Zeev Sternhell, critique du fascisme français et fleuron de la gauche israélienne, est mort

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Cet historien fasciste israélien et militant pour la paix avec les Palestiniens est décédé dimanche. Né dans une famille juive en Pologne, il a trouvé refuge en France après la Seconde Guerre mondiale. Il en avait fait sa patrie d’adoption.

Historien du fascisme français, militant engagé pour la paix avec les Palestiniens, homme contre la montée de la droite dans son pays, l’historien Zeev Sternhell, décédé dimanche 20 juin à l’âge de 85 ans, a été l’une des figures phares intellectuelles et politiques des laissé en Israël.

Il était également l’une des plus grandes personnalités francophiles de ce pays, héritage de son histoire tragique: celle d’un enfant né dans une famille juive en Pologne. Son père, qui a combattu dans l’armée polonaise, est décédé au début de la guerre, puis sa mère et sa sœur ont été tuées par les nazis.

Pour survivre, son oncle et sa tante le font passer pour un catholique en pleine chasse aux juifs au moment où son pays natal voit ériger sur son territoire des camps d’extermination.

Après la guerre, jeune adolescent, il trouve refuge en France, pays qui deviendra sa patrie intellectuelle d’adoption et l’objet de ses recherches, avant de rejoindre Israël peu de temps après sa création en 1948.

Observateur averti de la vie politique israélienne, francophile, il a consacré une partie de son travail à l’histoire de l’extrême droite française avec des essais comme «Ni à droite ni à gauche: l’idéologie fasciste en France» ou «L ‘histoire refoulée – La Rocque, Les croix de feu et le fascisme français ”, publié en 2019.

Sternhell s’intéresse aux “racines françaises du fascisme” et propose un “test de conscience” à la France sur ce sujet épineux, qui le plonge dans des débats et des polémiques animés, rappelle son ancien élève Denis Charbit, aujourd’hui aujourd’hui maître de conférences à l’Open University of Israel .

Pour l’historien, “Vichy n’est pas une parenthèse, elle est précédée, préparée, par des écrits, théories, publications, organisations, ligues, factions, etc … Et il est vrai que de ce point de vue, elle remettait en cause une lecture plus indulgente de la France “, a déclaré l’AFP Denis Charbit qui se souvient d’un professeur” très exigeant “mais aussi” attentif “à ses meilleurs élèves.

“Il était pour tous les historiens de ma génération, celui qui a ouvert un champ d’analyse considérable sur le fascisme français”, a commenté l’historien français Benjamin Stora.

Plongez votre plume dans les blessures de la ville

Professeur de sciences politiques à l’Université hébraïque de Jérusalem, Zeev Sternhell aimait descendre de sa tour académique pour plonger sa plume dans les plaies de la ville et s’engager, parfois au péril de sa vie, pour la paix avec les voisins arabes et les Palestiniens .

En septembre 2008, il a été touché à la jambe droite par une bombe qui a explosé alors qu’il fermait la clôture de sa résidence.

L’historien avait participé à la guerre de Kippour en 1973, avant de rejoindre l’ONG Peace Now, “Peace Now”, favorable à un accord de paix entre Israël et l’Egypte.

L’ONG est maintenant engagée dans la lutte contre le développement des colonies de peuplement israéliennes, un sujet sensible et actuellement à la une en raison du projet d’annexion de sections de la Cisjordanie occupées par Israël, envisagée par les Palestiniens. comme précisément «la mort de la solution à deux États».

“Enfant, Sternhell a eu la terrible expérience du fascisme et tout au long de sa vie, il a eu le courage et la force de le combattre. Pendant des décennies, il a été une voix fondamentale pour les droits des Palestiniens et contre les territoires d’occupation”, a déclaré Ayman Odeh, chef du la liste des partis arabes israéliens.

Avec AFP





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