un rapport aux pompiers vitriol dénonce la gestion de la crise

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La Fédération nationale des pompiers a dénoncé dans un rapport au vitriol, révélé samedi par Le Parisien, la gestion de l’épidémie de coronavirus. Le document du ministère de l’Intérieur “n’est pas finalisé et ne doit pas fuir dans la presse”, a indiqué le vice-président de la Fédération.

Une administration sanitaire dépassée, des préfets “relégués au second plan”, un numéro d’urgence saturé: la Fédération nationale des pompiers dénonce dans un rapport au vitriol la gestion de l’épidémie de coronavirus.

Révélé samedi 4 juillet par Le Parisien, ce document destiné au ministère de l’Intérieur “n’est pas finalisé et ne devrait pas fuir dans la presse”, a regretté à l’AFP le colonel Hugues Deregnaucourt, vice-président de la Fédération.

L’organisation, qui représente les 247 000 pompiers en France, assume cependant les critiques formulées dans ce document particulièrement cinglant vis-à-vis du ministère de la Santé et de ses Agences Régionales de Santé (ARS).

“Les préfets sont aveugles depuis très longtemps, aucune information n’a été transmise par les délégués territoriaux de l’ARS”, a expliqué Hugues Deregnaucourt.

“La gestion de crise est un travail, nous ne laissons pas le soin aux directeurs administratifs et financiers”, a-t-il dit, assurant que, dans de nombreux départements, “nous avons vraiment fait attention à ne pas utiliser les pompiers”.

“Brouillage des décisions stratégiques”

La gestion de l’épidémie est écourtée par le rapport, qui dénonce une “crise (…) de leadership en communication” selon Le Parisien. “Pour être efficace, la gestion d’une crise majeure doit mobiliser un seul directeur, un seul commandant des opérations et des conseillers techniques”, indique le document.

A l’avenir, “Pourquoi ne pas créer un ministère de la protection civile, comme le font certains pays?” Plaide Hugues Deregnaucourt.

Selon le rapport, “le rôle de commandant de crise a été confié à des conseillers techniques”, ce qui a provoqué “des silos dans les administrations, un flou des décisions stratégiques”.

Aux contrôles, l’ARS avait “la gestion comptable et financière du système de santé” et n’était “nullement préparé à la gestion des situations d’urgence. Ils semblaient être monopolisés par la gestion du nombre de places en réanimation hospitalière et par la rétroaction statistique », écrit la Fédération.

Sans dialogue avec l’ARS, “les préfets ont été relégués au second plan”, selon le document. En conséquence, “l’oubli de l’Ehpad, ne laissant que les autorités locales face à la mort en nombre de nos aînés”.

Le rapport estime également que les centaines d’évacuations de patients en TGV ou en hélicoptère, conçues pour désengorger les hôpitaux, étaient “de pures opérations de communication” et un “vrai rougissement”. “A-t-il été efficace de faire marcher des centaines de kilomètres, alors qu’il y avait souvent de la place dans la clinique d’en face?”, Cite Le Parisien.

Le document dénonce également la saturation du 15, réglementée par le Samu, avec des délais d’attente d’une quarantaine de minutes dans certaines régions.

Avec AFP



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