Un plat copieux typiquement Manga – Le Sahel

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La cuisine est aussi un élément culturel dans chaque société. Elle participe de ce fait au mode de vie d’une société ou d’une communauté. La cuisine est même un art parce qu’elle fait appel à un savoir-faire, une connaissance qu’on peut apprendre dans la vie en société. On parle de l’art culinaire. Dans la gastronomie nigérienne, il y a une spécialité qu’on appelle « Brabousco ». Ce dernier est un plat copieux typiquement Manga. En effet, dans la culture du manga, le brabousco est ancré dans les habitudes alimentaires au point où il est pour cette population un plat ordinaire.

Il est fait à base de mil ou de maïs. La sauce qui accompagne cette spécialité du manga est préparée à base d’oseille. Selon Fanna Zara Abdallah, membre du groupement N’djitta Alhamdoulilahi, brabousca est aujourd’hui cité comme étant le principal repas du Manga. C’est un plat délicieux qu’on peut manger au déjeuner tout comme au diner. ‘’ Brabousco est une spécialité que nous avons apprise à préparer aux côtés de nos mamans. Dans notre culture, on apprend aux jeunes filles à préparer dès le bas âge.  Et brabousco étant un repas relevant de la culture du Manga, on initie les jeunes filles à la préparation de façon générale et à celle de brabousco. C’est ainsi que l’art culinaire est transmis de génération en génération. Une femme manga qui ne sait pas bien préparer n’en est pas une ‘’, nous a confié Fanna Zara Abdallah qui capitalise une expérience de 15 ans dans la transformation et la vente des produits agro-alimentaires à Diffa. La spécialiste dans la transformation et la vente de brabousco explique que lorsque le repas de brabousco est bien préparé, les membres de la famille mangent à leur faim. Rien ne va rester dans la tasse. Il n’est pas rare de trouver les gens qui lèchent la main après avoir mangé brabousco tellement qu’il est délicieux.

Comment préparer ce type de repas ? A l’époque où la production du mil est suffisante, les populations du Manga ne préparaient ce repas qu’à base du mil seulement. Maintenant, avec les campagnes agricoles déficitaires, les femmes utilisent aussi le maïs pour faire du brabousco. La préparation ne prend pas assez de temps. Avec l’évolution, on accompagne brabousco avec la sauce gombo ou bien la sauce baobab. Mais il faut retenir que le brabousco à base de mil est celui qui est beaucoup plus sollicité parce qu’il est plus tendre et copieux que celui fait à base de maïs. Brabousco se fait dans certains cas aujourd’hui au marché de Diffa ou bien à l’occasion des foires agro-alimentaires et même dans certains restaurants à Diffa et Niamey. A Diffa par exemple, plusieurs groupements évoluent dans la transformation et la vente de cette spécialité culinaire à l’image de N’djitta Alhamdoulilahi. Brabousco se vend dans des sachets et à travers une mesure. On peut trouver des sachets à 1000 F ou 2000 F et la tiya ou la mesure à 2500 F CFA. Fanna Zara s’en sort bien dans cette activité génératrice de revenu. Les clients la trouvent à la maison pour acheter. Point besoin de se rendre au marché. Tout comme pour l’encens, les femmes du manga gardent le secret de la préparation de brabousco, un plat pas comme les autres dans la gastronomie nigérienne.

Par Hassane Daouda, envoyé spécial(onep)



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