que font les autres pays?

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Après des semaines de controverse autour des libertés numériques et du respect de la vie privée, la France a lancé mardi StopCovid, une application de suivi sanitaire. Elle sera suivie par d’autres États d’Europe. Partout dans le monde des logiciels de tracking, plus ou moins intrusifs selon les pays.

“StopCovid contribue à votre protection et à celle des autres”, peut-on lire dans la description de la plateforme. Alors que la France entre mardi 2 juin dans une nouvelle phase de déconfinement, le gouvernement lance à midi cette application permettant de retrouver les personnes contaminées par le nouveau coronavirus. Comme d’autres pays touchés par Covid-19, la France utilise un outil de suivi des smartphones pour limiter la propagation du virus.

Le gouvernement français a indiqué que l’opération de StopCovid est “non identifiable” et “temporaire”. Son installation est volontaire et l’application utilise la fonctionnalité Bluetooth de l’appareil – pas le GPS – pour alerter ses utilisateurs lorsqu’ils ont rencontré une personne infectée.

L’utilisation de ces technologies est débattue en Europe et ailleurs. Il est basé sur des données personnelles dont l’utilisation et l’exploitation varient d’un pays à l’autre. En France, les défenseurs des libertés numériques dénoncent une “légitimation de la surveillance de nos corps dans l’espace public”, comme le dénonce l’association La Quadrature du Net.

Trente pays ont adopté des technologies de suivi sanitaire pendant plusieurs semaines, à différentes échelles d’intrusion et de coercition.

En Chine, où un système de classement de la population est déployé depuis deux ans, les individus sont triés selon un code couleur avec une application développée par le géant du commerce en ligne Alibaba. A partir de fin février, Alipay Health Code accorde à chaque utilisateur un QR code vert, jaune ou rouge en fonction de ses données de géolocalisation.

Une personne qui a rendu visite à une personne ou à un lieu considéré comme risqué se voit attribuer un code QR jaune ou rouge. Dans plusieurs villes, comme Hangzhou par exemple, les déplacements sont soumis à l’obtention de la couleur verte.

Le New York Times a disséqué le code informatique de l’application. Il s’avère que l’outil transmet des informations à la police chinoise, lui permettant d’identifier et de localiser géographiquement un utilisateur.

La Corée du Sud est l’un des premiers pays touchés par une vague de contagions. Elle fait également partie de ceux qui ont évité le confinement général en imposant un suivi GPS à près de 10 000 patients. Les opérateurs téléphoniques ont fourni la géolocalisation des patients directement au Centre de contrôle et de prévention des maladies.

Aujourd’hui, les autorités surveillent les personnes en quarantaine en temps réel. Selon l’AFP, un délinquant a été condamné à 4 mois de prison fin mai.

Le service de sécurité intérieure israélien, le Shin Bet, a été autorisé par le gouvernement à organiser une surveillance numérique de la propagation du nouveau coronavirus. Il a ainsi développé un programme de surveillance des personnes infectées en utilisant les données GPS de leurs téléphones mais aussi en traçant leurs cartes bancaires.

Le programme, qui n’utilise pas d’application spécifique pour smartphone, a suscité la controverse en Israël, en particulier depuis que le cabinet de Benjamin Netanyahu a voulu le consacrer dans la loi israélienne. La Cour suprême israélienne a statué le 27 mai autorisant la poursuite de ce projet. Le Parlement doit désormais approuver son utilisation “dans des cas particuliers”.

Téléchargée par à peine un quart de la population, soit 1,5 million de personnes, l’application de suivi singapourienne, TraceTogether, a floppé. Cependant, une étude de l’Université de Singapour avait conclu que la population était prête à “accepter de renoncer à un peu d’intimité pour combattre le Covid-19”. Depuis 1euh En juin, certains travailleurs immigrants, y compris ceux qui vivent dans des dortoirs, doivent se connecter à TraceTogether.

Les autorités ont également lancé le portail SoftEntry. Un générateur de code QR qui ne donne accès à certains lieux publics qu’en entrant des informations personnelles.

L’application du système de santé britannique (NHS), similaire au système français, a été testée pendant trois semaines sur l’île de Wight, dans la Manche, sur une base volontaire. Chaque utilisateur, et donc chaque passant, possède une série de chiffres comme seules données d’identification. Ce code est échangé entre les smartphones lorsque deux personnes se croisent et il est conservé dans leurs téléphones pendant 28 jours.

Selon le magazine The Wire, l’application est programmée pour une fonction très limitée. “Rien ne se passe sauf lorsque l’un des utilisateurs rapporte qu’il présente des symptômes de coronavirus”, indique la publication. Parmi les données collectées: “les premiers chiffres du code postal”, “le type de téléphone utilisé” et “la force du signal Bluetooth”.

L’approche britannique et française serait “centralisée” car les données anonymisées collectées sont stockées sur des serveurs centraux. Sur l’île de Wight, et à partir de juin dans le reste du Royaume-Uni, ces informations sont transmises au NHS, qui décide si une alerte aux autres smartphones croisés pendant une période prolongée est nécessaire.

Une autre approche des applications de suivi Covid-19, dite “décentralisée”, consiste à stocker les données uniquement dans les smartphones des utilisateurs. C’est le cas de l’application Immuni, développée par la société Bending Spoons, qui sera lancée en Italie en juin.

Également basé sur la technologie Bluetooth, il diffère dans la manière d’alerter les utilisateurs. L’application est chargée d’avertir automatiquement l’utilisateur en cas de contact avec un code infecté, sans passer par les services de santé.

Si cette méthode permet d’évacuer les peurs du type “Big Brother”, elle s’inquiète de sa dépendance vis-à-vis d’Apple et de Google, les deux géants ayant proposé une solution commune de traçage social sur le modèle décentralisé. Paris avait refusé cette option, soulevant une question de “souveraineté nationale”. L’Allemagne, pour sa part, est à l’origine du modèle décentralisé, comme la plupart des pays européens.

En Italie, Francesco Paolo Micozzi, maître de conférences en technologie numérique à l’Université de Pérouse, a expliqué les limites de l’appareil à l’AFP: pour que l’application Immuni soit vraiment efficace, elle devrait être téléchargée par 60% des Italiens … ou pratiquement tous les propriétaires de smartphones du pays.



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