un pas en avant pour l’hôpital public ou une opération de communication?

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Après vingt jours de travaux, où est le “Ségur de la Santé” pour renflouer l’hôpital public? Si le ministre de la Santé Olivier Véran parle de progrès, le personnel soignant craint d’assister à “une vaste opération de communication”.

Le «Ségur de la Santé», initié fin mai par le gouvernement pour la mise en place de l’hôpital public, donne-t-il naissance à une souris? C’est aujourd’hui ce que craignent les professionnels de santé réunis depuis plus de vingt jours à la table du gouvernement.

La concertation doit déboucher début juillet sur des propositions concrètes. Mais pour le moment, aucun chiffre n’a été mentionné, notamment pour les augmentations de salaire.

Et les soignants veulent être entendus dans cette dernière phase des négociations. Une dizaine d’organisations syndicales de personnels infirmiers se sont mobilisées, mardi 16 juin, dans de nombreuses villes de France, comme Paris, Bordeaux ou Marseille.

“Manque de transparence”

Présent lors des discussions, le Collectif inter-hospitalier a souligné la méthodologie Ségur de la Santé qui, selon lui, “pose problème”, tout comme “le manque de transparence”. “Des réponses concrètes doivent être fournies maintenant”, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Dans ce contexte, un syndicat, SUD Santé, a décidé de fermer la porte aux discussions début juin, dénonçant une “vaste opération de communication”. Ce geste n’a pas été imité pour le moment mais d’autres organisations ont soulevé la menace d’un départ.

Les agents de santé craignent d’être “à nouveau abandonnés”

“Il y a une situation de crise qui dure dans les hôpitaux et le Ségur est une grosse poubelle”, a déclaré sur BFMTV Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), lundi 15 juin.

“Les héros en blouse blanche craignent d’être à nouveau abandonnés”, a expliqué le professeur Christian Perronne, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Garches.

“Plus d’une centaine de consultations”

Interrogé lundi sur LCI, le ministre de la Santé Olivier Véran a voulu être rassurant. “Nous travaillons, nous allons de l’avant”, a-t-il dit, indiquant que “plus d’une centaine de consultations au niveau national” avaient été menées depuis le début de “Ségur”, du nom de la rue où se trouve le ministère.

Le gouvernement a publié ce week-end des décrets confirmant le paiement d’une prime exceptionnelle de 1 000 à 1 500 euros pour les employés des maisons de retraite et une augmentation de 50% des heures supplémentaires effectuées à l’hôpital, qui seront payées avant septembre.

Mais les blouses blanches entendent maintenir la pression, comme le montre la manifestation organisée mardi.

Réévaluation des salaires

Les soignants, auxquels le gouvernement prévoit de rendre hommage le 14 juillet, demandent notamment une “revalorisation générale des salaires”, un “plan de recrutement” et “l’arrêt de toutes fermetures d’établissements, de services et de lits”.

“Pas besoin d’un Ségur pour prendre cette décision! Nous avons beaucoup de postes vacants, nous avons besoin d’infirmières!” Insiste Florence Pinsard, du collectif Inter-hospitalier.

Sur ce point, Olivier Véran a rappelé que “le rendez-vous est fixé” avec les soignants. “Début juillet, ils auront toutes les réponses aux questions qu’ils se poseront et aux affirmations qu’ils feront légitimement”.

“Après 14 mois de mobilisation et une crise sanitaire, un retour à l’anormal est impensable. Pour les utilisateurs, ce n’est plus le moment d’applaudir les soignants mais de soutenir nos revendications”, a insisté l’Inter Collective. -Hôpitaux.

Avec AFP





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