Qui ont été les victimes françaises de l’attaque au Niger?

0
17



Ils étaient jeunes, chargés de diplômes et travaillaient sur l’un des terrains les plus dangereux d’Afrique. Éléments de portraits des six victimes françaises tuées dimanche lors d’un attentat au Niger, ainsi que de leurs deux compagnons nigériens.

L’émotion reste forte depuis la mort de six jeunes travailleurs humanitaires français et de leurs deux accompagnateurs nigériens, dimanche 9 août, dans une attaque non réclamée. Surdiplômées et très engagées, les six victimes françaises ne rêvaient que de changer le monde en allant travailler pour Acted dans l’une des zones les plus dangereuses d’Afrique. Portraits.

Originaire de Seine-Maritime, cette doctorante de 30 ans, spécialiste en sciences de gestion, a enseigné pendant cinq ans à l’Université d’Aix-Marseille, puis a travaillé pendant deux ans à l’ambassade de France au Nigéria, avant d’être récemment embauchée par Acted .

«Elle était pleine de vie, pleine de convictions, idéaliste. Elle ne supportait pas l’injustice. Elle s’est battue pour ses idées», souligne Sarah, une de ses sœurs, qui indique qu’elle avait pris ses fonctions à Niamey. il y a seulement une semaine.

«Elle avait déjà voyagé quelques jours au Niger avant de prendre son poste à Niamey. Elle avait un caractère fort, toujours partant pour tout, drôle, pleine d’humanité. C’est difficile à dire aujourd’hui mais elle était bien vivante.», Se souvient son amie Anna Gomez-Colombani. «Après le Niger, elle avait également prévu de déménager en Jordanie, où nous avions voyagé tous les deux il y a quelques semaines. Elle ne s’arrêtait pas.

«C’était une femme de caractère, dont sa famille était fière, engagée dans sa recherche en économie du développement, alliant travail académique et travail de terrain», a témoigné son directeur de thèse Claude Rochet.

Elle avait étudié le marketing et le management à Montpellier, sa ville d’origine, puis en région parisienne, avant de se consacrer à partir de 2015 à l’aide humanitaire, selon son profil LinkedIn.

Passée par l’ONG Oxfam en République centrafricaine, elle avait également été initiée six mois sur le terrain par l’institut Bioforce, une référence française dans la formation des travailleurs humanitaires, a déclaré à l’AFP cet institut basé à Vénissieux.

En 2020, elle a rejoint Reach, un programme d’analyse de données humanitaires lancé par Acted et son organisation sœur, Impact.

Après avoir travaillé avec les sociétés Axa et Véolia, elle rejoint en 2015 le ministère des Armées, principalement dans des fonctions financières et de gestion. Elle avait été déployée pendant six mois à Bangui, avec une mission militaire européenne en République centrafricaine.

La jeune femme effectuait également un doctorat sur «la responsabilité des entreprises exportatrices d’armes» à l’université d’Aix-Marseille, selon son profil LinkedIn.

Début décembre, elle avait suivi une formation en anglais (Humanitarian Program Manager) à l’Institut Bioforce et avait quitté l’armée en février, selon le ministère des Armées, avant d’être envoyée six mois sur le terrain au Niger.

Originaire de Toulouse, elle était titulaire d’un master en gestion de crise et de conflits à l’Université Paris-Dauphine et avait été formée dans diverses ONG en France et en Colombie.

Elle a rejoint Acted il y a deux ans, d’abord à Paris, avant de passer par la Tunisie, le Tchad et le Niger, où elle avait été transférée il y a quelques mois.

“Elle était assez discrète, passionnée, joyeuse, prévenante, attentive. Si vous aviez un problème, elle viendrait vers vous. Déjà, elle était attirée par l’Afrique. Pas étonnant qu’elle se soit tournée vers l’aide humanitaire.. Je garde de bons souvenirs d’elle, “, A déclaré à l’AFP Boris Kharlamoff, un collègue de la licence Infocom à l’Institut catholique de Toulouse.

«Un engagement», comme fil conducteur de sa carrière: l’un des plus jeunes du groupe, un étudiant au regard déterminé, avait rejoint Acted en tant que stagiaire en 2019, en parallèle de ses études en école de commerce.

Après un semestre de formation au siège d’Acted à Paris, il venait d’être envoyé comme «volontaire» au bureau de l’ONG à Niamey, où il s’est spécialisé dans la logistique.

“Il devait être diplômé en 2021 … Nous sommes peinés par cette tragique nouvelle”, a déclaré son école, la Business School de Rennes, dans un communiqué.

Normalien, chercheur en économie de l’environnement et chargé de travaux encadrés dans une université parisienne, ce jeune homme de 26 ans était originaire de Carhaix, en Bretagne. Sur son profil LinkedIn, il affiche son intérêt pour diverses causes humanitaires, en plus de ses études de très haut niveau en économie du développement.

«C’était un jeune homme formidable, brillant et très dévoué aux questions de développement économique des pays en difficulté. Il trouvait certainement cela plus épanouissant que le sujet économique, même s’il était un excellent universitaire», témoigne à l’AFP son professeur à la Institut national de statistique et d’économie appliquée (Insea), Geoffrey L. Barrows.

Christophe Hachon, qui l’avait eu comme élève en classe préparatoire au lycée Victor et Hélène Basch de Rennes, se souvient d’un jeune homme qui «passait son temps à aider les autres». “Il n’était pas intéressé par le succès en soi, mais a eu l’idée de bien faire les choses”, a-t-il déclaré à l’AFP. «Il voulait savoir comment ce que nous apprenons en préparation peut aider à construire une société au service des autres».

Président de l’Association des Guides des Girafes de Kouré, ce Nigérien a été un “guide et activiste engagé dans le quartier des girafes de Kouré depuis le début. Il a toujours été conscient de l’importance de travailler pour sauver les dernières girafes d’Afrique de l’Ouest. », a salué son association sur sa page Facebook.

Il était guide depuis vingt et un ans, donc depuis l’arrivée des premiers troupeaux de girafes dans la région. Il avait 51 ans, était marié à deux femmes et père de 13 enfants.

Cet employé nigérian d’Acted était le chauffeur du 4X4 pour cette excursion. Selon le Parisien, il avait 50 ans et attendait un cinquième enfant avec sa femme.

Avec l’AFP





Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici