“Nous aimerions que la fin de la récréation soit sifflée”, reconnaît Jonathan Best

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Jonathan Best, comment avez-vous vécu ces dernières semaines spéciales avec le confinement, puis la prise de contrôle éventuelle du club?

J’ai vécu l’internement comme tout le monde. Ce fut une période assez stressante car vous pouvez risquer votre vie. Pour ma part, j’ai vécu un confinement assez strict, je suis resté avec ma famille. Derrière, nous avons continué avec des nouvelles qui ne sont pas vraiment rassurantes pour les joueurs. On ne sait pas à quoi ressemblera l’avenir d’ASBH. Nous avons recommencé aujourd’hui et nous ne savons pas comment les choses se passent. On aimerait juste se fixer, savoir avec qui et comment on va travailler pour se concentrer sur le sportif. Pour ma dernière saison professionnelle, je veux juste profiter et vivre de belles choses. Nous voulons savoir comment les choses se passent et avec qui nous allons travailler, et nous concentrer sur ce que nous pouvons faire de mieux, c’est-à-dire jouer au ballon.

Avez-vous été régulièrement informé par vos dirigeants?

Oui, nous avons eu plusieurs vidéoconférences. Il s’agissait également de discuter du protocole de récupération mis en place par les médecins de la Ligue, de savoir à quelle date nous allions reprendre et ce que nous allions faire. Inévitablement, avec tout ce qui est sorti dans la presse, le président Valaize a voulu répondre un peu à nos questions. Mais c’était en quelque sorte la loi du silence. Entre ce que nous avons lu et ce qu’on nous a dit, nous avons eu l’impression que ce n’était pas la même chose. A plusieurs reprises, il nous a rassurés en disant qu’il n’était pas dans son intérêt de nous mentir. Beaucoup de joueurs ont été surpris et m’ont téléphoné. En tant que capitaine, j’ai essayé de recueillir des informations pour avoir les tenants et aboutissants, jusqu’à ce que j’aie un entretien avec le maire (Robert Ménard) car il faisait partie des discussions. J’ai rassemblé les informations et les ai données aux joueurs. Nous n’avons pas été consultés, mais nous ne sommes ni les propriétaires du club ni les futurs propriétaires. Nous n’avons pas nécessairement à nous demander notre avis. Mais un changement de direction peut provoquer beaucoup de choses, en particulier sur les contrats, les joueurs peuvent ne pas être gardés. C’est vraiment flou. Aujourd’hui, nous avons redécouvert le plaisir de l’entraînement mais nous nous demandons comment il évoluera le mois prochain.

Comment s’est passé votre rendez-vous avec Robert Ménard?

Je voulais avoir tous les sons. Je pensais que c’était mon rôle de capitaine. Avec 40 joueurs, vous pouvez avoir 40 informations différentes. Je me suis permis d’appeler les présidents de club, j’avais aussi Christophe Dominici au téléphone. J’ai demandé un entretien avec le maire et j’ai également échangé avec des journalistes et des agents de joueurs pour comprendre comment les choses se passaient. Tout le monde n’a pas dit la même chose, et vous devez faire le tri. Ce que nous voulons vraiment défendre, c’est l’institution de l’ASBH, un club avec une histoire. Peu importe qui sont les patrons, nous voulons aller de l’avant avec ce club et passer une bonne saison. Tout le monde veut que Béziers redevienne une grande puissance du rugby français. On sait que dans les petites villes, les moyens financiers sont moins importants. Moi, j’ai 37 ans et ce sera ma dernière saison. Je pense notamment aux plus jeunes du groupe qui s’interrogent sur leur avenir. Nous voulons que les choses avancent dans la bonne direction et que ce club continue d’exister dans le rugby professionnel français.

Christophe Dominici, qui dirige le projet d’investisseur des EAU, a multiplié les réunions et les appels téléphoniques. Que vous a-t-il dit lors de votre échange?

C’était assez court. Je ne sais pas si ce sont des gens du club qui lui ont demandé de me téléphoner en tant que capitaine et donc représentant des joueurs. Il voulait me rassurer sur beaucoup de choses, y compris certifier qu’il ne ferait rien avec les joueurs. Derrière eux, des familles, des enfants. Il est conscient de tous les intérêts économiques que cela représente. J’étais plutôt rassuré. Est-ce à dire que cela se produira? Nous ne savons pas. Ce sont les avocats qui gèrent tout. Depuis les accords de confidentialité, plus aucune information ne sort. C’est encore plus inquiétant. Nous attendons l’épilogue de cette histoire.

Nous mentionnons également un éventuel changement de personnel…

Oui, c’est compliqué car le staff actuel a déjà programmé les matchs amicaux et la reprise du championnat en septembre. Dans leur tête, ils sont là. Et s’il doit y avoir des changements, il faut souligner leur professionnalisme car ils ont travaillé comme s’ils allaient rester. Mais, encore une fois, nous ne savons pas à quoi ressemblera l’avenir. On évoque la date de mi-juillet pour la reprise du club mais cela ne semble pas forcément le bon moment pour changer. Mais nous ne contrôlons pas et nous souffrons de la situation. Je veux que notre équipe se concentre uniquement sur leurs matchs, comment les préparer et les gagner. Le fait de se voir un peu au stade donnera une nouvelle dynamique. Mais c’est vrai que c’est une ambiance un peu particulière. Les gars ont fait attention pendant l’accouchement et personne n’a attrapé le Covid-19. Tout le monde attend avec impatience la reprise des matchs. Nous aimerions que la fin de la récréation soit sifflée et qu’on nous dise avec qui nous allons partir.





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