l’escalade verbale avec la Turquie, dénonçant le “jeu dangereux” d’Ankara en Libye. Paris critique notamment Ankara pour avoir armé massivement les forces du GNA et pour avoir envoyé des milliers de mercenaires syriens sur le terrain, en violation de l’embargo sur les armes décidé par les Nations Unies.

Les Turcs, dont l’intervention directe dans le conflit a scellé l’échec de l’offensive du maréchal lancée en avril 2019 sur la capitale Tripoli, accusent les Français de soutenir le “pustchiste” Haftar.

Paris a également activé la carte européenne en demandant mercredi à Bruxelles de regarder “sans tabou” ses relations avec la Turquie, membre de l’OTAN.

“Des clarifications sont nécessaires sur le rôle que la Turquie entend jouer en Libye”, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui estime que “renforcer son poids” dans ce pays “se traduit par le fait que les Russes renforcent le leur” aux côtés Le maréchal Haftar. Et par conséquent compliquer toute perspective de cessation des hostilités, en provoquant au contraire “une syrianisation” de la Libye.

D’autant plus que la France prend au sérieux les menaces récentes de l’Égypte, qui avertissait que toute avancée du pro-GNA vers Syrte, verrouillage stratégique vers l’Est et le fief du maréchal Haftar, pourrait conduire à une “intervention directe” du Caire. Commentaires considérés comme une “déclaration de guerre” par le GNA.

L’Italie craint la partition du pays

Alors que le conflit continue de s’internationaliser, l’Italie, ancienne puissance coloniale en Libye, craint la partition d’un pays plongé dans l’instabilité depuis la chute et la mort du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011.

Le ministre italien des Affaires étrangères Luigi di Maio, en visite éclair à Tripoli mercredi, a rencontré le Premier ministre Fayez al-Sarraj, avec qui il a convenu “de la nécessité de reprendre le processus politique et de la fin des ingérences étrangères négatives”. Un qualificatif qui permet au GNA d’épargner la présence de la Turquie, considéré comme un allié stratégique depuis la signature d’un accord “coopération militaire et sécuritaire” en novembre 2019, à Istanbul par Recep Tayyip Erdogan et Fayez al-Sarraj

“Nous ne pouvons pas nous permettre de partitionner le pays. C’est pourquoi nous sommes d’abord allés à Ankara”, ont indiqué au journal des sources proches du ministre italien, qui s’est rendu en Turquie le 19 juin. Il Messaggero.

Le GNA scelle le communiqué de presse de la Ligue arabe

Par ailleurs, la Ligue arabe, qui peine à se faire entendre sur cette question, a appelé de son côté, mardi, au retrait de la Libye des troupes étrangères et à l’ouverture de pourparlers pour mettre fin au conflit.

C’est à la demande de l’Égypte que la Ligue arabe a tenu une réunion de vidéoconférence sur le conflit, à laquelle ont assisté des représentants de 21 pays arabes, dont le GNA, qui avaient initialement refusé l’invitation du Caire.

Dans un communiqué, la Ligue arabe a déclaré “rejeter toute intervention étrangère illégitime” en Libye et a appelé au “retrait de toutes les forces étrangères du territoire de la Libye et de ses eaux territoriales”.

Là aussi, le représentant du GNA, Saleh al-Shemakhy, a exprimé des réserves sur l’appel de la Ligue, déclarant que les forces étrangères (Turquie) qui soutiennent le GNA ont contribué à repousser “l’agression” des forces du maréchal Haftar.

Avec AFP



Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici