nouvelles règles de santé, enseignants en alerte

0
159



À partir du mardi 1er septembre, les élèves des collèges et lycées retourneront en classe. Alors que l’épidémie de coronavirus rebondit en France, certains enseignants s’interrogent sur les conditions de cette rentrée sans précédent, marquée par un resserrement du protocole sanitaire.

En France, le nombre d’infections à coronavirus est en hausse depuis plusieurs semaines, mais la rentrée scolaire aura lieu mardi 1er septembre. Affirmant que “l’éducation est plus importante que jamais”, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a assuré, jeudi 20 août, que les élèves seront accueillis tous les jours en classe. Il a également annoncé que la rentrée scolaire serait marquée par des règles sanitaires plus strictes, notamment en ce qui concerne le port du masque.

Auparavant, cela était obligatoire lorsque la distanciation physique ne pouvait pas être respectée, désormais, le masque doit être porté par les adultes et les étudiants de plus de onze ans, dans des lieux fermés, même si la distanciation physique est assurée. Dans les espaces extérieurs, cette règle évoluera en fonction de “l’appréciation locale”, a précisé le ministre.

Le masque sera fourni par les écoles aux professeurs, les élèves devront se le procurer eux-mêmes.

Possibilité de retirer le masque, sous condition

Le ministre a précisé que les enseignants pourront, en cas de distance de deux mètres des élèves, retirer le masque pour enseigner. La dernière version du protocole de santé faisait référence à une distance d’un mètre. “Si cela interfère avec le cours, cette possibilité existe. Le port d’un masque peut être une contrainte pour les enseignants, surtout lorsqu’ils doivent parler pendant des heures”, explique Jean-Michel Blanquer.

Dans les espaces fermés (cantines, bibliothèques ou même salles de classe), la mise à distance physique ne sera plus obligatoire lorsqu’elle n’est “physiquement pas possible ou lorsqu’elle ne permet pas d’accueillir tous les élèves”. Le même principe prévaut dans les espaces extérieurs, par exemple dans la cour de récréation.

Selon le protocole, cependant, l’espace doit être réaménagé afin de “maintenir la plus grande distance possible entre les élèves”.

Malgré cette intervention, les professeurs des collèges et lycées s’interrogent sur les conditions de cette rentrée scolaire. Au lendemain de ces annonces, Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, a dénoncé sur LCI “beaucoup d’imprécision sur l’organisation” de la rentrée scolaire. “Beaucoup de choses ne sont pas prêtes et ne sont pas clarifiées”, a-t-il ajouté. Quelques jours avant la déclaration de Jean-Michel Blanquer, le syndicat SNUIPP-FSU, la première organisation de l’école primaire, avait demandé un report de la rentrée scolaire de quelques jours afin que les enseignants puissent s’y préparer. Une demande refusée par le ministre.

Des professeurs en quête d’éclaircissements

Depuis l’annonce de ces grandes orientations, les enseignants s’impatientent. “Nous n’avons aucune information pour la rentrée scolaire, à part ce que le ministre [de l’Éducation nationale] dit la télévision “, regrette Caroline Louet, professeur d’histoire et de géographie au lycée Paul-Louis Courier, à Tours, en Indre-et-Loire, contactée par France 24.

Un manque de communication également dénoncé par Sullivan Caristan, professeur de français au collège Jean-Jaurès, à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. «Je suis inquiet, en imaginant le stress que nous allons subir face à ce manque de visibilité et à ce manque de consignes claires», se plaint-il. “On nous donne les principaux objectifs mais pas le mode d’emploi”, ajoute ce professeur, interrogé par France 24.

>> À lire aussi: Éducation: la pandémie de Covid-19 a aggravé les inégalités dans le monde

Si tous les élèves seront présents en classe, il est difficile pour ces enseignants d’imaginer à nouveau leurs classes pleines, dans un contexte de reprise épidémique. «Les élèves changent de chambre car depuis la réforme de l’école, ils sont répartis en différents groupes de spécialités», explique Caroline Louet, qui craint «un brassage des élèves».

Contact physique inévitable

En dehors des salles de classe, limiter les contacts physiques peut être difficile à mettre en œuvre. «Dans les couloirs, les élèves se touchent et se bousculent», décrit ce professeur, qui devrait accueillir une trentaine de lycéens à chaque classe.

Avec autant d’élèves dans les classes, le respect de l’hygiène des mains sera aussi un défi à relever, notamment en termes de ressources. Sullivan Caristan estime, par exemple, qu ‘”il n’y a pas assez de toilettes” dans son établissement et qu’ “elles ne sont pas en bon état”. De son côté, Caroline Louet craint «une perte de temps» si les élèves doivent se laver les mains au début et à la fin de chaque cours.

Les enseignants devront également habituer leurs élèves à porter le masque obligatoire. «Ce sera compliqué de se faire entendre et comprendre les interventions des élèves», précise Caroline Louet. Une contrainte encore plus problématique lors des cours de langues étrangères. “Pour apprendre la prononciation en espagnol, le masque ne sera pas idéal, surtout pour ceux qui débutent”, abonde Clémence Garcia, professeur d’espagnol au collège Les Plaisances, à Mantes-la-Ville, dans les Yvelines, contactée par France 24.

“Les étudiants doivent retourner à l’école”

Pour ces enseignants, le retour de leurs élèves en classe reste un soulagement. «J’ai des élèves qui connaissent des difficultés sociales et familiales. Je préfère donc qu’ils soient le plus nombreux possible dans mes cours plutôt que d’être à la maison», explique Sullivan Caristan. «Les élèves doivent reprendre les cours car beaucoup ont été laissés de côté pendant la garde», relève, de son côté, Clémence Garcia.

Après la rentrée scolaire, ces conditions d’accueil des élèves pourraient évoluer. “S’il y avait une plus grande circulation du virus dans les temps à venir dans un territoire donné, alors nous pourrions prendre d’autres mesures, comme l’enseignement à distance, ou avec une faible présence avec de plus petits groupes d’étudiants”, a averti le ministre de l’Éducation. Le 26 août, Jean-Michel Blanquer devrait à nouveau s’exprimer sur l’organisation de la rentrée scolaire. Une intervention attendue par des professeurs inquiets, quelques jours avant la reprise des cours.



Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici