Sommet virtuel UE-Chine pour apaiser les tensions

0
136



Publié le: Modifié:

Les Européens et les Chinois se rencontrent virtuellement ce lundi pour tenter de résoudre leurs nombreuses divergences, de la crise de Hong Kong aux campagnes de désinformation sur la pandémie de Covid-19, afin de préparer le terrain pour la signature d’un accord sur la protection des investissements.

Malgré un climat de méfiance mutuelle, les Européens et les Chinois organisent un sommet de vidéoconférence le lundi 22 juin pour tenter de résoudre leurs nombreuses divergences et préparer une réunion extraordinaire de leurs dirigeants, dans le but de signer un accord sur la protection des investissements.

Les représentants de l’UE, Charles Michel, président du Conseil, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, rencontreront à 10 heures (8 heures GMT) le Premier ministre Li Keqiang. Le président Xi Jinping devrait participer à la réunion, selon des responsables chinois.

“La Chine attache une grande importance à cette réunion et est prête à travailler avec l’UE pour obtenir des résultats positifs”, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Zhao Lijian.

Chacun a exprimé ses attentes et ses préoccupations lors des réunions préparatoires. La méfiance domine et transparaît sous la forme d’avertissements voilés. Les Européens s’inquiètent de l’emprise croissante de Pékin sur Hong Kong avec la remise en cause de l’autonomie du territoire et les atteintes aux libertés fondamentales.

L’Europe, dans un vice entre Washinton et Pékin?

Vendredi, l’UE a demandé la libération de plusieurs défenseurs des droits de l’homme. Elle a également dénoncé les campagnes de désinformation orchestrées par la Chine sur la pandémie de Covid-19. Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, a transmis le message à son homologue chinois Wang Yi lors d’une interview le 15 juin.

Le Parlement européen a soutenu ces pressions avec l’adoption vendredi d’une résolution très dure en faveur de Hong Kong. Les élus ont appelé à des sanctions contre les dirigeants coupables de répression si la nouvelle loi de sécurité adoptée à Pékin est appliquée sur le territoire.

Les Chinois, quant à eux, s’inquiètent de la nouvelle législation européenne sur les investissements étrangers et de l’éloignement de l’UE à leur égard.

Engagée dans un conflit commercial et politique avec Washington, Pékin cherche du soutien, mais les Européens refusent d’être pris dans le jeu des tensions entre les deux puissances.

L’administration Trump a une opinion très négative de ce sommet. “Le Parti communiste chinois veut vous forcer à choisir” entre les Etats-Unis et la Chine, a averti le ministre américain des Affaires étrangères Mike Pompeo.

Accord ambitieux

“Malgré les nombreuses différences avec l’administration américaine, le partenariat transatlantique reste la relation la plus importante pour l’UE”, a déclaré Josep Borrell.

Mais “la Chine est un partenaire nécessaire”, a-t-il insisté. Les échanges de marchandises entre la Chine et l’UE s’élevaient à 1,5 milliard d’euros par jour en 2019, selon les données de la Commission.

“Les relations avec la Chine sont complexes et continueront de l’être”, a déclaré Borrell. Elle doit être “fondée sur la confiance, la transparence et la réciprocité”. Pékin a répondu par un avertissement implicite.

“La Chine espère que l’UE créera un environnement équitable, impartial et non discriminatoire” pour l’investissement, a déclaré son ambassadeur auprès de l’UE, Zang Ming. “La capitale est très sensible et lâche. En cas de changement de vent, la capitale votera avec ses pieds”, a-t-il prévenu.

Les Européens et les Chinois ont entamé des négociations pour conclure un accord de protection des investissements qui présente un grand intérêt pour Pékin. “La Chine s’est engagée à conclure à temps”, a déclaré son ambassadeur. Mais les Européens ne voient toujours aucun progrès.

Le report du sommet extraordinaire avec le président Xi prévu en septembre à Leipzig par la chancelière allemande Angela Merkel avec tous ses homologues donne aux négociateurs un peu de temps supplémentaire. Le sommet virtuel devrait donner un signal dans cette direction.

“Nous devons poursuivre les négociations. Nous avons besoin d’un bon accord et nous n’y sommes pas encore. Nous prendrons le temps nécessaire”, a déclaré la Commission européenne.

“Une mauvaise affaire n’est pas une option”, a déclaré dimanche l’ambassadeur d’Allemagne à Bruxelles Michael Clauss. L’Allemagne prend la présidence semestrielle de l’UE le 1euh Juillet.

Avec AFP



Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici