un front républicain à Perpignan contre le candidat d’extrême droite

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Un front républicain est né à Perpignan pour le second tour des élections municipales. Les démissions de l’écologiste Agnès Langevine et du marcheur Romain Grau, arrivant 3e et 4e au premier tour, ont ouvert la voie à un nouveau duel entre Louis Aliot (RN) et le maire sortant, Jean-Marc Pujol (LR).

Le second tour des élections municipales, qui se tiendra le 28 juin, prend la forme d’un front républicain contre l’extrême droite à Perpignan, dans le sud de la France. Après le retrait jeudi du candidat du LREM pour le second tour, c’est le candidat environnemental qui a jeté l’éponge samedi 30 mai.

Ni Agnès Langevine, vice-présidente du Conseil régional d’Occitanie, ni Romain Grau, député et camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA, ne pouvaient espérer rattraper le député Rassemblement national, Louis Aliot (35,6%), et le maire sortant, Jean-Marc Pujol (18,5%). Et un triangulaire, voire un quadrangulaire, aurait grandement favorisé le candidat de l’extrême droite.

Samedi matin, le candidat écologiste (14,5% des suffrages) a jeté l’éponge en invoquant “un devoir républicain de santé publique”, dans un communiqué adressé à l’AFP. “J’appelle tous les électeurs à utiliser leur vote pour limiter définitivement les ambitions du candidat au Rassemblement national et à voter pour la liste qui lui reste opposée”, a-t-elle déclaré.

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Et l’écologiste ajoute: “J’ai peur de voir les Perpignanais.es orienter leur colère et leur rage vers un choix mortel. Celui du déclin de la ville, du retrait d’identité et du déconfinement de la haine”.

“Front républicain fragile”

Jeudi, c’est le candidat LREM Romain Grau (13% au premier tour) qui avait renoncé, un “retrait républicain” visant également à empêcher le parti Lepéniste de s’emparer de la mairie de cette ville de 120 000 habitants.

Le patron d’En Marche, Stanislas Guerini, a salué la décision. “Abandonner la campagne est une décision difficile mais notre ligne est claire: nous ne serons jamais les traces du FN”, avait-il réagi. Un candidat sur la liste du LREM à Perpignan a cependant décidé de soutenir Louis Aliot.

“Sur la route d’un front républicain fragile”, titrait le journal local L’Indépendant, soulignant l’écart au premier tour entre Aliot et Pujol.

En 2014, après un premier tour serré (34% pour Aliot, 30,5% pour Pujol), le maire LR avait clairement battu le candidat lebéniste au deuxième tour (55% -45%), grâce au retrait du candidat PS et le bon compte rendu des voix des autres listes.

Jean-Marc Pujol, avocat de 71 ans, est conseiller municipal depuis 1989 et maire depuis 2009, date à laquelle il succède à son mentor Jean-Paul Alduy. Son score au premier tour (18,5%) est faible pour un maire sortant, mais ce pugnace pied-noir est prêt à se battre.

Participation de 40 % au premier tour

Louis Aliot s’est moqué de ces retraits, voyant en eux “une arnaque qui permet à un système défaillant et corrompu de rester en place”.

Cet avocat de 50 ans derrière la ligne plus modérée de la RN pense que cette fois, les électeurs ne suivront pas. “Ce n’est pas facile de faire une campagne anti-Pujol venimeuse, puis de se retirer et d’appeler à voter pour lui. L’automatisme du front républicain a cessé de fonctionner depuis que j’ai été élu député (en 2017)”, explique-t-il à l’AFP.

Après trois revers aux élections municipales, Louis Aliot n’a jamais été aussi proche de remporter le pari de Perpignan, 12 ans après son implantation dans la ville catalane.

Malgré les appels à voter contre lui, l’ancien compagnon de Marine Le Pen est optimiste: “Il n’y aura plus le front du refus la dernière fois. Il a 32 points à remonter et il a été siphonné une partie de son électorat. .. Les habitants de Perpignan se sont habitués au vote en ma faveur, les gens me connaissent “.

Pour lui, la seule incertitude concerne la participation. “C’est le problème de la campagne. Nous ne mesurons pas très bien si les gens voyageront pour voter ou non.” Au premier tour, seuls 26 000 électeurs sur 66 000 inscrits se sont rendus aux urnes, soit une participation exceptionnellement faible de 40%.

Avec AFP



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