un environnementaliste responsable de l’écologisation de l’action gouvernementale

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Ancienne militante à Europe Écologie Les Verts qu’elle a quittée en 2015, Barbara Pompili a été nommée lundi ministre de l’écologie et de la transition écologique. Cette réformiste devra faire entendre sa voix pour tenter d’améliorer le bilan de la majorité sur ce thème.

Elle sera numéro 3 dans l’ordre protocolaire, juste derrière le Premier ministre Jean Castex et le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian: Barbara Pompili, 45 ans, a été nommée lundi 6 juillet ministre de l’écologie et de la transition écologique. Le député LREM de la Somme et ancien secrétaire d’État est un écologiste “réformiste”, ancien d’EELV, qui tente de faire entendre une sensibilité écologique chez des “marcheurs” pas toujours convertis.

Secrétaire d’État aux Pays-Bas

Barbara Pompili préside la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale depuis 2017, capitalisant sur son expérience de Secrétaire d’État à la Biodiversité entre février 2016 et mai 2017. Assez discrète, même en retrait au départ, comme pour mieux laisser la place au «nouveau monde» au Palais Bourbon, elle s’est développée au sein de sa commission et au-delà d’un réseau pro-environnement.

Pour tenter de peser plus, après une première partie de cinq ans en deçà de ses attentes, elle a également récemment créé, avec l’ex-Chiraquien Hugues Renson, l’association “En Commun” qui rassemble une cinquantaine de députés LREM de sensibilité sociale et écologique .

“C’est une travailleuse acharnée, quelqu’un qui vise toujours à rassembler les gens autour de projets”, a déclaré un ancien collaborateur. Et si “elle n’est pas une rebelle” dans l’âme, elle n’est pas non plus “bénie oui-oui”. Par exemple, il s’est abstenu début 2019 sur le texte controversé anti-cracker.

Pour les élections municipales d’Amiens, elle figurait sur la liste de Christophe Porquier, son ex-compagnon EELV, quitte à affronter la candidate UDI soutenue par le LREM.

Entre “liberté d’expression et d’autorité”.

Mélangée aux résultats de la Convention citoyenne sur le climat fin juin, elle a prévenu que son succès “dépendra de la manière dont nous réussirons tous collectivement à transformer le test, à la volonté politique”.

Selon la députée du LREM, Sonia Krimi, elle-même parfois rebelle, Barbara Pompili “concilie la liberté d’expression et d’autorité”.

Après une enfance à Liévin (Pas-de-Calais) et dans le secteur minier, cette fille d’un professeur avec des enfants handicapés a étudié à l’IEP de Lille et a rejoint les Verts en 2000.

Elle devient la collaboratrice parlementaire du député Yves Cochet, qu’elle définit comme son «mentor». En 2002, elle s’occupe des relations presse lors de la campagne présidentielle de Noël Mamère.

“Vert recyclé” pour certains

En 2012, elle est elle-même élue députée de la Somme dans la circonscription d’Amiens. Avec François de Rugy, élu député de Loire-Atlantique, elle établit une coprésidence sans précédent pour le nouveau groupe environnemental.

“Elle a beaucoup d’idées tout en gardant une grande fraîcheur et en restant franche et directe”, a reconnu François de Rugy.

“Ce n’est pas parce que je suis une jeune femme, écologiste, ‘blonde, aux gros seins’ comme diraient certains, que je dois me taire”, a déclaré en 2012 au Courrier Picard que parfois surnommé “Barbie” par ses propres collègues. “La politique est un métier où il faut s’armer”, explique également cette femme qui est contre le sexisme en politique, divorcée et mère d’une fille.

En mai 2016, cependant, elle a dénoncé “l’injonction à être victime” de Denis Baupin, alors accusé d’agression sexuelle sur des collègues de l’environnement, avant que l’affaire ne soit classée.

Sous la précédente législature, elle a parfois frappé le gouvernement, notamment en raison de certains choix budgétaires ou au détriment de l’environnement, et de plus en plus sur ses camarades EELV. La rupture s’est achevée fin septembre 2015 lorsque Barbara Pompili, après François de Rugy et Jean-Vincent Placé, a quitté le parti dans lequel elle ne se reconnaissait plus.

A partir de 2016, placée au gouvernement aux côtés de Ségolène Royal, Barbara Pompili a fait adopter définitivement la loi pour la restauration de la biodiversité.

En mars 2017, malgré les instructions du Premier ministre Bernard Cazeneuve à l’équipe gouvernementale, elle a été la première à soutenir publiquement Emmanuel Macron pour l’élection présidentielle et s’est présentée sous le label LREM lors de sa réélection dans la Somme.

Barbara Pompili est “une éco-recyclée”, se moque une collègue de marche. Bien qu’elle ne soit pas proche d’Emmanuel Macron, certains craignent qu’elle manque de poids politique. En septembre 2018, elle a osé défier Richard Ferrand dans la course au perchoir de l’Assemblée, favorisant l’accession d’une première femme à cette fonction et recueillant près de 30% des voix du LREM.

Avec AFP





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