Un migrant camerounais tué après que la police a découvert un camp en forêt

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Joseph (le nom a été changé), un autre migrant camerounais, vit au Maroc depuis plus d’un an et demi. Il a rencontré Félix à Tanger. Ils appartenaient tous deux à une communauté composée d’autres migrants camerounais. Ils se cachaient sur la rive du détroit de Gibraltar, à moins de 25 km des côtes espagnoles, lorsqu’ils ont été repérés par la police.

Nous étions au bord de l’eau, dans la forêt où nous nous cachions. La police a fouillé la forêt et nous a trouvés. Nous n’avons fait aucun bruit. Ils nous ont dit de nous calmer et de sortir de la forêt. Ils ont enlevé nos chaussures et nous ont fait sortir. Puis ils ont commencé à confisquer tout ce que nous avions. Ils ont tout pris. Ils ont commencé à regarder dans nos téléphones et nous avons dit: «S’il vous plaît, laissez au moins nos téléphones avec nous pour que nous puissions appeler nos familles. La seule chose que nous avons, ce sont nos téléphones. Tu as tout pris, au moins laisse-nous ça ». Ils ont dit «non».

Nous nous sommes agenouillés. Ils ont dit qu’ils allaient tout prendre et nous avons résisté. Ils nous ont frappés avec des couteaux. Nous avons réussi à les repousser avec des pagaies de bateau. Ensuite, nous avons commencé à courir dans des directions différentes. J’étais à bout de souffle et j’avais très peur qu’ils me prennent.

Pour échapper à la police, Joseph a couru vers une maison où les migrants avaient précédemment séjourné. Ce n’est qu’alors qu’il apprit la mort de son ami Félix.

Dès que je suis entré dans la maison, quelqu’un m’a appelé pour me dire que Félix était mort dans le camp et que d’autres partaient à la recherche de son corps.

Des vidéos montrent des migrants transportant le corps de Félix sur une civière de fortune, accompagnés de plusieurs policiers.



Les autorités de la municipalité de Tanger-Tétouan-Al Hoceima ont déclaré aux médias marocains que le migrant était déjà inconscient lorsque les agents sont arrivés sur les lieux. Mais selon Joseph, Félix était en bonne santé avant l’arrivée de la police. Selon des témoignages recueillis par l’Association marocaine des droits de l’homme à Nador, le migrant a été «sévèrement frappé à la tête» par la police après avoir été arrêté sur la plage.

Félix a été conduit à l’hôpital Mohammed V de Tanger où il a été déclaré mort. Les 13 migrants qui l’ont transporté puis qui l’ont accompagné à l’hôpital ont été arrêtés.



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