«Nous tournons autour d’un taux d’imposition de 50%» – Le Sahel

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Monsieur le maire, pouvez-vous nous présenter la Commune urbaine de Mirriah?

La Commune Urbaine de Mirriah a été créée le 27 juin 1988. C’est donc une Commune qui a trente ans d’existence; c’est la seule commune urbaine des huit communes qui compte le département de Mirriah et c’est aussi le chef-lieu dudit département. Elle est limitée à l’est par la commune de Hamdara, au nord par les communes de Zemou et Gafati, au sud par les communes de Gouna et Wacha dans le département de Magaria et à l’ouest par la commune de Koléram.

Lors du dernier recensement général du logement et de la population en 2012, la municipalité urbaine de Mirriah comptait 80 126 habitants; avec la projection du taux d’augmentation, en 2020, nous sommes environ 105 000 habitants. En termes de composition ethnique, il y a principalement des Hausa, Zarma, Peulhs, Beriberis, Touaregs et Toubous.

Pour les activités économiques, l’agriculture est la principale car c’est une commune qui regorge de nombreux potentiels agricoles; il y a aussi l’élevage, le commerce, l’artisanat dans lequel le secteur Mirriah est reconnu pour sa poterie qui est l’une des grandes activités que pratiquent nos femmes. A noter que nous avons un Conseil municipal de 21 membres dont 14 élus (dont 2 femmes) et sept membres d’office (le chef de canton de Mirriah, les dirigeants des groupements Peulh et Touareg ainsi que les 4 élus nationaux de la municipalité de Mirriah).

Monsieur le maire, de quoi votre municipalité a-t-elle bénéficié en termes de modernisation soit par le biais du programme triennal «Zinder Saboua», soit de 2011 à 2020?

Quant à “Zinder Saboua”, nous n’avons pas la situation exacte; sinon, nous avons envoyé tous nos besoins. Comme nous l’avons dit, c’est un chantier qui dure trois ans; c’est par ordre de priorité: pour le moment, la ville de Zinder est prioritaire puis les Communes et autres départements vont suivre.

En termes d’infrastructures, pendant les termes de Son Excellence Elhadj Issoufou Mahamadou, Président de la République, on peut dire Alhamdou lillah! Premièrement, nous n’avons jamais eu de route goudronnée, sinon pendant ce régime; vous avez vu la route Zinder-Mirriah-Guidimouni-Moussari; ensuite, nous avons bénéficié, toujours dans le même projet, de deux ponts à Bilmari. Ces deux ponts valent 250 millions de francs CFA. Nous construisons une antenne départementale de la police nationale moderne au coût de 170 millions de francs. De plus, nous avons bénéficié de la construction d’un marché de semi-gros financé par PRODAF au coût de 600 millions d’euros. Nous avons bénéficié de l’éclairage public grâce à l’installation de 118 lampadaires solaires dans les rues et les lieux publics de la ville. De plus, des extensions du réseau Nigelec sont en cours. Il y aura également la construction d’une direction départementale de la protection civile. En perspective également, nous avons la construction du 3e pont qui reliera les deux grands quartiers de la ville de Mirriah.

Pour l’extension du réseau d’eau potable, le projet Zinder-Ganaram a également bénéficié à la municipalité de Mirriah; nous avons juste eu un supplément de 18 m3 / heure. En termes d’infrastructures, toutes les écoles de Mirriah (primaire et secondaire) ont bénéficié des blocs de classes du programme Renaissance. Au CEG 3 de Mirriah, ce sont même des blocs par étapes. Et, partout dans les villages de la Commune, les écoles ont bénéficié de ces investissements.

Avez-vous prévu un mécanisme de maintenance et de gestion de ces infrastructures?

Vous ne pouvez pas construire une telle infrastructure sans prévoir sa maintenance. Si l’on prend le cas des établissements d’enseignement, c’est automatique: l’État et les comités de gestion de ces établissements assurent l’entretien. Sur le marché de la semi-vente en gros, il existe un comité appelé “Hadin gyawa” qui s’occupe de l’entretien et même de la gestion du marché. C’est même une gestion que l’on fait de ce marché: la Commune, le comité ainsi qu’une administration composée d’un directeur général, d’un comptable et d’ouvriers recrutés… Même si l’Etat n’a pas prévu de fonds pour l’entretien, comme autorités, en tant que gestionnaires, nous ne pouvons pas croiser les bras face à ce défi. Mais même cet hôtel de ville où nous sommes, qui a été construit en 2012 pour 34 millions de francs (financement PAC 3 et fonds propres), nous le maintenons nous-mêmes en tant que conseil municipal.

Qu’en est-il de la collecte des impôts à Mirriah?

Comme dans de nombreuses communes, l’incivisme fiscal est une préoccupation dans la municipalité urbaine de Mirriah. Cela bloque quelque peu le bon fonctionnement de la ville. Nous avons du mal à mobiliser les ressources propres de la Commune: nous oscillons autour de 50% de taux d’imposition. Nous anticipons 20 millions de francs pour la taxe communale et nous en collectons à peine 7 millions! Nous sensibilisons davantage les contribuables car nous avons entamé la décentralisation avec le transfert de certains pouvoirs et ressources de l’Etat aux Communes auxquelles la population doit contribuer.

Réalisé par Sani Soulé Manzo (onep)



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