“Notre agence garantit un trafic aérien plus flexible et permet aux compagnies aériennes d’économiser du carburant” – L’innovation au service de l’information pour mieux informer.

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En exclusivité, notre agence de presse livre ici l’interview exclusive qui lui a été accordée par la DG de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar sortant? L’ASECNA, non sans celle-ci, décline les défis et les perspectives attachés à la gestion du ciel africain tout en permettant aux États membres d’avoir des ressources humaines chevronnées pour la référence et ainsi leur éviter des catastrophes aériennes coûteuses à plus d’un titre.

(App) -Quand vous atteignez la fin de votre mandat, quelle évaluation pouvez-vous en faire?

Mon évaluation peut être construite sur les quatre axes suivants:

Technologiquement et opérationnellement,

– la mise en place d’un guidage radar qui permet aujourd’hui à l’Agence de rendre un service de contrôle du trafic aérien plus flexible et de permettre aux compagnies aériennes d’économiser du carburant;

– la mise en place de l’ADS-B, qui assure la surveillance de l’ensemble de l’espace aérien (16 millions de kilomètres carrés) géré par notre Agence; qui a valu à l’ASECNA la reconnaissance de l’arène mondiale des fournisseurs de services de navigation aérienne (CANSO);

– des études très avancées dans la mise en œuvre du SBAS qui ont conduit l’OACI à établir l’ASECNA en tant que prestataire de services SBAS pour l’Afrique;

Au niveau stratégique, la promotion du ciel unique pour l’Afrique (CUPA) qui permettra à terme d’unifier l’ensemble de l’espace aérien africain en termes de contrôle de la navigation aérienne;

En termes de ressources humaines et de relations professionnelles, un bilan social très apprécié;

Sur le plan financier, la reprise des finances de l’Agence qui, il est bon de le rappeler, était en mauvais état lors de ma prise de fonction en janvier 2017. Cela a pour corollaire le regain de confiance des bailleurs de fonds avec le financement en cours PSE 2018-2022 qui s’élève à plus de 400 milliards de FCFA.

(App) -En plus de ce terme induit l’ouverture d’un nouveau mandat qui appelle à des candidatures plurielles et y compris la vôtre, pensez-vous que vous pouvez postuler pour un autre?

Je voudrais tout d’abord remercier le Président de la République du Niger, Son Excellence Issoufou Mahamadou, pour la confiance renouvelée en ma modeste personne, en présentant ma candidature à un second mandat à la tête de l’Agence. Je remercie également Son Excellence le Président Macky Sall, Chef de l’État du Sénégal et Son Excellence Umaro Sissoco Embaló, Chef de l’État de Guinée Bissau pour leurs décisions de parrainer ma candidature.

Le choix et le parrainage de ma personne pour solliciter à nouveau la direction générale de l’ASECNA découle de la satisfaction des résultats de mon mandat actuel, par les trois chefs d’État. Compte tenu de ces considérations, je me vois poussé à solliciter un deuxième et dernier mandat afin de consolider l’ancrage panafricain de l’Agence, d’établir solidement la mission de prestataire de services SBAS pour l’Afrique et enfin de continuer à renforcer les fondamentaux économiques et les ressources financières de l’Agence, en particulier au cours de la période postérieure à 19 ans. Ce sont trois défis majeurs qui justifient à eux seuls l’intérêt d’un second mandat.

(App) -Au-delà des défis diplomatiques généralement basés sur votre expérience, pouvez-vous voir un favori pour le poste que vous avez occupé jusqu’à présent?

C’est la prérogative des États de désigner, parmi les candidats, celui qui leur semble le plus qualifié pour diriger l’ASECNA, une organisation internationale qui fait déjà la fierté de l’Afrique dans un domaine stratégique et de haute technologie. Il faut savoir que les notions de compétences, de sens du commandement et de qualité du projet pour l’Agence sont déterminantes. J’ai l’avantage d’avoir un bilan sur lequel se base le choix de mon pays, le Niger, pour réappliquer ma candidature. En effet, les textes en vigueur prévoient un mandat de quatre (4) ans, renouvelable une seule fois. Fort de mes quarante-cinq (45) années d’expérience en aéronautique, je pense avoir un dossier solide pour relever ce défi. Je profite de cette occasion pour remercier mes équipes et l’ensemble du personnel de l’ASECNA, qui m’ont aidé à réussir ce premier mandat.

(App) -Est-il possible de penser que le siège sous-régional induit un avantage pour un candidat originaire du pays qui le abrite?

L’ASECNA ne s’est jamais retrouvée dans l’hypothèse que vous évoquez. Le Sénégal a toujours attaché une très grande importance à l’ASECNA sans jamais avoir à présenter de candidat. Et cela, bien que les textes ne l’interdisent pas. En tout état de cause, tous les candidats doivent s’adresser à chaque État membre qui a le même pouvoir de nommer le directeur général que les autres. Chaque pays a une voix. L’élection du directeur général de l’ASECNA est un modèle de démocratie achevé depuis 1998, début du système des candidats pluralistes. Chaque fois, il y a au moins trois candidats et souvent cinq (5) candidats. Lorsque j’ai été élu en 2016, il y avait cinq candidats: le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Niger. Mon profil avait été jugé parfait et pour la première fois une élection avec plusieurs candidats a été remportée au premier tour de scrutin. J’espère répéter cet exploit.

(App) -Avec la pandémie de Covid-19, le trafic aérien a été gravement perturbé, peut-on imaginer qu’il sera rapidement saturé par la reprise des vols commerciaux dans nombre de vos pays membres qui ont également adopté la libération de leur espace aérien? Dans cette éventualité, que prévoit votre corps de faire avec le commutateur ciel?

L’ASECNA est prête à tout moment pour une reprise complète du trafic aérien. Nous avons le bon personnel qualifié et le bon équipement technique. Une saturation du trafic aérien n’est donc pas une option à court, moyen et long terme.

De plus, depuis et malgré le déclenchement de cette pandémie, nous avons continué à assurer, avec régularité et professionnalisme, notre mission souveraine de fournir des services de sécurité du trafic aérien dans tout l’espace aérien confié par les États membres.

Interview réalisée par Nyobe Nyobe pour (App)



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