Ouverture du sommet de la CEDEAO sur le Mali: “Le putschisme est une maladie grave qui ne peut être guérie que par des sanctions”, déclare Issoufou Mahamadou

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Le Président de la République, SEM Issoufou Mahamadou, actuel Président de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, préside ce vendredi 28 août 2020, un sommet extraordinaire de cette organisation sur la situation socio-politique au Mali . Cette conférence virtuelle, qui a débuté ce matin, fait suite à celle qui a eu lieu le jeudi 20 août, deux jours après la prise de pouvoir par les militaires maliens. Le sommet évaluera notamment la situation au Mali sur la base du rapport du Médiateur de la CEDEAO pour le Mali, SEM Goodluck Jonathan, ancien Président de la République Fédérale du Nigéria.

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M. Goodluck, à la tête d’une délégation de la CEDEAO, a séjourné au Mali du 22 au 24 août, rappelle-t-on. Ce matin, il présentera son rapport aux chefs d’État de la CEDEAO, qui prendront des décisions à la mesure de la gravité de la crise au Mali.

A l’ouverture de la réunion, le Président Issoufou Mahamadou a prononcé un discours qu’il a rappelé le contexte dans lequel se tient le Sommet ainsi que les défis pour le Mali mais aussi pour la région dans le contexte mondial actuel: «Pour un pays, le putschisme est une maladie grave. Pour y remédier, une seule prescription: les sanctions ».

«Si l’on peut considérer que la question de la libération du président Ibrahim Boubacar Keita et celle de sa remise en fonction sont ainsi résolues, il n’en est pas de même pour celle du retour à l’ordre constitutionnel qui suppose le retour des militaires dans leurs casernes» , at-il déclaré.

«La junte a l’intention de maintenir le pouvoir pendant trois ans afin de rétablir les institutions étatiques sur une base garantissant leur stabilité pendant trois ans. En d’autres termes, elle refuse de retourner à la caserne pendant que le pays est en guerre, ce qui oblige, plus que jamais, que l’armée se concentre sur sa mission traditionnelle, surtout que l’ennemi remplit ses armes et cherche à exploiter le vide institutionnel actuel pour pousser son avantage “, a souligné le président Issoufou Mahamadou.

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Discours de S.E.M. Issoufou Mahamadou, président de la République du Niger, chef de l’Etat, président en exercice de la CEDEAO, à l’occasion du sommet extraordinaire sur la situation au Mali

Chers chefs d’État et de gouvernement,

M. Médiateur de la CEDEAO sur la situation au Mali,

Chers ministres,

Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO,

Monsieur le Président de la Commission de l’UA

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à cette deuxième séance vidéo extraordinaire de notre Conférence sur la situation de crise politique au Mali, à la suite du coup d’État perpétré le 18 août 2020 par une junte militaire.

Cette réunion est la suite logique de notre précédente réunion du 20 août 2020, convoquée en urgence dès que nous avons eu des informations sur les événements graves survenus dans ce pays frère.

Pour un pays, le putschisme est une maladie grave. Pour y remédier, une seule prescription: les sanctions. C’est certes amer, mais n’est-ce pas le cas en médecine, pour de nombreuses maladies?

C’est ce que notre organisation commune a compris lors de sa visioconférence du 20 août 2020, en condamnant fermement le coup d’État, en exhortant la libération du président de la République malienne M. Ibrahim Boubacar Keita et son rétablissement à la présidence. de la République. Nous avons également demandé la libération de tous les responsables arrêtés et pris des sanctions politiques et économiques. Nous avons également chargé le Médiateur de la CEDEAO pour le Mali, le Président Goodluck Jonathan, de démarrer une mission au Mali et de contacter les responsables de la junte afin de leur transmettre le message de notre Organisation. Le président Goodluk Jonathan, à la tête d’une délégation de la CEDEAO comprenant entre autres le ministre des Affaires étrangères du Niger, le président du Conseil des ministres et le président de la Commission de la CEDEAO, a effectué cette mission. Sa délégation a séjourné au Mali du 22 au 24 août 2020.

Du rapport qui m’a été remis, il ressort que la junte accepte de laisser le président Keita rentrer chez lui avec la sécurité appropriée pour son grade d’ancien chef de l’Etat ainsi que la possibilité de recevoir le médecin de son choix et de partir à l’étranger pour son contrôle médical.

Il ressort également que le président Keita a confirmé à la délégation de la CEDEAO qu’il avait démissionné en toute liberté, convaincu que cette décision était nécessaire pour la paix et la stabilité au Mali. Si l’on peut considérer que la question de la libération du président Ibrahim Boubacar Keita et celle de son retour à ses fonctions sont ainsi résolues, il n’en est pas de même pour celle du retour à l’ordre constitutionnel qui suppose le retour des militaires. dans leur caserne.

La junte a l’intention de garder le pouvoir pendant trois ans afin, a-t-elle dit, de restaurer les institutions étatiques sur une base garantissant leur stabilité.

En d’autres termes, elle refuse de retourner à la caserne alors que le pays est en guerre, ce qui exige, plus que jamais, que l’armée se concentre sur sa mission traditionnelle, surtout que l’ennemi remplisse ses armes et cherche à exploiter le vide. institutionnel actuel pour pousser son avantage.

Le président Goodluck Jonathan et le président de la Commission nous rendront compte de leur mission, ce qui nous permettra d’évaluer les derniers développements de la situation et donc d’éclairer nos décisions qui, j’en suis sûr, seront pertinentes. hauteur de la gravité de la crise multiforme dans laquelle se trouve aujourd’hui le Mali.

Sur ce, je déclare ouverts les travaux de cette visioconférence.

Merci chers collègues pour votre aimable attention





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