Retour à l’école en eaux troubles pour les parents et les enseignants

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Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a détaillé mercredi les modalités nationales d’une année scolaire “spéciale” en raison du Covid-19. Au niveau local, les parents d’élèves et les enseignants tentent de se préparer à cette échéance avec encore quelques zones d’ombre. Témoignages.

La rentrée scolaire suit … Et celle-ci ne ressemble pas aux autres, à cause de Covid-19 et des règles de santé que le virus induit. Ainsi, à une semaine de l’échéance, parents et enseignants se préparent du mieux qu’ils peuvent, dans un contexte où les incertitudes persistent encore au niveau local. «J’appréhende ce retour avec des questions, nous n’avions aucune information sur les différents protocoles [sanitaires] ni de la maternelle, ni du primaire, ni du collège », explique Laure, mère de trois enfants scolarisés dans l’Hérault, contactée par France 24.

Lors de sa conférence de presse du mercredi 26 août, Jean-Michel Blanquer a expliqué que “[le protocole sanitaire était] simple et clair, et[vait] pas vocation dans ses grands principes à varier “par rapport à ce qui avait été annoncé en juillet 2020. Dans le détail, certaines questions sur des cas pratiques ne semblent pas encore soulevées. Laure prend l’exemple de son enfant” en petite section “, et précise: “Nous ne savons pas si nous aurons le droit d’entrer dans la classe ou si nous devrons les laisser dehors au niveau de la grille à l’arrivée à l’école.”

D’autres parents se disent moins “inquiets”, comme Anne-Lise, contactée par France 24, qui a également trois enfants scolarisés dans l’Hérault: “Pour le moment j’ai assez d’appréhension cette rentrée scolaire car nous ne sommes pas trop loin dans l’inconnu », dit-elle.« Il y aura des gestes de barrière et des masques, donc je pense que tout sera en place pour faire le mieux possible, dans les meilleures conditions possibles. Tout cela me rassure, donc je ne suis pas trop inquiet. “

Le masque de la discorde

Une nouveauté a néanmoins été annoncée par le ministre de l’Éducation nationale ce mercredi: tous les enseignants, de la maternelle au lycée, ainsi que les élèves de la 6e doit porter un masque à partir du 2 septembre. Cette règle de santé est perçue comme un obstacle par plusieurs enseignants contactés par France 24.

C’est le cas de Joanna, professeur de français à l’université: «Passer une journée de cours à parler et à communiquer avec les élèves masqués est extrêmement désagréable», estime-t-elle. “De plus, en termes de communication et d’éloquence, c’est assez limitant.” Cette enseignante à Aubervilliers (en Seine-Saint-Denis) prend l’exemple de ses élèves arrivant de l’étranger: «Pour certains qui ne parlent pas du tout français, le mouvement des lèvres et l’articulation des mots font partie de notre travail. Je ne vois pas vraiment comment ils pourront apprendre le français simplement à l’oreille, sans voir comment on forme les lettres et les sons. C’est vraiment compliqué d’enseigner comme des machines loin les unes des autres et en plus le masque qui gêne vraiment la lecture du visage du professeur . “

Même difficulté à l’étage inférieur, à l’école primaire, où le contact avec les élèves est essentiel lors de l’apprentissage. Victoria, enseignante suppléante à Paris, explique: “Dans les petites classes, les élèves ont besoin d’attention, ce qui leur est expliqué à côté, qu’ils sont montrés en détail. Les enfants doivent aussi apprendre les uns des autres – le travail de groupe est fondamental dans notre pratique – et ici nous allons tout remettre en question. “

Perçu ici comme un obstacle pédagogique, le port du masque a également été le point de départ d’une polémique ces derniers jours concernant sa gratuité pour tous les publics et le personnel scolaire. L’exécutif, malgré les appels urgents des oppositions, a décidé de ne pas fournir de masques gratuits aux étudiants, sauf pour les plus précaires.

Une “redéfinition” du métier d’enseignant “en très peu de temps”

En cette période préscolaire en eaux troubles, parents d’élèves et enseignants s’accordent enfin sur le peu d’informations reçues avant la reprise des cours. “C’est un retour qui est un peu incertain cette année”, a déclaré Joanna. «J’ai l’impression que nous ne sommes pas plus avancés qu’avant les vacances».

«On apprend en même temps que les parents par voie de presse la nouvelle de la rentrée scolaire», regrette Victoria. “Les directions d’école se retrouvent alors avec beaucoup de demandes quand elles n’ont pas du tout les réponses aux questions des parents.”

“Une semaine avant la rentrée, nous ne sommes pas encore rassurés sur l’existence d’un cadre sanitaire stable”, a regretté mercredi matin Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat des enseignants SE-Unsa. Pour Laure, ce climat est “plutôt anxiogène”. Elle s’inquiète également de ce qui se passera si une personne, un enfant ou un enseignant, obtient un test positif pour Covid-19 au début de l’année scolaire.

La seule certitude dans cette situation est que chacun devra s’adapter. A commencer par les pouvoirs publics, qui semblent prêts à agir avec la méthode test-trace-isolat dès que nécessaire. “Il y aura des contaminations à l’école [mais] nous allons les gérer », a prévenu mardi Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique chargé de conseiller l’exécutif depuis mars.

En attendant, les enseignants s’adapteront à leur nouvel environnement régi par des règles de santé. «Que ce soit à l’école ou à distance», précise Victoria, «il y a une vraie redéfinition de notre métier en très peu de temps, et nous n’avons pas encore toutes les réponses.»



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