Sénégal: les activités du Ramadan peu impactées par Covid-19

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Au Sénégal, les fidèles musulmans vivent généralement le mois de jeûne du Ramadan avec l’organisation de conférences et la distribution de nourriture. Ces pratiques sont adaptées en conséquence dans le contexte de la pandémie de coronavirus. Retiré des pelouses de football, l’ex-international Alassane Ndour fait son chemin dans le domaine humanitaire depuis quelques années. Avec des amis comme le rappeur Moustapha Dieng, il a initié “La Marmite du Coeur”. Son objectif est de nourrir les nécessiteux pendant le “mois béni”, également qualifié de partage au-delà de la multiplication des actes de dévotion.

Ce jeudi 14 mai, l’équipe d’Alassane a “reçu l’autorisation” de quitter Dakar pour se rendre à Thiès, les transports interurbains étant interdits malgré la réduction de l’état d’urgence. Ils parcourent environ 40 km en camionnettes avant d’arriver à la ville de Diass, où est construit l’aéroport international Blaise Diagne. Sur place, ils font le tour des maisons pour distribuer des sacs de riz, des sucres, des bouteilles d’eau minérale et d’autres aliments.

Au cours des années précédentes, cependant, ils ont servi des repas copieux à des gens de certains quartiers qui ont goûté devant les caméras du partenaire de télévision avant de dire au revoir dans leurs prières.

Mais pour Alassane Ndour, c’est le “même format” qui est reproduit. Sauf que cette fois, «on ne cuisine pas», afin de respecter l’interdiction des rassemblements censés faciliter la propagation du virus.

Depuis le début du mois de jeûne, ils ont distribué de la nourriture à “près de 450 familles et daaras (écoles coraniques)”. Cependant, selon l’ancien joueur français de Ligue 1, les coûts de cette année sont plus élevés. “Quand on donne en nature, le budget est beaucoup plus élevé”, estime-t-il, refusant néanmoins de donner une estimation des dépenses effectuées.

Le ministère de la Femme a déclaré avoir retiré 2015 enfants, dont des talibés, de la rue depuis le début de la pandémie au Sénégal. Certains sont retournés dans leurs familles à l’intérieur du pays, tandis que d’autres sont confinés à leurs daaras. La Marmite du Coeur leur apporte leur soutien “même pour le mois de Ramadan”, a ajouté M. Ndour.

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Ramadan au pays de la Teranga ou l’hospitalité, rime aussi avec les conférences organisées à chaque coin de rue et animées pour certains par des prédicateurs illustres comme Taib Socé. Avant que le coronavirus n’atteigne le pays, il s’était «inscrit à quatre conférences». Mais il avisera “les promoteurs d’attendre la fin de l’épidémie”.

Malgré tout, Oustaz n’a pas abaissé sa mission de professeur de religion. Il trouve son public dans des espaces virtuels et son message «continue comme avant». Sur demande, il enregistre des sermons qu’il partage sur certaines plateformes privées. Le coronavirus n’est “pas un problème” pour ses activités.

Après s’être fait connaître dans les médias grand public, Oustaz Taib anime “Tafsir Al Qur’an” sur la radio privée RFM. Dans ce programme, diffusé à partir de 15h à 16 h, il interprète les textes du Livre Saint et la tradition prophétique. Il «préfère» également son audience radio «internationale» à celle des conférences, limitée à «un quartier» ou à un groupe restreint de personnes.

Dans son enseignement, il adapte les «thèmes» au contexte de la crise sanitaire. “Je viens de terminer un dossier important sur l’éducation et la santé en lien avec la pandémie, et où j’ai donné le point de vue de l’islam”, confie-t-il, en parfaite symbiose avec son public.

Des religieux comme lui répètent que le Covid-19 est une “punition divine” comme les épidémies qui l’ont précédé. En revanche, souligne-t-il, ces calamités ont “une durée de vie, certaines ayant disparu au bout de trois jours et d’autres au bout de trois mois”.

Interrogé pour savoir si la réouverture des mosquées peut solidifier l’idée de reprendre les conférences religieuses, il a répondu que “cela n’en vaut pas la peine”. Mais: “Quiconque peut aller prier dans les mosquées. Sauf que la raison pour laquelle elles ont été fermées est toujours en vigueur et encore plus sérieuse.”

De plus, il recommande de faire respecter les barrières “comme c’est le cas dans certains pays qui ont permis à leurs fidèles de reprendre la prière” dans les lieux de culte.

Au vendredi 15 avril, le Sénégal recensait 2 310 cas de Covid-19 dont 890 guéris, 25 décès et 1 394 patients sous traitement.



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