Ouverture d’un procès pour crimes de guerre contre un djihadiste malien devant la CPI

0
41



Publié le:

Un djihadiste malien présumé, poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis pendant l’occupation de Tombouctou en 2012, est jugé mardi devant la CPI.

Le procès d’un djihadiste malien, poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, viol et esclavage sexuel commis dans le cadre de mariages forcés et de destruction de mausolées à Tombouctou, s’ouvre mardi 14 juillet devant la Cour pénale internationale (CPI).

Agé de 42 ans, Al Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud, de son nom complet, est accusé d’avoir contribué en 2012 et 2013 à la démolition du patrimoine dans cette ville du nord-ouest du Mali, mais aussi de torture. Il a été remis en avril 2018 par les autorités maliennes à la CPI, basée à La Haye, aux Pays-Bas.

>> A voir: le Mali en proie au chaos?

Les accusations

Son procès a commencé mardi par des déclarations liminaires du parquet, qui avait affirmé lors d’auditions précédentes qu’Al Hassan avait joué un rôle décisif dans “l’épreuve” subie par les habitants de Tombouctou sous l’emprise du jihad.

La défense et les représentants légaux des victimes livreront leurs déclarations à une date ultérieure, une fois que les preuves auront été présentées aux juges, a indiqué la CPI.

Dans un verdict historique, la Cour avait condamné en 2016 un premier djihadiste malien, Ahmad Al Faqi Al Mahdi, à neuf ans de prison pour avoir participé en 2012 à la démolition de mausolées protégés à Tombouctou, site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco de l’humanité.

Cette fois, en raison de la nouvelle pandémie de coronavirus, certains participants participeront à l’essai à distance. La Cour n’a pas été en mesure d’indiquer si l’accusé sera présent dans la salle d’audience.

L’accusé serait un membre d’Ansar Dine, l’un des groupes armés djihadistes qui ont pris le contrôle de la région reculée du nord du Mali en mars-avril 2012, et le commissaire de la police islamique à Tombouctou.

“Un calvaire imposé par un régime tyrannique”

Ces groupes “ont imposé leur vision de la religion, par la terreur, à une population locale qui n’y adhérait pas”, selon le mandat d’arrêt.

Une vague de destruction avait balayé Tombouctou, fondée entre le Ve et le XIIe siècles par les tribus touaregs et surnommée “la ville des 333 saints” en raison du nombre de sages musulmans qui y sont enterrés.

Selon la CPI, Al Hassan avait environ 40 policiers islamiques sous son contrôle. Toutes les violations de leur lecture stricte des lois islamiques ont été punies de flagellation et de torture, selon la Cour.

Les résidents ont connu “une épreuve imposée par un régime tyrannique”, a déclaré l’an dernier l’avocate Fatou Bensouda, notant que l’accusé avait lui-même participé à certaines des sanctions.

Avec AFP



Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici