Un deuxième charnier de soldats exécutés sous le régime d’Omar el-Béchir découvert au Soudan

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Un nouveau charnier a été découvert au Soudan, a annoncé jeudi le bureau du procureur, dans lequel se trouveraient les restes de 28 officiers de l’armée exécutés en 1990 pour avoir tenté de provoquer un coup d’État contre l’ancien président Omar el Bashir.

Les corps de 28 officiers de l’armée soudanaise, qui ont tenté un coup d’État en 1990 contre l’ex-président Omar al-Béchir, ont été retrouvés dans une fosse commune à Omdurman, la ville sœur de Khartoum, a indiqué le gouvernement. parquet jeudi 23 juillet.

C’est la deuxième découverte au Soudan depuis la chute de l’autocrate, qui dirigeait le pays d’une main de fer pendant 30 ans.

C’est sur la base d’informations recueillies par une commission d’enquête mise en place par le parquet après le renversement d’Omar el-Béchir en août 2019, que le charnier a été retrouvé.

“Il a fallu trois semaines et la participation de 22 experts de différents services pour le localiser. Des opérations sont en cours pour exhumer les corps et des médecins effectuent des tests pour les identifier”, a ajouté dans un communiqué le procureur, Tagelsirr al -Hebr.

Ces officiers ont encerclé le quartier général de l’armée ainsi que plusieurs casernes avant d’être arrêtés et exécutés.

Une première fosse commune découvert en juin

À la mi-juin, un charnier contenant les corps de dizaines de soldats (photo principale), exécuté en 1998 par le régime d’Omar el-Béchir alors qu’ils tentaient de déserter, avait été mis au jour par la commission chargée d’enquêter sur les meurtres en le camp militaire d’Ailefoun, au sud-est de Khartoum.

En avril 1998, plusieurs dizaines de jeunes conscrits ont été tués alors qu’ils tentaient de s’échapper du camp insalubre d’Ailefoum où leur entraînement avait lieu, afin de rejoindre leurs familles pour la fête musulmane de l’Aïd al-Adha.

Rejetant les accusations qui leur étaient adressées, les autorités soudanaises de l’époque, répondant à l’ex-président Omar el-Béchir, ont affirmé que les jeunes soldats s’étaient noyés dans le Nil Bleu. Officiellement, 55 corps ont été retrouvés après le naufrage du bateau transportant les conscrits.

Cette version officielle a été rapidement contestée par les survivants, les familles de victimes qui n’ont jamais reçu les restes de leurs proches, ainsi que plusieurs groupes d’opposition qui estiment le nombre de victimes à des centaines.

Le régime militaire de Bashir utilisait des conscrits comme contingent dans sa guerre contre les rebelles dans la région riche en pétrole qui a fait sécession en 2011.

Ouverture du procès Bashir à Khartoum

Depuis août 2019, le Soudan a un gouvernement civilo-militaire de transition, chargé de diriger le pays pendant trois ans.

Déterminé à rompre avec l’ancien régime, ce dernier cherche à rétablir la vérité longtemps réprimée sur les atrocités et les massacres commis sous la dictature de Béchir.

Reconnu coupable de corruption en décembre 2019, Omar el-Béchir, actuellement détenu à la prison de Kober à Khartoum, fait également face à deux mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour «crimes de guerre», «crimes contre l’humanité» et «génocide “au Darfour.

Mardi, l’ancien président soudanais a comparu devant un tribunal spécial de Khartoum où il doit répondre du coup d’État qui l’a porté au pouvoir en 1989, un procès sans précédent dans le monde arabe.

La première audience n’a duré qu’une heure car la salle ne pouvait pas accueillir les 191 avocats de la défense. Le tribunal spécial de trois juges a fixé au 11 août la prochaine audience.

L’ex-autocrate de 76 ans et 27 autres accusés risquent la peine de mort pour avoir renversé le gouvernement démocratiquement élu du Premier ministre Sadek al-Mahdi il y a 31 ans.

Avec l’AFP



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