nuit de tension à Dijon, théâtre de violents affrontements

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Lundi soir, la police a dû disperser des hommes cagoulés et armés voulant défendre leur quartier des Grésilles, après un week-end marqué par des incidents entre gangs rivaux. Le ministère de l’Intérieur, Christophe Castaner, a promis la plus grande fermeté.

La tension monte à Dijon. Pour la quatrième soirée consécutive, dans une ville peu habituée à ce genre de troubles, des dizaines de cagoulés se sont rassemblés lundi 15 juin, dans le quartier sensible de Grésilles. Armés de barres de fer et d’armes de poing, certains ont tiré en l’air, détruit des caméras de vidéosurveillance et brûlé des poubelles et des véhicules, ont indiqué à l’AFP des sources policières.

Vers 20h30, 60 gendarmes mobiles, une quarantaine de CRS et des renforts de la brigade anti-criminalité (BAC), ainsi que du Raid, sont intervenus pour mettre fin aux violences. “Une centaine d’opposants” ont alors été confrontés à la police, a indiqué à l’AFP le préfet de Côte-d’Or, Bernard Schmeltz.

Des carcasses de poubelles et des voitures incendiées

L’intervention s’est terminée vers 22 heures, ne laissant que quelques carcasses incendiées de poubelles et de véhicules dans le quartier, qui étaient revenus au calme, a noté un journaliste de l’AFP. Quatre personnes ont été arrêtées, selon la préfecture.

Une équipe de journalistes de France 3 “a été prise à partie et son véhicule lapidé” et un chauffeur a été “attaqué et son véhicule jeté contre une barricade en feu”, selon la préfecture.

Selon le préfet Schmeltz, l’accusé n’appartenait pas à la communauté tchétchène, contrairement aux trois derniers jours où plusieurs dizaines voire des centaines d’entre eux s’étaient rassemblés dans le centre-ville de Dijon, puis à Grésilles, pour mener des attaques ciblées dans le cadre d’une apparente Règlement des comptes.

“Nous n’avons identifié aucune présence extérieure, ce sont des Dijonois”, a assuré le préfet au sujet des personnes réunies lundi soir.

Des sources policières ont déclaré que les nouvelles violences avaient été commises par des personnes qui voulaient défendre leur “territoire” contre les incursions répétées des Tchétchènes.

Des troubles “inacceptables” pour Christophe Castaner

Dans la soirée, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a jugé “inadmissibles” les “troubles violents à l’ordre public et les actes d’intimidation” de ces derniers jours, promettant “une réponse ferme”.

Lundi, un renfort d’un escadron de gendarmes mobiles, 110 soldats, a été dépêché sur place, où le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Laurent Nuñez, est attendu mardi.

Le procureur de Dijon, Eric Mathais, avait indiqué plus tôt lundi que “six blessés” avaient été enregistrés “au total en trois épisodes successifs (vendredi, samedi et dimanche soir)” sans arrestation. Une enquête a été ouverte, “notamment pour tentative de meurtre dans un gang organisé, dégradations, incitation à la violence”, en coopération entre la police judiciaire et la sécurité publique, selon lui.

Ces nouvelles tensions font suite à des expéditions punitives “complètement nouvelles” menées ce week-end par des membres de la communauté tchétchène. Selon la police, un premier raid a été lancé vendredi soir dans le centre-ville suite à l’agression, le 10 juin, d’un jeune homme de 16 ans de cette communauté.

Venge une “jeunesse de 16 ans” ans “, agressé par un concessionnaire

Dans une interview accordée au quotidien local Le Bien Public, un homme qui s’est présenté comme un Tchétchène ayant participé à l’expédition a confirmé que l’opération visait à venger un “garçon de 16 ans”, un membre de sa communauté qui aurait été “attaqué” par les concessionnaires.

Une cinquantaine de Tchétchènes, selon la police, sont rentrés cette nuit du samedi au dimanche cette fois dans le quartier des Grésilles, et le directeur d’une pizzeria a été grièvement blessé par balle, a précisé la même source.

Une troisième expédition a encore mobilisé, dans la nuit de dimanche à lundi, 200 Tchétchènes, également aux Grésilles, selon une source policière. Sur les réseaux sociaux, la vidéo d’un véhicule roulant à grande vitesse et heurtant une pente devant une foule d’hommes cagoulés avant de faire demi-tour a été largement relayée depuis lundi matin.

“Chaos inacceptable”

Les réactions politiques se sont succédées lundi soir. “Voir ce que nos dirigeants ont permis à notre beau pays de faire nous brise le cœur”, a tweeté Marine Le Pen, tandis que Jean-Luc Mélenchon dénonçait “un chaos inacceptable”. “Les gangs armés doivent être dissous. Les gangs désarmés”, a tweeté le chef de la France rebelle.

Avec l’AFP et Reuters





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