Obtention d’un permis de conduire biométrique …! – Le Sahel

0
33


Partager c’est aimer!

Ces derniers temps, une foule immense a été observée au niveau de l’entreprise chargée de délivrer le permis de conduire biométrique. Ces rassemblements ont lieu en l’absence des règles de base recommandées dans le cadre de la prévention contre la propagation de la pandémie de coronavirus.

Aucune distance physique n’est observée par les utilisateurs. Pire, très peu d’entre eux portent le masque de protection indispensable. Tous n’ont qu’une idée en tête: acquérir le fameux permis de conduire biométrique avant la date limite précédemment fixée au 14 juillet. Heureusement, ayant perçu l’impossibilité pour les utilisateurs et l’incapacité de l’entreprise en charge de ce document à respecter cette date limite, le gouvernement a prolongé ce délai jusqu’au 15 août.

Comment est-ce qu’on est arrivés ici ? Quelle est la part de responsabilité des uns et des autres? Et quelle perspective pour éviter ce genre de situation?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les utilisateurs sont également responsables de cet état de fait. En effet, comme toujours, la grande majorité des gens a attendu la fin du délai pour aller régler le fameux document. C’est la même situation qui a été vécue et qui est encore observée au niveau de l’entreprise responsable de l’immatriculation et de la réimmatriculation des automobiles.

Cependant, la plupart des responsabilités incombent aux entreprises déléguées pour fournir ces services publics. Veuillez noter que dans le cas du permis de conduire biométrique, il y a moins de 10 sites pour effectuer des opérations dans un pays qui a une superficie de 1 267 000 km2 et plus de 22 millions d’habitants (même si tous ne conduisent pas titulaires de licence). L’aberration est surtout dans la capitale (Niamey) où il n’y a qu’un seul site et où il y a probablement plus de demandeurs pour le précieux document. Sur le même site, il dispose d’un nombre très limité de guichets pour effectuer les opérations. C’est ce qui justifie ces regroupements fous, où certains utilisateurs arrivent très tôt le matin (4 heures); d’autres passent presque la nuit à l’extérieur des locaux de l’entreprise pour s’inscrire.

La nécessité d’ouvrir autant de sites et de compteurs …

Avec ce qui se passe sur ces deux sites pour la délivrance d’un permis de conduire biométrique et pour la réimmatriculation des véhicules, nous sommes tentés de croire que notre pays a une mauvaise perception de ce que les spécialistes du domaine appellent “ Guichet unique ” , ces plateformes sont normalement conçues pour alléger les souffrances des utilisateurs de la fonction publique. En effet, les mêmes carences critiquées pour les structures publiques se reproduisent au sein de ces entités privées ayant reçu la délégation de charges pour offrir de tels services.

Et c’est là que la responsabilité des pouvoirs publics est engagée. En effet, l’État doit obliger ces entreprises à ouvrir le plus grand nombre de sites et de guichets possible à travers le pays et dans les grandes agglomérations urbaines pour proposer les services qu’elles ont été déléguées à fournir aux utilisateurs dans des conditions respectueuses des citoyens. Souvenons-nous des maux de tête que les consommateurs ont eu il y a quelques années pour payer leurs factures d’eau et d’électricité. Les entreprises en charge de ces secteurs ont fait des efforts pour améliorer et même innover les conditions de paiement des factures.

Si le Niger a pris l’engagement et la décision de mener des réformes dans le secteur des transports, il doit également assurer les conditions d’accueil et de traitement des usagers. Sinon, en ces temps de pandémie de Covid 19, ces sites de délivrance de permis de conduire biométriques et de réimmatriculation des véhicules risquent d’être de véritables nids pour le développement et la propagation du virus, détruisant ainsi les efforts de l’Etat, qui jusqu’à présent ont permis de contenir cette pandémie. La prolongation du délai par le gouvernement n’est pas en soi une solution suffisante à la situation. Les entreprises en charge de ces tâches doivent revoir leurs copies.

Siradji Sanda (onep)



Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici