Rassemblement record de l’opposition en Biélorussie, dix jours avant l’élection présidentielle

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Des dizaines de milliers de partisans du principal candidat de l’opposition à l’élection présidentielle bélarussienne, Svetlana Tikhanovskaya, ont pris part à un grand rassemblement jeudi, malgré les pressions des autorités.

Au moins 63000 personnes se sont rassemblées jeudi 30 juillet dans un parc de Minsk, la capitale biélorusse, en soutien à la candidate de l’opposition, Svetlana Tikhanovskaïa, pour le plus grand rassemblement d’opposants depuis au moins une décennie en Biélorussie.

Plus tôt dans la journée, les autorités ont accusé deux chefs de l’opposition emprisonnés, Sergei Tikhanovsky, époux de Svetlana Tikhanovskaya, et Mikola Statkevich, d’avoir cherché à organiser des “émeutes de masse” avant le 9 août avec l’aide d’une société militaire privée considérée comme proche du Kremlin. , nommé Wagner.

Cette accusation est une nouvelle tournure dans une campagne électorale mouvementée, marquée par une violente répression visant les manifestants et les opposants. Malgré cela, l’élection s’annonce épineuse pour le président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 2014 et confronté à une mobilisation inhabituellement forte de l’opposition.

La Russie accusée de vouloir déstabiliser la Biélorussie

Mercredi, la police a arrêté 33 Russes présentés comme des «combattants» de Wagner cherchant à «déstabiliser» la Biélorussie. Ces allégations ont provoqué d’âpres échanges avec Moscou.

Alliés historiques, la Russie et la Biélorussie entretiennent des relations tendues depuis fin 2019, Alexandre Loukachenko ayant accusé la Russie de vouloir réduire son pays à l’état de vassal et de s’immiscer dans le scrutin du 9 août, ce que Moscou dément.

S’adressant à ses partisans, Svetlana Tikhanovskaya, pour sa part, a accusé les autorités d’avoir “brisé” la vie de son mari et “d’autres prisonniers politiques biélorusses”, ajoutant que l’arrestation des paramilitaires russes était “effrayante”.

“Personne ne croira que ces combattants nous ont été envoyés pour les élections. Qu’ils voulaient faire une révolution ici. Quelle révolution? Nous voulons la liberté”, at-elle ajouté.

Selon Andrei Ravkov, secrétaire d’Etat du Conseil de sécurité biélorusse, les 33 hommes arrêtés mercredi appartiennent à un groupe de 200 personnes: “Nous cherchons les autres, ils sont comme une aiguille dans une botte de foin”.

La Russie a nié toute tentative de déstabilisation. “Il est évident que cela ne peut pas être le cas, la Russie et la Biélorussie sont des alliés, les partenaires les plus proches”, a réagi Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin.

Dans un communiqué, la diplomatie russe a déclaré que les hommes travaillaient pour une entreprise biélorusse et étaient en transit vers Istanbul. «Toute tentative de présenter ce qui s’est passé comme une ingérence extérieure dans les affaires de la république (biélorusse) est pour le moins époustouflante», lisons-nous.

Wagner est régulièrement accusé de déployer des mercenaires à l’étranger – Ukraine, Syrie, Libye, République centrafricaine – interventions auxquelles la Russie ne veut pas être officiellement associée.

Les autorités biélorusses affirment que les suspects devraient déstabiliser le pays à l’occasion de l’élection présidentielle, Loukachenko, 65 ans, considérant que la Russie, son principal allié depuis 26 ans, soutient désormais ses opposants.

Svetalana Tikhanovskaïa, candidate inattendue

Après avoir remplacé son mari à tout moment dans la course présidentielle, Svetalana Tikhanovskaya est devenue de manière inattendue un phénomène politique, dont les rassemblements attirent des foules jamais vues auparavant dans le pays.

Elle s’est associée à Maria Kolesnikova, ancienne directrice de campagne d’un autre opposant emprisonné, et à Veronika Tsepkalo, l’épouse d’un troisième détracteur du régime actuellement en exil sur le territoire russe.

Cette dernière a annoncé jeudi l’arrestation de sa sœur et sa convocation par la police dans le cadre d’une enquête visant son mari, «pression politique», selon elle.

Depuis son arrivée au pouvoir en 1994, le président Loukachenko n’a jamais semblé aussi contesté que lors de cette campagne électorale, galvanisée par l’arrivée de nouveaux visages.

S’il a accusé à maintes reprises l’Occident de vouloir le limoger par le passé, c’est la première fois qu’il attaque la Russie de cette manière et certains considèrent que l’affaire est une mise en scène orchestrée par les autorités biélorusses.

Loukachenko et Poutine se sont vus à plusieurs reprises ces derniers mois, dont deux en juin, dans une tentative infructueuse de résoudre leurs différends.

Avec l’AFP



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