quel avenir pour Paulo Sousa à Bordeaux?

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“Le vin sent toujours sa terre”, dit un proverbe français. A Bordeaux, depuis quelques mois, il est difficile de ressentir ce qui peut en sortir. Ce virus maudit altérait parfois les sens et, dans les Girondins, la période de confinement n’éclaircissait pas vraiment la vision. Les tensions entre la direction et les Ultramarines ont tourné au vinaigre et, en interne, la relation entre Frédéric Longuépée et Paulo Sousa a pris un sérieux tournant. À l’approche de la nouvelle saison, une question cruciale: l’avenir du sélectionneur portugais prendra-t-il forme en Gironde?

Pas de communication avec la direction

Avec le départ de GACP en décembre dernier, King Street a renforcé sa position au sein des Girondins. Le fonds d’investissement américain s’est empressé de “réaffirmer son soutien et sa confiance totale en Frédéric Longuépée” nommé président-directeur général. Mais depuis lors, les relations entre le PDG et son coach sont quasiment inexistantes. Un événement symbolisera et précipitera cette rupture. Fin 2019, le technicien de 49 ans donne une interview au Sud-Ouest. Le club procède à une relecture, repatin quelques passages. Le quotidien girondin expliquera que “le texte a circulé auprès de l’entourage du président, qui souhaitait apporter des modifications sans avoir été présent à l’entretien”. Pour Paulo, ça ne passe pas. Lorsque l’histoire a été rendue publique en février, le club a publié un communiqué dans lequel il était “surpris” que les journalistes soient surpris de ce qu’il appelait une “règle de bon sens”. Le lendemain, le Portugais dicte le sien: “On peut avoir des différences, car tout le monde en a. Je vais vous donner l’exemple de la monnaie de la République française, qui a des valeurs auxquelles je crois comme la Liberté, l” Egalité et la fraternité. Je suis très fier de suivre ces valeurs. “Et il enquête:” Pour le reste, je veux surtout être bien concentré sur ce que je peux contrôler. Pour tout ce que je ne peux pas contrôler, je ne fais rien. “

“Gagnez avec les joueurs qu’il a”

Techniquement, du côté du recrutement, Eduardo Macia est le garant. La marge de manœuvre du directeur sportif girondin est cependant réduite. L’Espagnol doit jongler entre les ambitions européennes manifestées par ses patrons et les maigres moyens de profusion en matière de mutation. En un an (et deux mercatos), Bordeaux a vendu plus de 50 millions d’euros aux joueurs et injecté moins de 18 millions d’euros (dont Oudin, payé en plusieurs fois) aux recrues. On est loin des 60 à 80% des réinvestissements promis au Monsieur quand il est venu. Loin également des sommes investies par les Européens de la L1. Sousa, qui prône une manière de jouer “ambitieuse” et “romantique”, et qui aspire à des éléments à la mentalité “agressive”, se heurte à cette réalité. Celle des limites de ses effectifs et le changement de cap de sa direction. “Je ne vois pas ce projet comme une révolution”, a-t-il déclaré lors de sa conférence de présentation en mars 2019. Je viens avec de nouvelles idées, j’espère pouvoir créer une évolution. Après, je pense que je peux prendre des décisions pour les prochaines saisons. “Depuis lors, à part l’arrivée de Mexer (pour pas cher – il était gratuit), aucune de ses cibles n’a été engagée. Macia doit favoriser les joueurs libres et, surtout, vendre au mieux. L’ancien joueur de Dortmund ou de la Juve doit faire Longuépée a donné le ton, il y a quelques jours, à France Bleu Gironde: “Paulo est dans son rôle quand il demande de nouveaux joueurs à gagner. Je suis dans mon rôle quand je lui explique que nous devons gagner avec les joueurs qu’il a. “

Quel projet?

A Bordeaux, le temps est l’austérité. Les Girondins, qui devront passer la DNCG début juillet, doivent assumer un déficit d’environ 50 millions d’euros. Du coup, ils espèrent dégager autant en termes de ventes dans les prochaines semaines. Sousa ne devrait pas seulement faire “avec les joueurs qu’il a”, il verra probablement d’autres partir. Et maintenant, il y a des rumeurs d’un éventuel désengagement de King Street. Les Américains pourraient vendre. Ces derniers jours, Bruno Fievet est revenu à la charge. Et l’homme d’affaires ne compte pas sur Sousa si les Girondins sont repris. “J’ai des contacts avec certains entraîneurs français, a-t-il commenté sur la chaîne L’Equipe. Aujourd’hui, en France, nous avons de très bons entraîneurs et de très bons éducateurs qui ont fait un travail énorme. Ma préférence est clairement pour un entraîneur français. Après cela, cela dépendra du calendrier avec lequel j’aurai la chance de pouvoir reprendre le club, et si cela peut être fait. “Cela pourrait aussi dépendre de la compétition. Fievet ne serait pas le seul à s’intéresser au club bordelais. King Street serait plus tenté de faire venir un autre actionnaire que de vendre ses actions.

Près de ses joueurs

En attendant une nouvelle convention possible et potentielle autour des Girondins, King Street cohabite avec l’univers bordelais. Et Paulo Sousa honore son contrat qui, sur le papier, le prendrait jusqu’en 2022. En plus de cet engagement, il y a d’autres raisons qui pourraient l’encourager à rester. À commencer par la relation qu’il a établie avec son groupe. Confiné au Portugal depuis le début de la crise sanitaire, Sousa entretient au quotidien le lien avec ses acteurs. Au moment où la formation reprendra le 22 juin, des séances individuelles seront fournies à distance par Monsieur Sousa et son personnel. Lorsqu’il a été approché il y a quelques mois par des clubs anglais et moyen-orientaux, le Portugais avait décliné, privilégiant les liens tissés avec le vestiaire et le public bordelais.

“Les supporters sont l’âme et le cœur du club”

Dès son premier discours à Bordeaux, Paulo Sousa a expliqué qu’il voulait “amener les supporters au stade”, et pour y parvenir, il comptait sur “un bon spectacle avec des résultats” et “que le club fait une bonne communication”. Vous décidez … “Les supporters sont l’âme et le cœur du club, nous en avons besoin”, a-t-il déclaré. Depuis lors, les Ultramarines sont devenues rouges. La pandémie a ajouté au malaise ambiant. A Bordeaux, le ballon semble être passé à l’arrière-plan. Parmi les questions qui pèsent sur Haillan, il y a celle de savoir quel sera l’avenir de Paulo Sousa.





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