«N’oublions pas que l’effondrement des institutions maliennes en 2012 a presque ouvert la voie au contrôle du pays par des organisations terroristes et criminelles», a déclaré SEM. Issoufou Mahamadou – Le Sahel

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<< Excellences, chefs d'État et de gouvernement,

M. Goodluck Jonathan, ancien Président de la République fédérale du Nigéria,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO,

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de présenter mes sincères condoléances à notre frère et ami, Alassane Dramane Ouattara, à la suite du décès, le 8 juillet 2020, de son Premier ministre, M. Amadou Gon Coulibaly. Toute notre organisation commune est solidaire avec lui dans cette lourde épreuve. En mémoire de l’illustre défunt, je vous demande d’observer une minute de silence.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais vous exprimer mes remerciements pour votre participation à cette session extraordinaire de notre Sommet, que la pandémie COVID-19 nous oblige à tenir par visioconférence. Un seul point est à l’ordre du jour de cette visioconférence: la situation au Mali, qui connaît une quadruple crise, sécuritaire, sanitaire, économique et politique.

Permettez-moi de rappeler que la crise politique, dans ce pays frère, a été déclenchée par l’arrêt de la Cour constitutionnelle sur les élections législatives de mars et avril 2020. C’est bien sur cette base qu’est né un mouvement de contestation qui réclame, entre autres choses, la démission du Président de la République, qui est contraire aux dispositions du Protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance, dispositions qui constituent des principes constitutionnels communs à tous les Etats membres. Il est bon d’insister ici sur le caractère supranational de ce protocole qui s’impose à tous les gouvernements et institutions des pays de notre espace. C’est le cadre juridique qui justifie les missions dépêchées par la CEDEAO à Bamako, dont la dernière, avant celle des chefs d’État, était dirigée par l’ancien président du Nigéria, Son Excellence M. Goodluck Jonathan, nommé médiateur et que je salue et félicite, pour l’excellent travail accompli. J’associe à ces félicitations le Président de la Commission de la CEDEAO ainsi que les Ministres des Affaires étrangères du Nigéria, de la Côte d’Ivoire et du Niger. Le résultat de leur travail a été une contribution inestimable à la préparation et à la conduite de la mission des chefs d’État que j’ai conduit à Bamako le 23 juillet. Je salue et remercie les présidents Alassane Dramane Ouattara, Muhammadu Buhari, Nana Akuffo-Ado et Macky Sall, pour ayant consacré une partie de leur temps précieux à cette mission.

Je voudrais également réitérer mes remerciements au Président Ibrahim Boubacar Keita, au peuple malien, à la classe politique malienne et à la société civile pour leur disponibilité et pour la chaleureuse hospitalité dont bénéficie notre délégation. Les échanges francs que nous avons eu avec tous les interlocuteurs nous ont permis de mieux comprendre la situation qui prévaut dans ce pays frère.

Mesdames et Messieurs,

Notre rencontre aujourd’hui est pour vous rendre compte de notre mission. Après analyse de la situation, il appartient à notre Sommet d’adopter une Déclaration forte qui recommandera, sur la base des principes qui régissent notre organisation en matière de prévention, de gestion et de résolution des conflits, des solutions fortes pour sortir de la crise . rapide au Mali.

Le temps presse et les risques sont grands. N’oublions pas d’apprendre du passé. N’oublions pas que l’effondrement des institutions maliennes en 2012 a presque ouvert la voie au contrôle du pays par des organisations terroristes et criminelles. N’oublions pas que le Mali, comme les autres pays du Sahel et du bassin du lac Tchad, est en guerre, une guerre qui est l’une des conséquences de la crise de 2012, prouvant ainsi que l’effondrement d’un État dans un pays, ne pas facturer les frais uniquement à ce pays mais à tous ses voisins et même au-delà. Cette vérité est bien illustrée par la crise libyenne suivie de la crise malienne, qui ont toutes deux permis au terrorisme de prendre pied au Sahel.

Le terrorisme et la pauvreté sont les principaux ennemis du peuple malien. Créons donc les conditions pour que les Maliens concentrent leurs efforts dans la lutte pour sortir le pays des crises sécuritaire, sanitaire et économique.

Mesdames et Messieurs,

La situation au Mali nous interpelle. Il faut donc sortir de ce Sommet Extraordinaire avec des solutions durables et des décisions fortes, capables de garantir la stabilité du Mali et donc de la région. La situation nous concerne tous, mais elle concerne avant tout tous les Maliens. Cette situation exige d’eux un saut national. Il exige l’union sacrée de tous les Maliens. Nous avons le devoir de créer les conditions!

Le Mali a aujourd’hui besoin d’une Assemblée nationale conforme aux résultats des élections législatives, d’un gouvernement d’unité nationale, d’une nouvelle Cour constitutionnelle, d’une enquête sur les événements des 10, 11 et 12 juillet 2020, ainsi que de la mise en œuvre rapide de la conclusions du dialogue national. Le peuple malien a également une autre attente très forte: la libération de l’honorable Soumaila Cissé, enlevée en mars dernier par des organisations terroristes. Ce sont autant de points qui feront l’objet des délibérations de ce Sommet extraordinaire, dont je déclare les travaux ouverts.

Je vous remercie. “.



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