Une sonde piézométrique développée par le chercheur nigérien Dr Gourouza Marou – Le Sahel

0
38


Partager c’est aimer!

Docteur Gourouza Marou, Maître de conférences en chimie et enseignant-chercheur à la Faculté des Sciences et Technologies de l’Université, Abdou Moumouni Dioffo de Niamey vient d’inventer une sonde piézométrique pour le suivi des niveaux d’eau. Outre les mesures piézométriques, le nouveau dispositif inventé au Niger permet de déterminer la conductivité du milieu aqueux. «L’appareil que nous venons de développer est une sonde piézométrique qui permet de déterminer la conductivité du milieu, le degré de minéralisation de l’eau et sa correspondance avec les normes de l’Organisation mondiale de la santé définies pour sa pureté. Cette technologie détermine également la quantité d’ions; cations et anions. Il est attaché à notre sonde, un ruban gradué qui peut déterminer la profondeur du puits. Une fois que la sonde touche l’eau en profondeur, un son est émis et un signal lumineux indiquera que la sonde a atteint la surface de la nappe phréatique », a-t-il expliqué.

Cet appareil développé par ce chercheur nigérien, assisté de son étudiant qui prépare le premier master en électrochimie, coûte bien moins cher que les instruments importés. Sa masse est prise entre 2 et 5 kg avec une forme de bobine qui le rend très compact et facilement transportable. La manipulation de cet équipement piézométrique de surveillance des niveaux d’eau ne nécessite pas de formation de l’utilisateur.

Les motivations qui ont poussé ce chercheur à développer cette invention sont à la fois scientifiques et patriotiques. «Je me suis souvenu lorsque je préparais ma thèse de troisième cycle que j’avais travaillé avec la direction des ressources en eau du ministère de l’Hydraulique. Depuis ce moment, il y a eu un problème avec la sonde piézométrique pour déterminer le niveau de la nappe phréatique. En tant que professeur d’électrochimie, je pourrai développer un appareil qui peut être différent des autres sondes. En même temps, je me suis dit pourquoi ne pas essayer de coupler un conductimètre à la sonde. J’ai donc développé une sonde qui permet de déterminer la conductivité du milieu et la piézométrie. L’équipement de fabrication de l’appareil est local. Rien n’est importé », précise le docteur Gourouza Marou.

En effet, la piézométrie est la mesure de la profondeur de surface des eaux souterraines. Son intérêt est de définir la direction de l’écoulement souterrain, d’estimer le débit d’une nappe phréatique, d’évaluer la recharge naturelle (fluctuations de la surface piézométrique), le régime d’alimentation de l’aquifère, d’explorer et d’évaluer les caractéristiques d’une nappe phréatique sur le territoire (propriétés hydrodynamiques, limites de l’aquifère, études géotechniques avant la construction d’un ouvrage, etc.), surveiller une nappe exploitée (durabilité de l’opération), étudier les relations de la nappe avec la surface (recharge, rejet).

Pour le docteur Gourouza Marou, les objectifs de son invention sont entre autres; surveillance de l’exploitation relativement forte de certains aquifères, observation de la variation naturelle des aquifères et du régime d’approvisionnement en eau des aquifères. «Notre sonde est manuelle et sonore. En plus des mesures piézométriques, il permet de déterminer la conductivité du milieu aqueux. La conductivité électrique de l’eau est la conductance d’une colonne d’eau entre deux électrodes métalliques d’une surface de 1 cm2 et séparées l’une de l’autre de 1 cm. L’unité de conductivité est le siemens par mètre (S / m). La mesure de la conductivité permet de surveiller la pureté de l’eau, de surveiller l’eau potable et l’eau utilisée dans la fabrication des produits, d’estimer le nombre total d’ions dans une solution », a-t-il expliqué.

Cette invention déjà protégée par son concepteur sera bientôt vulgarisée. Les utilisateurs commandent ce type d’appareil à l’étranger à des coûts exorbitants. Lorsque ce dernier tombe en panne, il est difficile de le réparer. «Je me suis dit en tant que chercheur de mon pays, je peux apporter ma contribution. Cette technologie “Notre made in Niger” sera vendue quatre fois moins chère que celle importée “, a assuré le Docteur Gourouza Marou.

Quand on sait que l’accès aux ressources en eau et aux technologies associées à ce secteur est un enjeu vital au Niger et au-delà dans les pays du Sahel, l’invention du Docteur Gourouza Marou est un apport incontestable. Il reste à espérer que cette technologie sera suffisamment soutenue, vulgarisée et adoptée par les pouvoirs publics, qui déboursent des ressources importantes pour importer les mêmes équipements. En effet, de nombreux Nigériens ont développé des technologies et des équipements utilitaires mais manquaient de soutien pour la vulgarisation de leurs inventions. Le cas du professeur Abdou Moumouni, dont les recherches sur l’énergie solaire auraient dû faire du Niger un champion dans ce domaine en est la preuve.

Seini Seydou Zakaria (onep)



Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici