Sénégal: le cadre de consultation rurale s’inquiète des effets de Covid-19

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Le Cadre National de Consultation et de Coopération Rurale (CNCR) du Sénégal a exprimé ce mercredi ses préoccupations concernant les effets négatifs de la pandémie de Covid-19 sur les activités agro-sylvo-pastorales. “(…) nous notons que la crise de Covid-19 a ajouté aux effets d’une campagne agricole 2019-2020, dont les résultats ont été mitigés, malgré l’engagement de nos membres et les efforts du gouvernement. La majorité de nos les membres déclarent l’épuisement du stock alimentaire familial et ont recours aux marchés pour acheter leur nourriture jusqu’à la prochaine récolte. Cependant, la fermeture des loumas hebdomadaires où nous vendions nos poulets, moutons, chèvres, fruits, légumes, céréales, etc., maintenir la trésorerie des familles pendant la saison sèche a aggravé la situation alimentaire des familles “, a déclaré Nadjirou Sall, président du CNCR, lors d’un point de presse tenu à Podor (nord).

Dans son discours, dont APA a obtenu une copie, M. Sall ajoute que “nos opérations horticoles, dont la vente de leurs productions a coïncidé avec l’arrivée du Covid-19, traversent une situation très difficile avec la restriction des interurbains transport qui entrave le flux de la forte production de légumes et de fruits vers les grandes villes “.

Selon lui, dans les zones irriguées, la campagne hors saison est préoccupante, la commercialisation et le remboursement des prêts aux banques dans ces conditions de quasi confinement et de stricte limitation des contacts et des échanges, sont compromis. “En ce qui concerne l’élevage”, poursuit-il, “des transhumants sont toujours présents dans les zones de repli du bétail dans l’est du Sénégal et le sud du pays. Avec des restrictions de circulation, la mobilité des communautés pastorales et agro-pastorales est très difficile ou impossible, ce qui complique l’accès du bétail aux pâturages et aux points d’eau. En ce qui concerne l’aviculture, l’annulation de grands événements religieux, les restrictions de mobilité, la fermeture d’hôtels, de restaurants et de certains marchés ou la consommation de masse ont causé de réelles difficultés dans la vente de volailles Le secteur de la pêche est également fortement impacté par la fermeture ou la réduction des horaires d’ouverture des quais de pêche. Nos membres constatent une diminution des débarquements entraînant une baisse sensible des revenus des pêcheurs. Avec la fermeture des aéroports, les usines d’exportation qui ont pris 80 % des captures ne peuvent plus nous rendre visite. ”

Sur la base de ces constats, le Cadre National de Consultation et de Coopération Rurale (CNCR) invite l’Etat à procéder dans les meilleurs délais à la distribution de vivres pour soulager les exploitations familiales touchées par la mauvaise saison agricole de l’année dernière et atténuer les conséquences de la saison de soudure dans les zones rurales.

Il lui a également demandé d’acheter ou de faciliter la commercialisation des cultures maraîchères et avicoles et de les ajouter aux kits à distribuer aux ménages vulnérables, pour sécuriser la production de riz en contre saison dans la vallée du fleuve Sénégal et dans le bassin d’Anambé. Pour éviter une perte d’une partie de la production de riz avec l’arrivée des pluies, la récolte et le stockage doivent se faire très rapidement. La CNCR souhaite également que nous remboursions tout ou partie des dettes des agriculteurs aux industriels et à la Banque agricole (LBA) afin de préserver le système contractuel prometteur et de sécuriser la prochaine campagne agricole. Enfin, le Cadre National de Consultation et de Coopération Rurale appelle à la relance de la pêche artisanale à travers la mise en place d’un fonds qui permettra aux pêcheurs et aux transformatrices de reprendre leurs activités.



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